‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 320 sur 329 · BOECE. ÉTAT DE L'OCCIDENT · texte numérisé non relu

BOECE. ÉTAT DE L'OCCIDENT

Théodoric, succéda à son aïeul sur le trône d'Italie, tandis jue son autre petit-fils Amalaric était reconnu roi des Visigoths d'Espagne et des Gaules. — Saint Sigismond, roi de Bourgogne, s'était souillé lui-même d'un meurtre : il avait fait mourir son propre fils Sigebert, calomnié par sa belle-mère. Mais ce prince catholique expia son crime par les larmes de la pénitence et par ses malheurs. Son frère Godomar lui succéda et fut dépossédé par les princes francs (534), qui partagèrent ses États. — A la mort de Clovis, la monarchie des Francs avait été divisée entre ses quatre fils, système déplorable qui occasionna sous nos rois de la première race tant d'usurpations et de guerres civiles, et même de crimes qui ne rappelaient que trop le caractère des mœurs barbares. — La Grande-Bretagne était plus divisée encore, et dès lors plus exposée aux révolutions politiques. Les Saxons et les Angles y formèrent sept royaumes, ou l'Heptarchie, sans compter les pays de Galles et de la Cornouailles, qui demeuraient aux anciens Bretons. — Tel était l'état de l'Occident à la mort de Théodoric. L'année suivante, le vieux Justin mourut et laissa l'empire d'Orient à son neveu Justinien. Enfin saint Félix IV (ou ni), imposé aux Romains par Théodoric, avait succédé à Jean I, et gouverna l'Église durant trois ans.

3. Le Semi-Pélagianisme, fort de sa modération même, semblait ne pouvoir mourir. Il s'était répandu, avec les livres de Fauste de Ries, en Orient, où il n'avait pas manqué de recevoir, lui aussi, un fraternel accueil de la part des Nestoriens. Aussi les moines de Scythie le dénoncèrent-ils, avec les livres de Fauste, dans leur confession de foi, tant aux légats d'Hormisdas qu'aux évêques d'Afrique. Saint Fulgence fit à cette occasion une exposition de doctrine, au nom de ses collègues, et composa depuis contre les livres de Fauste un traité qui est perdu. Cependant la Gaule méridionale, berceau du Semi-Pélagianisme, était demeurée, sous l'influence de ces mêmes livres, la vraie patrie de cette erreur, avec laquelle saint Césaire d'Arles

voulut enfin en finir. II la combattit dans les écrits de Tévèque de Ries, et la dénonça au saint-siége. Le pape Félix envoya plusieurs articles que Tarchevèque fit souscrire à treize évêques réunis en concile à Orange (529), à Toccasion de la dédicace d'une église. Ces articles, au nombre de vingt-cinq» établissent le péché originel, la nécessité de la grâce, même pour le commencement de la foi, et sa gratuité. Enfin le dernier condamne les Prédestinatiens, et prévient l'abus qu'ils auraient pu faire de la doctrine du concile. Le pape Boniface, successeur de Félix, confirma les canons de ce petit Synode, qui devint l'un des plus célèbres conciles des Gaules^ en mettant fin auSemi•Pélagiamsme^ Après ce triomphe remporté sur Terreur, saint Gésaire acheva paisiblement sa longue car^ rière épiscopale^ et mourut (542) en grande réputation de sainteté et de doctrine. Saint Gésaire a laissé des Homélies, quelques Traités ascétiques et sa Règle '• -«* Saint Rémi, FApôtre des Francs et le patriarche de l'Église gallicane en son temps, était mort en 533, dans la soixante-quator* zième année de son épiscopat, à l'âge de quatre-vingt* seize ans. Nous avons de ce grand pontife quelques Lettres et son Testament *.

fl . Sur cette dernière époque du Seml-Péla^isnitne «t mr le eoaefle d'Orange, Yoir Labbe, t. lY, et Hanti, t. Yitli col. 71 1 ; «- LoDg«e?Al« Uv, Y« 1. 11^ p. 814 \ — le P. PttouiUet, t, II, p. 800, et ea général tous les tuteon enr le Pélagknisme.

t. La meilleure édition de ses écrits est dans le t. LXVH, Pttir» UxHn, de M, Migne*

S. Voy. ces opuscules dans le t. LXY, Patr» IcUt'n., éd. Migne, ool. 083 i — Longuev., Uv, Y, t. II. Yoir la table des matières. — Le plus complet eaf D. Marlot, Biit. de la ville, cité et université de ReiiM, publiée par l'Académie de Reins, vrte grand nombre de documents nouveaux et de notes satSAtes et eri« iques. Voy, t. U, p. 7* — I»a légende de saint Rémi nous fournit le problème tsuÎTant ;

PaOBbÉHI.

Le miracle de la êainte Ampoule, apportée par tins colombe pour le baptême de Cloviê, ett-il un fait authentique?

Pour VaffirmaUve : Baronius, an 400 ; — Noël Alex., smc. 5% cap, vm, art. S;

MORi' Dfe Ô. FUtÔEKèE. S. BÉKOlT fe^T SA ÉlàtîLE. 585

4. Saint Fulgence mourut dahs la même antiée que saint Rémi. Cet illustre disciple de saint Augustin, cèluî qui a le mieux exposé sa doctrine sur la grâce, hotattiment contre les Sémi-PélàgienS, continua d'être la langue et Tes* prit, tingua et irufenium^^ des évèques africains après comme durant Texil. Il édifia autant par sa modestie et son humilité, qu'il contribua paf sa prudence et ses lumières, dans plusieurs conciles, à réparer les malheurs de TÉglise d'Afrique. Saint ï'ulgence avait beaucoup écrit, agi et souffert pour la foi. Ses principaux ouvrages sont contre TArianîsme et le Sèmi-Pélagianisme ; il a laissé aussi des lettres importantes*.

5. Les nombreuses fondations monastiques du cinquième siècle dans TOccident ne nous offrent que des établissements isolés, ayant leurs règles propres, dressées d'après les traditions et les règles des solitaires et deà moines de TOrient» Ces règles portaient de plus Temprèinte particulière de ceux qui les formulaient pour eux et leurs disciples •. Elles étaient saintes et toutes marquées au coin de la ferveur; mais, restreintes, par leur caractère même à un pays, ou à certaines constitutions, h certaines habitudes locales, elles manquaient de cette vie sociale et forte qui circule dans les grandes associations. Dieu, voulant élever Tétat monastique à ce nouveau degré de développement dans l'Occident, suscita saint Benoît.

Cet illustre patriarche naquit à Nurcîe, dans le duché de Spolette, vers Tan 480. Il étudia à Rome et se retira,

-^ grand nombre d'ancienf aateuirs français qui ont suivi Hincmar et Âimoin, et surtout D. tfaflot, Bdt, tfs la tillBj etc., liv. Y, ch. x.

Pour la négative : la plupart des auteurs modernes. C'est l'opinion commune.

Le P. Longueval propose une opinion moyenne. Yoy. liv. V, p. 198.

Beaucoup d'auteurs demeurent dans le doute, et nous croyons que c'est le parti le plus raisonnable.

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