‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 45 sur 329 · ORIGINES DES ÉGLISES DE GERMANIE, D'ESPAGNE, ETC · texte numérisé non relu

ORIGINES DES ÉGLISES DE GERMANIE, D'ESPAGNE, ETC

Provençaux honorent avec leurs compagnons comme leurs premiers apôtres ^.

5. Il nous reste à dire un mot des églises de Germanie, d'Espagne et de la Grande-Bretagne. Les textes de saint Irénée et de Tertullien ne permettent pas de douter qu'il

1. La grande controTerse touchant les origines de l'Église gallicane noas fournit la matière de plusieurs problèmes intéressants que nous réunissons ici.

PROBLÂIIKS*

r Les sept hommes apostoliques dont parle Grégoire de Tours , et en général Us saints fondateurs des Églises les plus anciennes des Gaules, sont-ils du premier siècle ?

Pour \ai négative *. L&uuùiy dans plusieurs dissertations spéciales. — LesP^. LongueTal^ Histoire de l'Église gallicane, Dissert, prélimin. , et Sirmond, Diss, de dwb. Dionysiis."^ Gérard du Bois, Bist. Hccles. parisiensis, lib. l, cap. n et nu — Denys de Sainte-Marthe, Gallia christiwna. -> Tillemont^ t. lY, p. 439, et 703. -— Fleury, Ht. VI, 549, et assez généralement les écmains qui se sont jetés dans le mouvement de la critique de réaction provoqué par les Protestants.

Pour l'affirmative : Baronius, an. 98, § 22, et surtout an 109, § 38.-- Fagi, an. 834, § 9. — De Harca, Epistola ad H, Vales., en tête de l'édition d'Eusèbe; par Henri de Valois. — Noël Alexandre, sœc. IQ, dissert. XVI. C'est l'un des plus complets, en y joignant les notes de Roncaglia. — Bullet, de Apostolica Ec' clesise gallicame origine Dissertât. — Mamachi, Orig., lib. II, c. xxii, § 1, etc. ~- Il faut Yoir aussi une longue note sur ce point dans Godescard, 9 octobre, Vie de saint Denys.

V Saint Denys, évêque de Paris, est-4l de l'époque apostolique? Est-il le même que saint Denys VAréopagite?

Ce problème rentre dans le précédent pour le premier point : ce sont les mêmes auteurs pour et contre. — Sur le deuxième point, les auteurs favorables à l'époque apostolique se partagent : les uns admettent l'identité des deux Denys, savoir : Baronius, Not. ad martyr., 9 octobre et 15 novembre. -— Noël Alexandre^ loco dtato, — Ajoutons Mabiilon, Veterum analecta, t« I, p. 59. — L'auteur anonyme des Observations théologiques sur Fleury, Dissertât» sur saint Denys, t. I, p. 74, où il discute spécialement la question de Tidentilé. — Voy. encore quelques auteurs indiqués par Mamachi, lib. II, cap. xxii, § i, note 5. — Les autres critiques soutiennent la distinction des deux Denys ; LaunoU et Sirmond lui ont consacré des dissertations spéciales.

3* Les ouvrages connus sous le nom de saint Denys l'Àréopagite sont-ils authentiques et vraiment de lui ?

Ce problème est important, à cause des détails que ces ouvrages renferment sur la discipline des premiers siècles, et des difficultés que la solution présente. Aussi le combat a été vif et n'est pas fini.

