LEÇON LXXI. SAINT HORMISPAS. AN
tout fut réglé selon les instructions du pape à ses légats. Ainsi se termina ce schisme déplorable qui avait duré trente-cinq ans(5i9). Ce retour à l'unité fut salué avec acclamation à Constantinople et dans tout l'Orient, à l'exception de Thessalonique. L'archevêque Dorothée y souleva le peuple contre les légats; mais ce mouvement n'eut pas de suite. Il ne restait plus que la malheureuse Église d'Alexandrie au pouvoir des Eutychiens. Sévère d'Antioche s'y était enfui, et Timothée, qui monta alors sur ce grand siège, y perpétua la succession des hérétiques.
3. Euphémius et Macédonius, patriarches de Constantinople, dont les noms furent aussi ôtés des diptyques par Hormisdas comme par ses prédécesseurs, furent-ils véritablement schismatiques? Oui, matériellement, étant de fait exclus de la communion du pape, mais non formellement et dans leur volonté; car ils ne contestaient aucun droit des pontifes romains : ils demandaient même avec instance leur communion, mais ils manquaient de courage ou de lumière pour s'élever au-dessus du respect humain ou de certaines raisons politiques et de faux ménagements. Aussi les papes, tout en demeurant inflexibles sur le principe, ne prononcèrent aucune sentence canonique contre eux, et Hormisdas se contenta de faire effacer des diptyques les deux patriarches. Cette espèce de flétrissure n'empêchait point que ces deux confesseurs de la foi n'eussent expié leur faiblesse par l'exil, et qu'au concile de Constantinople, sous Mennas, on ne les' louât avec les autres évêques catholiques, en présence des légats du saint-siége. On s'explique mieux encore comment plusieurs saints, tels que saint Flavien II d'Antioche et Ëlie de Jérusalem, ont pu être reconnus dans l'Église romaine, quoiqu'ils soient morts durant le schisme^
i . Sur cetle dernière phase du schisme d'Acaee, Yoir surtout les Lettres du p«|i«
saiu! n >;:.:. i «, («ans Labbc, t. IV, cl Mansi, t. VIII^ col. 379. — Voy. aussi le