ORIGINES DE L'EGLISE GALLICANE
Après les écri(s, nous devons parler des personnages qiio les traditions placent égaïèriierit au premier siècle, ce qut nous amène naturellement à traiter de forigine des Églises d'Occident et surfout de notre Église gallicane.
1. Tonteis les Églises de Y dtntiëiinè Gatule, dont la fonîdatîOfii n'est constatée par adèt^ri itiô^n'ument historique certain, fotît remôntéir letfi^ otîgîné à utï dtpùite ou k quelques disciples des afpôtres, envoyés f)ar eux. Elles étaîèwt en possession de ces dôtrôôs et pieuses traditions, lorsqu'une critique de réaction essaya M seizième siècle de renverser toutes les antiquités ecôlésiastiques, sous prétexte de les purger de îa rouille* du moyen âge. Les écrivains catholiques ifésstïntirènt in'évîia'Memént le cônti'e-coup de ce toôttvènfïîènt; une partie se faissà donô entraîner et se jeta dans Fextfgératiôn de la èritrque protestante. L'école représentée par les docteut's Ellieî^ Dupin et Laîunoi se signalai surtout dans cette fore, en déclaraM Une guerre inexôraMe à tétftês lés traditions antr^ûeâ non appuyées de quelque' monxtméni certain, ou inêlées de choses insoutenables.
2. La discussion roule d'abord et principalement suf sept Églises qui tiennent pour leurs fondateurs sept hommes aposto'Kqaès envoyés par fe Saint-Sîégô dans lès Gaules, savoir : saint Gatién à Tours, saint Trophime à Arles, saint I^anl à' Na'rbônne, saint Saturnin à Toulouse, saint Denys h faris, sa'mt Atistrémoine en Auvergne (Clermont), et saint
écrits moins importants discutés dans le P^ Noël Alexandre, D. Lumpcr et D. t» Konrry. — Voy. aussi D. Lumper, t. I, p. 475, sur Philon, illuslre parmi les Juifs d'Alexandrie, et philosophe platonicien que saint Jérôme compte entre les auteur» ecclésiastiques.
Martial à Limoges. La difficulté ne tombe que sur l'époque même de Tarrivée de ces illustres personnages dans les Gaules. Vinrent-ils évangéliser nos ancêtres dfcs le premier siècle, après avoir reçu leur mission de saint Pierre ou de Tun de ses premiers successeurs, ce qui s'entend surtout de saint Clément, ou leur mission ne date-t-elle que du pape saint Fabien, vers le milieu^du troisième siècle? Trois des sept Églises en question, savoir : Toulouse, Tours et le siège d'Auvergne, ne pouvaient invoquer^e monuments historiques bien positifs en faveur de leur origine apostolique; mais Launoi les enveloppa toutes dans sa critique exagérée, en plaçant l'origine de toutes également à l'époque de saint Fabien. Il se fonda sur une parole de Sulpice-Sévère, qui, en parlant de la persécution de Marc-Aurèle dit que la religion chrétienne n'avait été reçue que tard dans les Gaules ' . Il se prévalut surtout du texte devenu célèbre de saint Grégoire de Tours, d'après lequel les sept missionnaires dont nous parlons n'auraient fondé qu'au temps du pape saint Fabien les Églises qui les révèrent*. Ce système en a tellement imposé, qu'on s'est accoutumé à le regarder comme ne pouvant plus être contesté. Pour nous, nous n'hésitons pas à embrasser le sentiment contraire, sinon comme entièrement démontré, du moins comme plus fondé en preuves, plus glorieux pour notre Église gallicane, et plus cher au souvenir de ses plus anciennes Églises. Appuyés sur l'autorité de Baronius, de D. Ruinart, de Pagi, de de Marca, d'Alexandre Noël, de Mamachi et autres, nous ne croyons pas que le passage peu concluant de Sulpice-Sévère et le texte unique et obscur de Grégoire de Tours puissent prévaloir, surtout contre les témoignages formels de saint Irénée et de Tertullien. Le saint évêque de Lyon invoque contre les hérétiques l'enseignement et la doctrine des Églises des Gaules et de Belgique, comme de