‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 40 sur 329 · LETTRE DE SAINT CLÉMENT · texte numérisé non relu

LETTRE DE SAINT CLÉMENT

de saint Pierre et de saint Paul. Saint Clément renvoie même les Corinthiens à la première épître que cet illustre apôtre leur avait écrite par le mouvement de TEsprit-Saint, m5jOîriVw,et déjà pour apaiser leurs divisions; il insiste sur la distinction des laïques et dé Tordre ecclésiastique, comme sur Tarticle essentiel danjs la circonstance, et sur la règle de la succession épiscopale, qui était la base de la tradition. Le pontife romain parle aux Corinthiens avec cette autorité paternelle imitée de saint Pierre et des apôtres, sans mentionner ses droits qui n'étaient pas mis en question, ou plutôt qui étaient reconnus par la démarche même de cette Église; elle s'adresse en effet à l'Église romaine, à un simple successeur de Pierre, plutôt qu'à d'autres sièges apostoliques, plutôt même qu'à saint Jean qui vivait encore, et se trouvait à la tête des Églises d'Asie, si voisines de la Grèce. Cette lettre vraiment apostolique fit tout rentrer dans Tordre, et ne cessa d'être en vénération dans TÉglise de Corinthe, à laquelle elle rendit la paix. — Il existe une seconde lettre de saint Clément aux mêmes Corinthiens, sur Tauthenticité de laquelle les critiques sont partagés, et qui est moins considérable que la première sous tous les rapports. Cinq autres lettres, dix livres des Récognitions, dix-neuf homélies * appelées C/^mentines, une liturgie, les célèbres Constitutions et Canons apostoKqueSy sont autant d'ouvrages apocryphes, publiés dans les troisième et quatrième siècles, sous le nom de saint Clément. Cette préférence sensible, donnée à ce pape par les auteurs de ces écrits, prouve du moins son éminence parmi les disciples des apôtres et sa célébrité; elle confirme ce qui est dit dans le Liber Pontificalis, qu'il fit beaucoup de livres. Cette circonstance le signalait naturellement à ceux qui cherchaient, dans les hommes apostoliques, le nom le plus capable de donner de la vraisemblance à la supercherie*.

I. D. Lamper, t. I (\oy. ci-dessus], soutientraothentieité de la seconde lettre,

t& LEÇON ?. SAINT C^iÉMENT. ^^ 77-100.

2. Ce fut SOUS le pontifical de saint Clément qu'éclata la deuxième persépution, sur la fin dtj règne de Domitiea^. « Il fit niourir, dit Dion^ en parlant de ce prince cruel et « impudique, m grand noï^tire de personnes, entre autres a le consul Clément, Sion pnple, et mî^ri de Domitille sa tt parente, les acpu^gnt l'un et Taiitrp d'athéisme, ^urpette a mênie ^cGvisat|9p, i) pondamna vfne fpuje de gens qui

et doute de l'authenticité des deux autres^ attribuées aussi à saint Clément; Il cite les auteurs pour et contre.

Les Récagnitiona soot un ouyrf^ge tout à la fois théolo^igue, (^HilQspphique et romanesque qui repaonte aux premières années du troisième siècle au plus tard, c'est-à-dire aux temps antérieurs à Origène, qui le cite plusieurs fois. Voy. Cotelier, Patres apostolîciy t. I.<^Tilleni.^ t. II, p. 176.<i~ D. le tfourry^ Apparûtes fi4 Bibliçthecaftt piÇi^ipc^V^ ^{ffitii, pis|. ^l, p. 398. — ^. Luipper, t. VH, p. 43. C'est aux BécQ^nittQ^i que |es fro(estaiits, à la spite de Mosbeim^ font remonter les prétendues innovations de r£|;lise romaine; de là, pour ce livre, une imporlance historique qu'il n'a point par lui-raéme.

Lfis Cançns (ifQsto.liqvi^, au npis)>rç {I9 qii^ife'vipgl-pjnq clies jçs Grecs, ^| de çjpquaqtq ppuF k§ L^Ups ; et )es Çq^^aliMmis a|}q^(o{t^u«j, ci) huit livreç^ |^ut des piècQS apocryphes et sans autorité par elles-mêmes. Mais &l elles remontent aux premières années du quatrième siècle^ et si elles ne fout que reprod^ire le plus sou? «ni que la discipline ^M trois «i^ctes ^ntçir^sùrf 1 «ft^^ine pftufj ^'en c)putqns pas^ on çpnçoit leur iqfippctaaçe ppi^r l'histqii^^ çlg^ PfÇliQi^FS (^"^P.^ 4Ç V^ili^^^» et quel iqtérèt s'attache au problème suivant :

^s Çq\\pn8 e\ ^€9 Çç)f^9^t^tiQJ\l 9P.9f^Mi^f^ ^^,9.l*W,^^l? ^^*^ PX^M^^.* S^* nées du quatrième siècle ?

Pour la négative : Nofl Alex., sœc. 1», diss. XVUI, sur les canon^ apostoliques. rr- Deu( Protestant*, D^jiié çt IHig«)«f «M I^4<t(<^«p<âf^fti4 <>ji<î<<9^^t«i ç| $}ns doufe quelque^ autres critique^., çn ^'è^-pçtit ))Oi$Q^rg.

Pour l'a/^rmattve : le P. Turrica, jésuite^ dans son ^dit. des Constit. apoatoî. et dans sa défense des Décrétaies^ lib. I, Fit) canonib. apQsMMs; ii va jusqp'à soutenir leur authenticité. C'est ausii l'opifiiou d^ Crut^rvS) |tia(|i)[{nH8 et Saj^nitron, ^ns compter les Grecs, poHf lus ÇçLtiçjtj^Si.. r— Ifansi, t. \ ConcHior.^ pou^r les ÇonslitutionSf tandis qu'il approuve le sentiment de Noël ^lex. pour les Canons. Voy. sa note in Nat. Alex., loc. cit. •— D. Lumper, t. VII, où il discute au long les opinions sur ces deux pièce». U t^\9 Woëi A.le¥*i ^\ lurtQut paillé, sm jes ^nonj, ain^i q^e fait enfuie plus fix lo^g péYétige, dan$ çpi) Cçi^(iex ç^in^t^ym primilivœ Ecclesise, lib. I. — Cotelier, etc. Enfin c'est l'opinion commune.

1. Sur cetter persécution, voir Dom Ruinarl, Mamachi, Tillemont, t« If, p. 128, etc.

|. Yo,y. |QD 4(>H»f ^^ K^^ilif^

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