‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 318 sur 329 · LES MOINES DE SCYTHIB · texte numérisé non relu

LES MOINES DE SCYTHIB

i. Tandis que cette grande affaire se terminait si heureusement, des esprits inquiets soulevaient de nouveaux débats. Plusieurs moines de Scythie mirent en avant cette proposition : « Un de la Trinité a souffert dans la a chair; Unus e Trinitate passus est in came, » Ils vinrent d'abord à Constantinople, où se trouvaient encore les légats romains, qui les renvoyèrent au pape. Instruit par leur rapport des disputes et des divisions que déjà ils avaient occasionnées jusqu'à la cour de l'empereur, Hormisdas ne songea qu'à étouffer cette nouvelle semence de troubles et peut-être de schisme. Les moines, impatients des lenteurs du pape, essayèrent d'agiter les esprits à Rome, mais ils échouèrent devant le calme et le bon sens des Occidentaux^. Les évêques africains, auxquels ils s'adressèrent en s'échappant de Rome, modifièrent leur proposition, pré-

V. THomass., dissert. XVI, m Synod, C. P. et Roman, f pour les conséquences à tirer en faveur de la primauté romaine.

PROBLÂMB.

Peut-on justifier la mémoire des patriarches Euphémius et Macédonius?

Pour la négative : Baronius, an. 512 et surtout 518, n. 54, où il relève la victoire du saint-âége.

Pour l'affirmative : Le P. Noël Alex., sœc. 5*, dissert. XX, où il soutient que ces deux patriarches n'ont pas été schismati^ues ; — Saccarelii^ an 519, n. 11, Voyez aussi an 512, n. 10, t. X, p. 368; — Tillem., t. XYl, Euphémius^ art. 10, p. 661 ; — Macédonius, art. 1 1, p. 666, art. 15, p. 696. — Tillemont se fâche contre Baronius et se retient visiblement à l'égard du pape Hormisdas. 11 parle comme un homme qui attachait moms d'importance que ne doivent faire les catholiques à la communion du pape. Ce serait une dissertation utile que celle qui aurait pour objet : 1* de justifier le principe, en montrant que la communion du pape est la communion- catholique, comme s'exprime Hormisdas '*; 2o de justifier Hormisdas et ses prédécesseurs, qui se montrèrent si fermes pour faire effacer des diptyques les noms d'Acace et de ceux qui refusaient de le flétrir. Les évêques de Rome sentaient mieux que nous la nécessité de retenir les Grecs, et surtout les patriarches de Constantinople. Voyez le Problème plus haut,

1 . Et nisi fidelis populi constantia restitissef . . . , apud illos dissensionem et discoi* diam commo vissent. Episl. Hormisdas ad Possessorem. — Les moines scythes n'avaient pas rencontré cette constance des Romains a Constantinople,

(*) Voy. JiMU'cuItM quem acceperunt legati^dua Kuisi, t. YlII. col. 441.

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5T6 LEÇO^ LXXI. SÂfNÏ HÔllMIgDAS. AN ôI8-52d.

tendant qu'il feUait dire plutôt qu'un* personne de la Triniié avait souffert. Mais les Scythes rejetèrent la proposition ainsi formulée., comme toute diô'érente de celle qu'ils soutenaient. C'était là comme les douleurs de l'enfantement de la langue tbéologique. ^— Le pape s'expliqua enfin dans sa réponse à Possessor, évèque afi*icain. Il y traite les moines scythes comme des hommes superbes, opiniâtres et indociles, comme des semeurs de discordes, et les condamne comme tels.

Les moines de Scythie étaient-ils hérétiques ? Nous ne le croyons pas; mais leur proposition, orthodoxe en ellemême, avait quelque ressemblance matérielle avec celle de Pierre le Foulon et des Théopascbites (LXVII, 2)^ Il n'en fallait pas plus pour réveiller, ainsi qu'il arriva, les disputes et les accusations réciproques d'Eutychiens et de Nestoriens, et pour justifier la conduite du pape à legard de ces moines turbuleqts. D'ailleurs, rien n'était plus inu» tile que leur proposition, que le besoin de disputer avait pu seul inventer.

Saint Hormisdas, qui vit l'Église d'Orient rentrer dans l'unité catholique, eut encore la consolation d'apprendre la conversion du roi de Lazes, en ColchidCx et celle du roi des Éthiopiens. Ce dernier triompha du roi juif dea Homerites, peuple arabe, el vengea les Chrétiens, qu'il perséeutait cruellement*. Il vit enfin les évoques d'Afrique rappelés de leur exil p^r Hildéric» qui succéda k Thrasawond^ et

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les moin$ê d^ Bc%tki9. étaitsUils Eutt^çkiêns?

Pour l'tt/7iriiuUtv« : Baroalas, an. &19, 9. iSi^ «t aussi les «. qui pfécè4«rt> Baroniits surtout a souteoa cette opinioa. Voy. le P. Uouoin, IHsi. du N^éiopiar nisme.

Four la négative: le P. Noël Alex., s«c. 5<», dissert. II, t. V, p. 4Sft, qui répond à Baronius; *— Nori&ius, de Apolog^ ifomoh^ Sù}t^h*m; — Palm«, t. U^ part. 1, cap. II.

2. Sur cette persécution, voy. Assémani, Bibliolk. «st'eiitel.; •>- ks Acim de •aint Aréthas, et Le Beau, Hist, du Baa-Emp., Ut. XL, § Î7, pour toote This» toire de la guerre entre les Éthiopien» et les HonérHe».

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