ÉTABLISSEMENT DB L'ÉGLISE, AN
1. Lorsque nous remontons les siècles jusqu'au berceau du monde^, nous trouvons Thomme sortant des mains de Dieu, comblé de privilèges et de bénédictions. lî avait reçu, avec rinnocence, des grâces qui devaient le maintenir dans
I . Sur l'histoire de la religiou au temps des patriarches et ensuite chez le peuple juif, jusqu'à Jésus- Christ, il faut voir le P. Noël Alexandre, Historia ecclesiaslica Veteris Testam. Elle forme les deux premiers volumes in-fol. de son Historia ecelesiaatica. C'est un des ouvrages les plus savants et les plus complets. — D. Calmet, Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament et des Juifs» — Histoire universelle par une société d'Anglais ; voir les trois premiers volunies et le septième de r histoire ancienne. — Prideaux, Histoire des Juifs j depuis la décadence de leur monarchie. ^ Pour les derniers temps des Juifs avant l'ère chrétienne , on peut voir Basnage, le premier volume de son Histoire des Juifs depuis Jésus-Christ. Ces trois histoires sont d'auteurs protestants. On s*en aperçoit de temps en temps, surtout dans Basnage. L'édition parisienne de Prideaox a été corrigée par- le docteur du Pin. — M. Rorhbacher, les trois premiers volumes de son Histoire universelle de l'Église catholique. — Nous n'avons pas nommé les livres saints, qui sont l'histoire divine de la religion depuis la création. — Parmi les auteurs anciens, Josèphe tient le premier rang, surtout par ses Antiquités judaïques. Yoy. notre Introduction sect. III, n» 69. — Sur l'état des Juifs au temps où Jésus^Christ a paru, voir la plupart des historiens de l'Église , qui consacrent ordinairement leurs premières pages à ce sujet, les auteurs allemands surtout, notamment M. AUog. — Nous indiquerons encore en leur lieu les dissertations spéciales sur chaque point important.
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â tECON i. L»ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRiSt.
ce bienheureux état et le conduire à son immortelle des- . tinée. L'homme perdit tout par l'abus qu'il fit de sa liberté. \ Sa désobéissance lui ferma le ciel, le dévoua à la mort et ' changea la face de la terre. Dieu, en intimant à Adam le terrible châtiment qui devait peser sur lui et sur sa postérité, le consola en même temps par l'espérance d'un libérateur. Cette promesse, les dogmes de l'unité de Dieu et de sa providence, de l'existence des anges, de la création de l'homme, de sa chute et de la vie future, tel était le symbole primitif; les préceptes de la loi naturelle, joints à quelques rites très-simples qui constituaient alors le culte, renfermaient tous les devoirs et achevaient l'ensemble de la religion dans les premiers temps. C'était là l'Église primitive, que nous comprenons dans la notion de l'Église catholique en tant qu'elle en forme l'époque élémentaire et préparatoire ^ L'enseignement de la doctrine y était purement oral et le gouvernement tout paternel. Dieu se manifestait aux hommes par le ministère des anges, ce qui ne les empêcha pas de se jeter dans des crimes dont nous ne pouvons nous former une idée. Ce fut l'ouvrage des passions les plus effrénées, et Dieu irrité voulut détruire son propre ouvrage par les eaux du déluge (2344 avant Jésus- Christ). Noé seul trouva grâce devant lui; mais le souvenir des traditions que ce patriarche avait sauvées avec la race humaine dans l'arche ne tarda pas à s'obscurcir parmi ses descendants dispersés sur la terre. Tout s'affaiblissait dans la même proportion que la tradition elle-même, et ce fut pour la conserver que Dieu fit alliance avec Abraham (1917, toujours avant Jésus-Christ).
2. La vraie religion se perpétua dans la famille d'Abraham, avec le régime purement patriarcal, jusqu'à Moîsé. Ce grand législateur écrivit les premières annales du genre humain, donna aux Hébreux leur code religieux et cilil (1487), et, après en avoir fait une nation, il leur remit
i» Voy. IntroducUimf sect. I, n. 8 et 0.
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le dépôt dés traditions, qu'il confia à un ordre de ministres sacrés chargés de toutes les choses de la religion. Dieu daigtia se donner pour roi au nouveau peuple, et cette théocratie s€^ maintint sous le gouvernement des juges jusqu'à Saûl (1092). David fut le vrai créateur de la monarchie des Hébreux; etSalomoîi, en bâtissant le temple de Jérusalem (1000), donna au culte toute sa splendeur. Dix tribus se séparent de la famille de David, forment le royaume d'Israël à côté de celui de Juda (971), et sont emmenées captives sans retour, en punition de leurs perpétuelles apostasies (T18). Juda prévarique lui-même, et expie, lui aussi, ses infidélités par une captivité de soixante-dix ans (584). Les Juife, rendus à une pleine liberté, rétablissent le temple et les sacrifices (844). Ce fut surtout durant cet intervalle, depuis David jusqu'à Esdras^ que parurent les prophètes. Ils étaient les hommes de Dieu pour rappeler le peuple de ses prévarications et pour lui remettre sous les yeux, sans cesse et de toutes manières^ l'espérance du Libérateur oii Messie attendu dès l'origine après la chute de l'homme. Ces prophètes écrivaient d'avance la vie du Sauveur et les destinées dé son Église : car ils annonçaient la vocation des Gentils et la régénération du monde. C'était comme la lumière croissante de l'âuiNore, à mesure qu'on approchait dû grand événement^;
3. Après Malachie, les prophètes se taisent; tout était ^rèdit^ et une dernière période de quatre cent vingt ans depuis la mort de Néhémie, est consacrée à préparer immédiatement l'établissement de l'Église. Durant cet intervalle, les Juife, Judm*y successivement tributaires des
1 . Sur les PtùphHn, Toir dans la BibU de Vencê on d'ÀVî^on, iB*4o, t. IX, p. 275t Dissert, sur les prophètes,
S. Plusieurs familles de l'ancien royaume d'Israël rentrèrent dans la Palestine, cirec tes {peuples du royantiM tle ^ttda \ mais elles se cohfondirenl avec la tribu de Jada, qui représente seule dès lors le peuple de Dieu; ce qui lui fit donner le nom de JuifS) Judxi, Déjà la tribu de Lévi, consacrée aux cérémonies du temple, s'é- Uit absorbée dAiis le f^autne 'de 4ud)à, d^ tnême que la petite tribu de Benjamin. Yoy. Mamachi, Orig»et cmtiq.y lib. n, c. i, § !•