‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 46 sur 329 · RÉSUMÉ DU PREMIER SIECLE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DU PREMIER SIECLE

fugiés à Pella, furent surtout Judaïsants, Ébion niait la divinité de Jésus-Christ, ce qui était une autre manière de prouver qu'on renseignait.

4. Cependant les apôtres ne cessaient de poursuivre leurs travaux, malgré les sectes rivales, lorsqu'un autre ennemi se leva contre eux, non plus pour en corrompre les fruits, mais pour les couronner. Néron, l'horreur du genre humain, mérita d'ouvrir cette guerre sanglante des persé-v culions, et fit mourir les Chrétiens comme coupables de l'incendie de Rome qu'il avait allumé. Saint Pierre et saini Paiil en furent les plus glorieuses victimes. Ils avaieni prédit la ruine de Jérusalem, et leur prédiction, qui n'était que celle de Jésus-Christ, s'accomplit bientôt avec des traits si marqués de la vengeance divine, que les Romains, ses exécuteurs, en parurent eux-mêmes frappés. Ce fut Tabrogalion sanglantedelaloi, qui demeura comme ensevelie sous les ruines du temple et du sacerdoce ancien. Les malheureux Juifs survécurent seuls à leur loi et k leur nationalité, comme un monument vivant et impérissable de la divinité des prophéties, et par conséquent de la divinité de la religion chrétienne dont ces prophéties sont l'une des plus belles preuves.

Le Christianisme fit de nouveaux et plus rapides progrès après la ruine de Jérusalem et la chute du temple. Nous remarquons, entre autres, la fondation des premières <^glises des Gaules par quelques disciples de saint Paul, par ceux de saint Pierrre, mais principalement, dans les dernières années de cp siècle, sous le pontificat de saint Clément, et, dans les premières du siècle suivant, par les hommes apostoliques envoyés dn Saint-Siège. Ces progrès ne se ralentirent pointdurant la persécution qui éclata sous Domitien, et qui fut la deuxième. On compte les persécutions particulières; mais en réalité elles n'étaient que les phases plus violentes de la persécution qui pesa sur les Chrétiens jusqu'à la liberté de l'Église. Sous Domitien, saint Jean ftit plongé dans l'huile bouillante, puis exilé à

Pathmos. Rappelé par Nerva, le disciple bien-aimé mourut entre les bras de ses enfants, en leur disant une dernière fois de s'aimer les uns les autres; et avec lui finit le premier siècle.

5. Dans quel état ce premier siècle et les apôtres laissèrent-ils l'Église ? Nous la voyons pleinement constituée, avec un premier développement qui laisse déjà apercevoir tout ce qu'elle a d'essentiel et de fondamental dans son intérieur : savoir, son gouvernement, sa doctrine, ses institutions; mais ces choses n'apparaissent encore qu'imparfaitement, et comme au fond du sanctuaire domestique. L'Église se présentait comme une grande famille dans laquelle les dogmes étaient reçus avec la simplicité dé la foi, et les devoirs pratiqués avec une obéissance filiale, plus par ferveur et par amour que par crainte et par nécessité. Il était peu besoin alors de formules écrites et d'ordonnances rigoureuses, et les écrits se réduisaient à des lettres rares, motivées par quelque raison particulière. C'était le règne par excellence du cœur et de la parole vivante, le règne de la tradition, et non celui de l'histoire. Aussi nous remettons à la fin du deuxième siècle, lorsque nous aurons recueilli dans les Pères l'expression plus explicite de l'enseignement apostolique et des rites primitifs ; nous remettons^ disons-nous, l'exposé de l'état de l'Église au premier siècle, réunissant ainsi dans un même tableau ces deux siècles, dont l'un est rempli par les apôtres, et l'autre par leurs disciples.

PROBLÈHES HISTORIQUES.

lo Sur la relaUon de Pîlate à TU>ère, après la mort de Jésus-Christ, p. 39; 2^ Siir le passage de Josèphe concernant Jésus-Christ, p. 30. 3» Sur le symbole des apôtres, p. 34 ; 4* Sur les Actes de saint André, p. 38 ; 5<> Sur la lettre de saint Barnabe, p. 44 ; &* Sur les Thérapeutes, p. 53 ; 7® Sur les Canons et Constitutions apostoliques^ p. 66

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