‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 48 sur 329 · LEÇON XIII. SAINT IBVARISTE. AN · texte numérisé non relu

LEÇON XIII. SAINT IBVARISTE. AN

de faire défendre dans les provinces les associations ou confréries et les assemblées nocturnes. Cette ordonnance, jointe aux dispositions connues du prince, fut un signal allons les gouverneurs pour tourmenter les Chrétiens. Ils le firent, chacun selon son génie, ses dispositions et celles des peuples; ce qui explique ces manières si diverses dont les fidèles turent traités dans les différentes régions de Tempire, durant tout ce règne. Les monuments de celte persécution, comme tous ceux de celte époque, ont péri en très-gi*ande partie. Toutefois ce qui nous en reste ne permet pas de douter qu'elle ne fût longue et cruelle. La célèbre lettre de Pline à Trajan parle des Chrétiens qui avaient apostasie depuis trois ans, et du supplice que subissaient encore ceux qui, étant accusés d'être Chrétiens, refusaient de sacrifier. Cette même lettre atteste que les Chréliens étaient calomniés; que les informations juridiques, accompagnées même de tortures, Join de les trouver coupables, n'î^vaient servi qn'h prouver l'innocence de leurs assen^blées, où ils ne s'engageaient qu'à fMir le crime et à mener une vie irréprochable. C'était là le témoignage que leur rendaient ceux qui avaient aposr tasié, et qui n'étaient nullen^^nt intéressés ni disposés à les ménager. Ces appstfit^ 4éposaient encore que le but spécial de ces assemblées dont ils avaient fait partie était d'honorer le Christ conaine un dieu par le ch^nt des hymnes : Carmenque Chrisfo quasi deo dicere secum ùivicem. Précieux témoignage rendu à la croyance des premiers Chrétiens touchant la ijiyinité dp Jésus-Christ, par la bouche des apostats pt des Païens. Pline parlait aussi du nombre prodigieux des Chrétiens, et consultait enfin lujan sur la conduite qu'il devait tenir h leur égard. Vm^pereur, dans sa réponse, lui donne çptte règle inûuï6| de ne pas rechercher les Chrétiens, mais de les punir si, dénoncés et vaincus, ils persévéraient : Conquirendi non sunt : $i deferantur et (^rguantuVi puniendi mnti Étrange décret, s'écrie Tertullien, qui défend de rechercher leB

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Chrétiens parce qu'ils sont innocents, et qui ordonne de les punir comme coupables ^ I Cette réponse pîassa néanmoios m règle et subsista jusqu'au troisième siècle. — Pline ne parle que de la Bithynie, dont il était préteur ; mais ce qui s'y passait devait avoir lieu en proportion dans les grandes villes, Ântioche, Alexandrie, Rome sur^ tout, le centre de l'empire et des superstitions païennes et où les Chré^ens eux-mêmes affluaient comme dans leur propre centre. L'absence des monuments nous réduit à cette conjecture, qui approche, il est vrai, de la certitude moraleé

â. En prenant le caractère d'une guerre réfléchie, la persécution ne pouvait manquer de s^attacher de préférence aux évêques, aux ecclésiastiques, et, en général, à tous ceux qui, par leurs fonctions, leurs lumières et leur zèle, se présentaient à l'opinion comme les soutiens des fidèles. D'après la tradition de l'Église romaine, le pape saint Clément aurait été l'une de ses premières victimes, ce qui ferait remonter le commencement des poursuites aux premiers jours du règne de Trajan. Ce fut bien plus lard, et lorsque ce prince marchait contre les Parthes, qu'un autre successeur de Pierre, mais sur le siège d'Antioche, l'illustre saint Ignace, fut cité à comparaître devant lui. Le saint évêque confessa généreusement le nom de lésus-Chrïst, et ne put contenir l'élan de sa joie en entendant la sentence qui le condamnait à être ponduit à Rome pour y devenir « la pâture des bêtes en spectacle au peuple : cibum bestiarum in spectaculum pleois. » Pendant le cours de son voyage, il visita les Églises qui se trouvaient : ^sur sa route, ne cessant d'exhorter le clergé e^ les fidèles à fuir l^s hérétiques, à se tenir unis entre eux par la charité, ainsi qu'à l'Église en s' attachant à leur évêque, qui leur représentait Jésus-Christ. ,11 leur recommanda les traclition3 des ^pôtr§Si 6| {1 crut même devoir mpUre par écril

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