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Les Chrétiens eux-mêmes élevèrent enfin \û voix pour

PREAflERS APOÎ^OGISTEg. LOI PU SECRET. 99

se défendre. Saint Quadrat, qu'Eusèbe nous représente comme un disciple des apôtres, distingué par son génie et son zèle apostolique, prit en main le premier la cause de ses frères, Dans la pièce qu'il adressa à l'empereur Adrien (126), il commença la discussion dogmatique contre le Paganisme, eji montrant la supériorité, ou plutôt la réalité des mir^^cles de Jésus-Christ, et la Yanité des prodiges qu'on psait leur opposer, — Ce fut sans doute dans les mêmes circonstances que saint Aristide, philosophe athénien, présenta aussi une requête au mênae prmce. Ces • deux écrits, loués par saint Jérôme, furent comme les premiers essais de la grande polémique qui s'engagea dès lors entre le Christianisme naissant et le vieux Paganisme. Adrien, touché de ces justes représentations, se montra assez favorable aux Chrétiens pour qu'un historien du troisième siècle, Lampride, ait pu lui supposer le dessein d'élever des temples à Jésu3-Christ et de le mettre au rang des dieux.

4. Nous ignorons si les apologistes dont nous venons de parler s'expliquèrent sur les calomnies qui pesaient déjà sur les Chrétiens et sur leurs assemblées; mais il est certain que les saints mystères demeurèrent secrets, puisqu'il eût suffi de les mettre au grand jour pour confondre ces calomnies, et que néaumpius nous retrouvons plus tard les mêmes contes populaires et la haine qui les débitait. Cette ^ circonstance trahit ici l'existence d'une loi importante' de discipline, celle du secret'. La manière dont les Pères ù^ ont parlé nous la montrp constamxnçnt comme d'insti-

I. Sur la loi du secret, il faut voir surtout : E. Schelstrat, de Disciplina arcani Dissertatio, — L'abbé de Moissy, Méthode dont les Pères se sont servis en traitant des mystères, in-4o. Ces deux auteurs fton| (p« plus çQinpleU. — J<e P. Aze^ Tedo, de Disciplina arçani et de ^tturflia, disser^ XWll iater diss. — Zacchar., de Disciplina popuHDei, t. I, p. 102. — I-upus, in Praescript. TertuU,, c. xli. •^Discussion amicalSj par î^epape de Tréverne, lettre^^ 8 et 9, Défense, o. in. — Le P. Merlin, Traité historique sur les (orvnes des #acreftH?wM. — Palraa, daps se» Prselectione^ hist, nçch, part. ï, c, xy et sqq., % hiep résumé toute cHia question

tution apostolique. Déjà au milieu de ce second siècle, Gelse reprochait aux Chrétiens leur doctrine cachée, clanculariam^ et Origène les justifie, en avouant le fait, par Texemple des philosophes anciens^. Tertullien, à la fin de ce même siècle, et après Clément d'Alexandrie, mentionne cette loi comme une règle constante et ancienne dans l'Église. Il est donc évident qu'eHe venait des apôtres, ou plutôt de Jésus- Christ lui-môme, qui dSdiXdéfendu de donner les choses saintes ^ aiÂX chiens^ et de jeter les perles devant lespourceatix^ c'està-dire d'exposer les mystères aux regards profanes des étrangers, ou des non-initiés, comme on les appelait. Nous disons les mystères dogmatiques et liturgiques; car le secret enveloppait les dogmes les plus profonds, tels que ceux de la Trinité et de l'Eucharistie; et surtout les sacrements, et les rites mystérieux avec lesquels on les administrait. Or c'était dans les assemblées que l'on expliquait bes dogmes, que l'on conférait les sacrements et que l'on consacrait l'Eucharistie, qui en était le plus auguste objet. Les étrangers, Juifs ou Gentils, et les catéchumènes étaient donc exclus de ces assemblées, et les fidèles, initiati, y assistaient seuls, avec l'obligation rigoureuse de n'en riea révéler *.

5. Au milieu de ces épreuves, dont la plus pénible pour les fidèles était de se voir confondus avec les plus misérables des hommes, l'Église poursuivait ses succès et développait ses institutions. Le pape saint Sixte, qui la gouvernait depuis dix ans, reçut la couronne du martyre vers la fin de la persécution (128). Il ordonna, dit le Livre Pontifical, que les ministres seuls pourraient toucher les choses

1. Voy. Clem. Alex., Strom., 1. I, § 12 î l. Il, § 2 ; 1. 1, § 1 ; I. V, fxusim» -«Tertull., de PraucripL, c. zu; ad Uxor.y 1. II, c. vr et v; Apolog,^ c. ni.— Minut. Fel., p. 75 et 99, éd. ▼arior,— Origen., Contra Cêlsum, 1. 1, n. 7.

2. Nous voyons ici matière à une bonne dissertation. Elle aurait pour objet de prouver historiquement l'existence de la loi du secret au deuxième siècle , d'en montrer l'étendue ainsi que l'influence sur la position des premiers Chrétiens, et sur la méthode des Pères dans leurs écrits.

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