Pour la négative : Parmi les auteurs catholiques, nous nommerons Launoi, Vie de saint Denys, en latin. — Le P. Morin, de Sacris ordinat,, V partie, Prsefatc

78 LKÇOK Xï. SAINT CLéMEWT. ^N 89-100.

n'y eût dans l£^ Geripanie des églises constituées avant Van 180. Getta Germanie des Romains était, sous le nom de Belgique, Tune des quatre régions qui formaient la Gaule sous Auguste, et par conséquent Tune de ce§ nations des Gaules ^QRt parle TertulUpn. EJUe fut ensuite clivisée en Germanie première et seconde, et comprenait les pays de la rive gauche du Rhin, depuis Strasbourg en descendant. Ces deux Germanies n'étî^ieiU 4onç, awxyeui^de^ Bom^ios, qu'une province des Gaules, et, en partant de nos principes, nous verrons remonter aux tpmps ^pqstpliques ses premières Églises. Ainsi nous dirons que FËglise de Stras^

ad ntU9 ordinationia, — Tiliemont, t. II, p. t84 et 566 ; et en général lc9 écrivains indiqués plu6 haut contre l'époque apo«toUque et l'identité det deux Denys. Ajoutons que c'est le sentiment de la plupart des critiques modernes^ surtout en France.

VoixT l'affirmative : Baronius, an. 109, § ftf.— Noël Alexandre, siec. IQ, dis* sert ÏXII, très- étendue. —Le P. Hailoii, ds Viiaet icripiiâ Dionyaii A^éopagitse, — D. Claude David, bénédictin de Saint-Maur, Disseri. $wr taint Denya VÂrio* pagite. Bile forme un fort volume ip>8P* lïous passons plusieurs auteurs indiqués pap Sala dans ses notes sur Bona, ^e Rebé litwrg., lib. I, cap. tiii, édit. de Sala, t. 1, p. 136, où il énumère les auteurs pour et contre. If aie nous ne pouvons passer sous silence la savante Disttrtation priliminaire de M. l'abbé Darbois, en tête de la belle traduction française qu'il a donnée de ces mêmes ouvrages de saint Denys F Aréopagite.

Plusieurs auteurs se sont contentés d'exposer les raisons alléguées en faveur de chaque système : ainsi ont fait D. le Nourry, ÀpparatUê, diss. X. Il est peu favorable à l'authenticité. Vous devons dijre le contraire de Mansi, Nota in disteri. XXil Natal. Àlex,^ où il réfute les arguments de Basnage. «- D. Luraper, t. I, p. 399 et 439. * D. Cellier, t. XY.

4<* Saint Lazaret sainte Marthe et eainte Madeleine iont^lt venus à Mar» seille; et saint Lazare en O't-il été le premier évéque?

Pour la négative : Launoi, toute son école , et la plupart des critiques po^ dernes.

Pour l'affirmative : Noël Alexandre, s«c. lo, diss. mi. — • Barcnius, an SB, g 5. — - Les auteurs s'arrêtent généralement peu sur l'histoire de ces saints el illustres personnages, à cause des ténèbres qui l'enveloppent. Un savant directeur de Saint-Sulpice, l'auteur de la nouvelle Yie de M. Olier^ a essayé, avec succès, de dissiper ces ombres, par une étude plus approfondie de tous les monuments qui peuvent y porter quelque lumière. Les traditions si chères aux Provençaux n'ont jamais été si doctement et si heureusement défendues. Voir Monuments inédits gur l'apostolat de sainte Marie Madehine en Provence, et sur les autres apôtres de cette contrée, saint Lazare, etc., S vol. grand in-S^, Paris, 1848*

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bourg eut pour fondateur un autre ou le même saint Materne que celle de Cologne; que TÉglise de Metz eut saint Clément; celle de Trêves^, saint Eucher; celle de Mayence, saint Crescent, disciple de saint Pierre, — Nous reconnaissons également que les premières Églises d'flspagne sont du temps des apôtres ou de leurs disciples. Pour appuyer cette assertion, nous nous contenterons de l'autorité de saint Irénée, qui cite leur enseignement en preuve de la tradition ou doctrine apostolique contra les premiers novateurs, et de celle de TertuUien, sans nous engager dans la double question de savoir si saint Jacques et saint Paul ont prêché en Espagne^. — Pour la Grande- Bretagne, si Tertullien seul en parle comme renfermant des Chrétiens dès la fin du second siècle, ce qu'il en dit suffit du moins pour nous autoriser h croire que les ouvriers évangéliques qui apportèrent les premières semences de la foi dans les Gaules passèrent dans cette île pour l'éclairer de la même lumière, d'abord la partie soumise, puis les régions plus* reculées que les Romains n'avaient pu dompter : Brùannoruminaccessa Botnanishea, ainsi que s'exprime Tertullien.

l. Veti et TrèTes étaient de la première Belgique.

