‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 41 sur 329 · IV PERSÉGUTIOÊÎ SOUS DOMITIEN · texte numérisé non relu

IV PERSÉGUTIOÊÎ SOUS DOMITIEN

a avaient adopté les mœurs des Juifs, les uns h la mort, ff les autres à la confiscation de leurs biens. Domitille fut « seulement reléguée dans Fîl$ de Pandataria. » Nous voyons ici les Chrétiens confondus avec les Juifs, et accusés d'impiété et d'athéisme. Dion parle surtout de Tannée ^, qui vit redoubler la fureur de la persécution. Parmi les nombreuses victimes qu^elle immola, on compte, pour . les plus illustres, le consul Clément et Domitille; un autre consul, Aulius Glabrion, très-probablement mis à mort comme chrétien] saint André, selon quelques-uns, et saint D^nys PAréopagite, d'après l'opinion commune des critiques modernes, qui distinguent ce disciple célèbre de saint Paul, de saint Denys de Paris. Saint Jean fut plongé dans l'huile bouillante devant la porte Latine, à Rome, et délivré miraculeusement, puis relégué dans l'île de Pathmos. Les Juife furent également maltraités par Domitien ; mais enfin la mort délivra Rome et le monde de ce tyran, qui périt misérablement par la main d'un assassin. Nerva rappela les exilés (93) et laissa Tempire à Trajan qu41 avait adopté (98). Le grand pape saint Clément fut banni en cotte même année, et l'Élglise Fhonore comme martyr, quoique nous n'ayons pas de détails authentiques sur le genre de sa mort, qui arriva après deuK ans d^exil (iOO)*. Saint Anaclet lui succéda dès le moment de son départ de Rome, et fut couronné cette même dernière année du premier siècle. Ces deux époques du pontificat d*Anaclet sont d'autant moing certaines, que tous les catalogues donnent neuf ans de gouvernement à ce pape (VIII, 8). Nous en savons seulement, d'après le £ib. Pontif. , qu*il éleva un petit édifice sur la sépulture de saint Pierre et orna son tombeau, Il eut saint Évariste pour successeur (100). 3." Saint Jean avait écrit son Apocalypse pendant son

I . L«s aoles da saint Clément, que Von. trouve dans Coteliep (t. I, à la fin), ppwtrfâet^^ a|^« gépéf^l^na^Qt pap ^es cntiqj^es.. Yo^pez TiUcfnont, |. U» çftte (t, sur saio.l Cléipe^it, p. Ç.Ob j et p. ^-uçipej-, t: \, V-. 5^, Toutefois Baron^us^ i^ 102, i

voit dans ces actes une pièce très-ancienne écrite sur des traditions. '

exil. De retour à Éphèse, il se vit forcé en quelque sorte par les fidèles, les évoques et les députations des Églises d'Asie, d'écrire son Évangile. Il s'y attacha principalement à relever la divinité de Jésus-Christ contre les hérésiarques qui déjà avaient osé la combattre, surtout Ébion et Cérinthe. La même pensée domine dans ses trois épitres, dont la première est générale, et les deux autres sont adressées à des personnes particulières. Mais ce qu'on trouve encore dans les écrits de saint Jean, c'est ce sentiment de la plus douce charité qui s'exhale de ses paroles et de ses actions, et fait reconnaître partout le disciple bien-aimé. Saint Jean mourut dans une extrême vieillesse, entre les bras de ses disciples, qu'il appelait ses petits-enfants, et sa dernière parole fut celle de toute sa vie : Aimezvous les uns les autres : Filioli, diligite alterutrum (100).

Avec saint Jean finit le siècle apostolique, le premier de l'ère chrétienne.

4. C'est ici le lieu de parier de plusieurs écjits et de plusieurs personnages que des traditions plus ou moins assurées font remonter à ce premier siècle.

1° Ze Livre d'Hermas. — Cet écrit, généralement attribué à Hermas, disciple de saint Paul, et dont personne ne conteste la grande antiquité, est divisé en trois parties, les Visions, les Préceptes et les Similitudes. On y rencontre plusieurs passages favorables aux dogmes et aux idées catholiques, notamment sur le purgatoire, sur la pénitence imposée ou volontaire, et sur le jeûne, sur le pouvoir de l'Église de remettre tous le» péchés, sur la licite des secondes noces et sur la perfection de la virginité, sur le libre arbitre, etc. Plusieurs de ces points ont dû singulièrement déplaire aux Protestants; aussi plusieurs d'entre eux ont fait éprouver au Livre du Pasteur toute l'âpreté de leur critique.

2** La Lettre à Diognète. — Elle a été souvent attribuée à saint Justin; mais l'autorité des critiques les plus éclairés et quelques passages de la lettre elle-même ne permettent pas

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