‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 42 sur 329 · PERES APOSTOLIQUES · texte numérisé non relu

PERES APOSTOLIQUES

de douter que Tauteur ne soit du premier siècle, et même qu'il n'ait écrit avant la ruine du temple. Il montre à Diognète, qui était païen, et qui lui avait demandé en quelque sorte raison du Christianisme naissant, il lui montre la folie des Grecs rendant les honneurs divins aux ouvrages de leurs mains. C'est le premier mot connu adressé par les Pères au Paganisme. L'auteur y touche quelques-uns de nos saints dogmes, pour faire sentir la supériorité de la doctrine chrétienne, et décrit en beau style les mœurs admirables des Chrétiens du premier siècle.

Ces deux écrits, de même que la lettre à saint Barnabe (Vn, 2), renferment des témoignages précieux rendus à la Trinité, à la divinité du Verbe, qu'ils reconnaissent dans Jésus-Christ, ainsi qu'à la rédemption qu'il est venu accomplir. Les passages qui les renferment ne sont pas ordinairement clairs et précis, et ils ne devaient pas l'être; mais, rapprochés des Pères venus plus tard, il est impossible de n'y pas voir l'expression plus ou moins enveloppée de ces dogmes qui étaient la base de tout l'enseignement traditionnel, comme de toute la religion^.

3" Les Liturgies qui portent les noms de saint Pierre,* de saint Jacques, de saint Matthieu et de saint Marc. Ces pièces, que l'on trouve dans les collections liturgiques, sont sans doute apocryphes, en ce sens qu'elles n'ont point été écrites par les apôtres; mais elles ont un fond commun vraiment apostolique, auquel on a ajouté avec le temps et diversement dans les Églises. Cette remarque convient surtout à la liturgie de saint Jacques, la plus ancienne de toutes '.

1. Voir, sur ces pièces, D. Lumper, t. I. — D. le Nourry, A^patatus^ t. I.

— Tillemcat, t. I et II. — Noël Alexandre, sœc. l^. — Barouius et Saccarclli.

— D. Cellier el du Pin. — Cotelier, pour le texte même.

2. Pour les collections liturgiques, voy. surtout Codex liturgicuSf par Louis Âssemsni, et les autres indiquées dans notre Introductiony sect. III, n. 88. •— Four la discussion, Toir Grandcolas, ilnctVnnes liturgies] le P. Honoré de Sainte- Marie, Réflexions sur la critique, t. III, p. 155; et D. Guéranger, Inst. liturgiq.i t. I, ch. m, qui sont plus favorables à ces pièces anciennes. Voir encoro

4® Les actes de sainte Thècle et (f^ saint Paul, Si nQ)|S exceptons Baronius, Grabe, et peut-être deux ou trois autres, tous les critiques rejettent ces actes comme apocrypljes\. Ils conviennent néanmoins la plupart que tout n'y est pas à i^épriser, et que la connaissance de cette pièce paut répai^dre de la lumière sur la persécution de Néron, sur l,es mœurs des priemiers Chrétiens, et, en général, sur rhistpjre pontepiporaine.

^° Les livras Sibyllins, r-: Nous n'entendons point ici les huit livres sibyjlins que nous avons aujourd'hui dans la Bibliothèque des Pères, et que les critiques rejettent généralement copinje ^pocryphe§, pu mutilé^ et falsifiés. Npu^ voulons parler des vers sibyllins cités par saint Justin et par plusieurs autres Pères du deuxième siècle; et nqus demandons si, à cette époque, fl existait parmi les Gentils iies vers sibyljins réellement antiques, renfermant dies prophéties §ur Jésus-Christ et l'ÉgJisp, dont je^ Pèpes aient PU 30 préyajpir, comme ils faiî^ai^nt, cqntre les Grec§ et les Plomain^, Blondel 1'^ nié, prétendant qu'UH imposteur, un hérétique aurait fabriqué ces prétendus oracles vers .l'an 138^ et que les Pères avaient été induits en erreur. Cette ppinion prévaut parmj les Protestants, qui varient tputpfûjs en t|j(3n des points. Les Catholiqu.es sont divisés pux-mêmes; mais l'opinion domipante est favorable à l'existence des vers sibyllins, la questipn étant posée cpmme npus venons de le faire*.

D. le Nourry, diss. U. — Allatius, Epiitola ad Barikoldum. — Baronius. — Noël Alexandre, s«e. 1*, cap. m, art. 3. — Le P. le Brun, t. U. — Bona aveo les notes de Sola^ etc.

i. Vpy. Baronius, ann. 47, §4» «* ^Q^ M ^artyrolog., (î|P 23 sçptemb. — prab., Spicilegiumf sœc. 1*. — Pour ladiscugs^pn de ces actes, voir encorp fijl., l II, p. 65 etSSsl — p. Lumper, t. l, p. 453.

2. Voir Iç P. Grasset, Dissert. $ur les oracles des Sibylles, contre Blondel.—

îoël Alexandre, ssc. 1**, cap. 12, art. 17, ft^ di^s. I. — D. Lumper, t. l],

ji. 13. Ces auteurs sont favorables aux vers sibyllins, surtout Grasset. — D. le

Nourry, diss. 12, donne les arguments pour et cputre. Ypy. aussi Tilieniont, Em-

per.jt. II, p. .361. — Saccarrlli, an. 127, t. H.— On peut voir pncore d'afjtres

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