LETTRES FORMEES
sacrées, mmisteria sacra^ et que l'on chanterait pendant la célébration des saints mystères, intra actionem sacerdotisy le trisagion Sanctus, &anctus^ sanctus Dominus. Mais Tordonnance la plu& remarquable entre celles que la tradition romaine lui attribue, est le décret qui concerne les lettres de communion et de recommandation, appelées lettres for^ méesj formatée. Hic constituit ut quicumque episcoporum evocatus fuisset ad sedem apostolicam, et rediens ad paro^ chiam (diœcesim) suam, non susciperetur^ nisi cum litteris sedis apotolicœ salutationù plebi^ quœ est formata. Ainsi s'exprime le Liber Pontificalis. Le sens naturel de ces paroles est que les papes dès lors mandaient à Rome les évêques, lorsqu'ils en avaient quelques raisons, et que, pour rentrer dans leur diocèse et reprendre leurs fonctions, ces évêques mandés devaient présenter des lettres du siège apostolique en preuve de leur communion avec l'Église romaine, et aussi de leur justification, s'ils avaient été accusés. Cette ordonnance ne concerne que l'exercice de la juridiction des papes, pour en assurer l'effet; mais, au second siècle et dès le temps des apôtres, les Chrétiens ne voyageaient point sans prendre de leur Église, ce qui s'entend toujours de l'évêque principalement, des lettres de communion, communicatoriœ, canonicœ, ecclesiasticœ, sans lesquelles ils ne pouvaient être admis aux saints mystères, et aussi des lettres de recommandation, commendatitiœ, au moyen desquelles ils obtenaient l'hospitalité, l'appui et les secours dont ils pouvaient avoir besoin. Ces lettres étaient plus rigoureusement nécessaires aux ecclésiastiques, litterœ clericœ, s'ils s'éloignaient de leur propre Église. Lorsque l'Église eut plus de liberté, on prescrivit sans doute des formes plus déterminées, en régularisant toutes ces mesures; mais l'usage des lettres formées fut constamment . dans la société chrétienne, comme mesure de police intérieure, essentielle dans tous les temps : dans ce premier ûge surtout, où l'union était si vivante entre les Églises, cet usage naissait tout naturellement de la charité, en même
temps qu'il m resserrait plus étroitement les liens; il ne \ formait de Tunivers chrétien qu'une grande société unie par une même commui^ion sous le père commun, le pontife romain, selon la belle pensée (le saipt Optât ^.
6. Saint Télesphore succéda à saint Sixte. Sous ce pontificat, les Cl^rétiens respirèrent du oôté des Romains; mais ceux de Palestine souffrirent cruellement de la part des Juifs. Exaspérés de nouveau par la présence des étrangers et des idoles dans les sainte lieux, et séduits par un brigand bardi qui se faisait appeler le Fils de TÉtoile, Barçochébas, ces mÊ^lheureux osèrent encore lever Tétendard de la révolte, Les Chrétiens demeurèrent fidèles aux Romains, et ce fut pour le^ contraindre ou les punir que les rebelles leur firent souffrir les tortures et la mort. Près de six cent millp Juifs furent tués durant cette guerre» avec jBarcochébas leur chef, §ans pompter le nombre infini àe ceux qui périrent par le feu, la famine et les maladie^* La Judée fut rédùjte en solituçlp j Jérusalem r^sée une seconde fois, puis rebâtie autour du Calvaire, et repeuplée de nQUveau par une colonie romaine, cous Je nom d'iElia^ Capito- Mna, nom qu'elle conserva parmi les Gentils et dans les dctes publics jusqu'au cinquième siècle; les lieux les plus cbers aux Chrétiens, {e Qalvaire, le tombeau de Jésus- Christ et son berceauj se virent souillés par les statues d'infftmes divinités, qu'on y érigea, s^ns cesser pour cela d'être vénérés p^p les fidèles et célèbres même pour las Païens. L^s Juifs, [m contraire, même ceux qui avaiiept embrassé le Christianisme, furent b^nui^ de la nouvelle ville, sous peine de mort. Dans la suite, ils obtinrent it prix d'argent la triste consolation dp venir pleurer sur Iês ruines de l'ancienne Jérusalem, f^u jour anniversaire de cette dernière désolation.
Cet exil des Juifs pprta uu dernier eoup m% observanoes
1. Sur les lettres formées ^ voir Cabassut, de Ljtteris formants ^ se\k ca^W^ciSf MBc. îo, diss. Vil. — Duguet, Confér, ecclés., diss. XXIV. -— Bingham, I. U» c. iT, § Sjc. I6,§ 19; 1. V, c. (, g S. — Sadcarelli, an. 128, n. 5,e(c.