Saint Jiicqwi ùri-il prSchè la foi en Espagne f

Paur Vc^fjftrmative : Le P. Mariapa, de fiebus hiepanidft ^ib* ^"^i ^^ généralement les auteurs espagnols. — Selyaggio, Antiquitalum lib. I, cap. ty, g 6, où il analyse la dissertation de d'Arostégui. — Les BoUandistes, 25 juillet.

Pour la négative : lioël Alexandre, sœe. l», diss. XV, et presque tout les critiqnei non espagnols*

Ces mêmes critiques sont moins unanimes contre» le voyage de saint Paul en Espagne. Ce serait la matière d'un nouveau problème, que Von trouve discuté dans les mêmes auteurs.

Voy. encore, sur ces origines de l'Église d'Espagne, Mamaclâ, Origin.f lib. H, eap. i|i, qui indique un grand nombre d'auteurs daqs les deux sens : Noël Alex., ibid.f pour la note de Mansi; Godescard, 25 juillet^ etc.

LEÇON XIL

1 . Tels furent les commencements de l'Église chrétienne. Jésus-Christ avait accompli les temps anciens, en fondant avec elle les temps nouveaux; il fut le lien essentiel de tous les desseins de Dieu. Les apôtres, remplis de son esprit, prêchèrent sa doctrine d'abord aux Juifsj qu'ils trouvèrent divisés en plusieurs sectes, et sur le point de perdre, au milieu de leurs vaines traditions et de leurs systèmes, le vrai sens des livres divins, que les Chrétiens reçurent intacts de leurs mains. Ils la prêchèrent ensuite aux Gentils, étant convenus auparavant de l'exposition abrégée de cette doctrine, sous le nom de Symbole, et de la méthode commune qui devait les diriger selon qu'ils s'adressaient aux Juifs déjà répandus partout, ou aux païens. Ils trouvèrent dans le monde romain une corruption effroyable : c'était un abîme sur le bord duquel cette société décrépite n'était plus retenue que par les restes précieux qu'elle conservait encore de ses mœurs primitives. Autour de l'empii^e vivaient les Barbares, peuples enfants, qui se dégradaient d'une autre manière par leur férocité et leur ignorance. — La raison humaine semblait d'autre part s'être décomposée en s'éloignant des traditions primitives. Elle demeura presque immobile dans l'Orient, et donna dans le fanatisme comme croyance; tandis que comme raisonnement elle se perdait dans 4e rationalisme et le doute chez les Grecs et les Romains. Rapprochés par les guerres et les conquêtes d'Alexandre, les Grecs et les Orientaux mirent trois siècles dans la Syrie, et en Egypte, à enfanter le Gnosticisme païen, par l'union de l'esprit grec avec les idées orientales. Ce système reprit comme en sous-œuvre les questions de la nature de Dieu, de la cause première, de l'origine du monde et du mal, de la chute et de la réparation ; et il en chercha la solution dans une suite hiérarchique d'êtres intermédiaires ou d'éons émanes primitive-

HESUMia DU VH^MTER SIECLE. 81

ment de l'être premier, avec ou sans la matière. Ainsi reconstruite dans ses deux éléments de foi et de raisonnement, éléments poussés jusqu'aux extrêmes du fanatisme et du rationalisme, la raison humaine ne retrouvait une nouvelle force que pour réunir tous les genres d'excès dans ses nouveaux égarements.- — Ce fut au milieu de ces circonstances diverses, que les apôtres allèrent prêcher l'Évangile aux Gentils : ce fut dans ce moment suprême où il restait assez de bien, de force, de vertus, en un mot assez de racines du vieux monde, pour y rattacher le monde nouveau qui allait naître, et où ce bien et ces racines allaient disparaître dans la décadence universelle: ce ne fut donc ni trop tôt, ni trop tard, mais dans ce point harmonique que la Providence seule avait pu préparer.

