‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 50 sur 329 · GNOSTIQUES · texte numérisé non relu

GNOSTIQUES

s'élaborer. Durant la seconde période de cette époque,

laijUfile embrasse les trente-huit premières années du

Wme siècle, les principaux chefs puisent leurs pre-

i-i^iTs idées dans Técole de Ménandre, à Antioche, et irn-

?''pent leurs systèmes, sous l'influence syrienne, de

.' 4' iflioû dualiste des deux principes. Ce Dualisme est sen-

*ii'le, mais il n'est pas formel; il semble se cacher encore

dans l'ombre avec Torigine de la matière et de Tadversaire

'iloul bien, c'est-à-dire de Satan.

LËOON XV.

*. Les Gnostiques n'étaient pas seulement^ par leurs pratiques abominables, la honte de Fhumanité; ils devin- ^ûUl'époque où nous sommes arrivés, le grand fléau de jÉglise. Ils se disaient tous Chrétiens, et l'odieux de leurs infamies ne pouvait manquer de rejaillir sur les vrais •Chrétiens ou les Catholiques. Tout semblait combiné pour accréditer cette atroce calomnie dans l'esprit des popula- ^ons païennes. D'aborcHe nom de Gnostique [illuminé, spi-- ^i^wel), si honorable dans sa vraie acception, et que plusieurs Pères ne craignaient pas de donner aux fidèles, prouve <!»ie les Chrétiens ne s'en défendaient pas, du moins dans ^ premiers temps. La réputation philosophique de plu- ^^nfs chefs de la gnose^ tels que Saturnin, Basilide, le i^^e Épiphane ; leur langage pompeux sur la sublimité ^« leur doctrine; le dogme d'un Dieu suprême et unique, î^iî était le point fondamental distinetif entt^e le Chri&tia- Dismeet les religions païennes; leur prétendue union avec ^« Dieu; la dissimulation dont ils faisaient profession, surl^titles Basilidiens : toutes ces choses devaient" faire conï^ûdre les Gnostiques avec les enfants de l'Église, Sou- ^^nons-nous que déjà les Chrétiens étaient l'objet du mépris rtlic, comme secte juive, et qu'on les accusait d'athéisme,

comme ennemis de la religion et des mœurs nationales; les abominations gnostiques, lorsqu'elles transpiraient au dehors, ne devaient donc paraître que la justification naturelle de l'opinion. Combien n'était-il pas facile, surtout aux prêtres des idoles et aux Juifs, les uns et les autres animés d'une haine implacable, de montrer les Chrétiens aux pcn pulations aveugles et prévenues, sous les couleursTiideuses du Gnosticisme et sous le poids de ses infamies !

On mit donc sur le compte des assemblées des Chrétiens les horreurs qui se commettaient dans celles des Gnostiques; et, comme il arrive toujours en pareilles circonstances, on fit circuler mille fables exécrables sur ce qui se passait dans leurs mystères. Ainsi oq racontait qu'ils s'assemblaient la nuit, nommes, femmes et enfants, pour célébrer leurs orgies; qu'après le festin, lorsqu'ils étaient échauffés par le vin et la bonne chère, oa jetait un morceau de viande à un chien attaché au chandelier qu'il entraînait en courant à sa proie, et que, la lumière ainsi étemte, tous se mêlaient, chacun suivant au hasard sa passion brutale. On disait encore que leur initiation se faisait par un infanticide. L'initié tuait un enfant couvert de farine, croyant couper un pain, et tous, mettant en pièce cette malheureuse victime, en mangeaient les chairs et en buvaient le sang.

Ces bruits étranges s'accréditaient d'autant plus facilement, que le secret le plus inviolable, dont nous parlerons bientôt, dérobait à tous ceux qui n'avaient pas reçu le baptême la connaissance de ce qui se passait dans les assemblées des fidèles; secret qui interdisait alors aux Chrétiens eux-mêmes le moyen de se justifier en mettant tout au grand jour. Ce même secret enveloppait surtout la célébration de l'eucharistie, ce sacrement dans lequel les Chrétiens mangent réellement la chair du Fils de l'homflie et boivent son sang. Or, cette institution divine, si mystérieuse et si mal entendue, et d'autres causes encore, auront pu contribuer à accréditer les calomnies.

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