2. Tel était le monde que les apôtres eurent mission de convertir aux mystères et à la morale du Christianisme. Mais, autant cette mission était divine, autant nous ignorons le détail des travaux et de la vie des hommes qui l'accomplirent. Il ne nous est resté des apôtres et de leurs disciples que les quatre Évangiles, les Actes, plusieurs Épîtres, adressées la plupart à des Églises particulières ou à des personnes privées, enfin l'Apocalypse ; et ces écrits, si peu nombreux, ne renferment sur la vie des apôtres que lés faits qui intéressent les destinées de l'Éghse. Les autres faits, perdus ou dépourvus des conditions de la certitude historique, consacrent la règle fondamentale de là vie chrétienne, c'est-à-dire le mépris de 4out ce qui flatte l'orgueil i**umain. Sous ce point de vue, rien n'égale la vie de la sainte Vierge, la Mère de Dieu : cette vie, qui ne devait point se trouver mêlée aux affaires extérieures du gouvernement de l'Église, fut sur la terre la plus parfaite devant Dieu et. la plus ignorée des hommes.

Saint Pierre, qui dirigeait le mouvement de l'Église, et saint Paul, qui y prenait une si grande et si éclatante part, ne pouvaient demeurer dans la même obscurité. Depuis Jérusalem jusqu'à Rome, dans l'Orient et l'Occident, nous

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les rencontrons sans cesse, eux ou leurs 4isciples, prêolîï^nt et formant de nouveaux établissements. Pierre, qui devait avoir un siège fixe, héritier de ses droits et de spn jautQfité sur toutes les Églises, s'arrêta d'abord sept ans à Aîitipche; puis il vint à Rome fonder cette chaire apostolique qui devait demeurer inébranlable jusqu'à la consommation des siècles, comme la pierre fondamentale d^ l'Église.

3. Cependant l'erreur et l'enfer eurent aussi leurs apôtres. Apollonius de Tyane ne fut qu'un imposteur hardi, qu| servit plus tard de héros à un roman que le Paganisme prétendit opposer à \^ vie de Jésus-Christ, — Simon le Magicien, Juif, Païen et Chrétien à la fois, voulut achetpr 1§ don du Saint-Esprit, et pssaya le prpmier de combiner Ift gnose païenne avec le Christianisme. Il devint ainsi le cbpf des Simoniaques et le preinier des hérésiarques dans TÉ- .glise. Tandis que ses prestige^ lui méritaient le surnpiïi (le Magicien, sa doctrine renfermait le genre empoisonné 4e Joutes les erreurs, et renversait les bases mêmes de la morale. Ses mœurs, imitées par ses; disciples, répondaient h ses principes: et tel fut l'horaipe que tous les hommes cffi ont essayé dans la suite des temps de corrompre la dpq^ trine, ou la morale, pu la discipline de l'Église, doivenl VB^ cpunMtre pour leur maître et leur héros t

Gérinthe jeta d'abord le trouble dans le cœur mêmd iJô rÉglise naissante, en essayant d'y introduire le ludaï^mâ* Pour arrêter cette division intestine, les apôtres, avec le» disciples et les fidèles, s'assemblent en concile à Jérusalem, sous la présidence de saint Pierre, et portent, au nom du Saint-Esprit, un décret de pure discipline dans sa teneur, mais qui au fond abrogeait solennellement l'ancienuô loi, en déclarant les Gentils convertis dispensés de ses observances. Indocile à cette décision, Cérinthe adopta lô système gnostique, et devint hérésiarque. «* Les Nieolaïtes formèrent une autre secte qui eut son gnpstioisme^ 6t qui ne sut se distinguer que par de plus grandes infamies. — Les Nazaréens et les Ëbionites» sortis des Chrétiens ré^

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