‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 54 sur 329 · MORT D'ADRIEN. ANTONIN LE PIEUX · texte numérisé non relu

MORT D'ADRIEN. ANTONIN LE PIEUX

légales; l'Église les avait tolérées dans les Juifs convertis, qui les pratiquaient sans les regarder comme obligatoires. Jttsque-là aussi tous les évêques de Jérusalem avaient été choisis dans les familles juives; mais pour la nouvelle ville, peuplée de Chrétiens gentils, il fallait bien prendre un cvêque parmi eux, et ce fut saint Marc, le seizième dans l'ordre des évêques de Jérusalem^.

H faut rapporter à cette réédification de Jérusalem la conversion d'Aquila, qui semble avoir été employé à la direction des travaux. Touché des miracles opérés par les Chrétiens, il reçut le baptême; puis, se voyant exclu des assemblées pour n'avoir pas voulu renoncer aux vanités de l'astrologie judiciaire, il embrassa le Judaïsme. Il fit des livres saints une traduction grecque littérale que les Juifs, et saint Jérôme lui-même, appelaient V exacte par excellence, et à laquelle toutefois le même Père et saint Épiphane ont reproché d'affaiblir les passages qui concernent Jésus-Christ.

Adrien survécut peu à Thumiliation des Juifs. Il mourut misérablement et détesté (438). Le sénat ne fit grâce à sa mémoire que par égard pour Antonin, son fils adoptif et son successeur. Antonin porta sur le trône des Césars le caractère le plus parfait peut-être qui soit sorti de la société païenne. Ses vertus morales et ses belles qualités le rendirent cher aux Romains et vénérable aux étrangers et aux l'ois barbares eux-mêmes; qui le choisirent plus d'une fois pour arbitre de leurs différends. Antonin rappelle saint I^uis, moins la bravoure militaire et la chasteté, contre laquelle il commit de grands crimes, selon le témoignage de Marc-Aurèle lui-même, qui ajoute qu'il s'en était bientôt retiré. On lui reproche encore d'avoir aimé les comédiens et les histrions. C'était là comme le cachet du Paganisme sur Fun des plus beaux naturels dont oarle Thistoire profane.

i* Sar les différents états du siège épiscopal de Jérusalem , yoy. Duguet,

«J'tt.LIX.

7. Le pape saint Télesphore mourut en cette même année, d'après Eusèbe, et par un très-glorieux martyre, au rapport de saint Irénée. Il est dit dans le Liber Pontificalis: V qu'il établit le jeûne de sept semaines avant Pâques, c'est-à-dire qu'il renouvela par son ordonnance l'institulion apostolique du Carême, négligée peut-être en quelques jeux, à cause des persécutions, ou, si l'on veut en croire la décrétale apocryphe qu'on lui attribue, qu'il ajouta au carême apostolique de six semaines pour tous les fidèles, une septième semaine pour les ecclésiastiques; 2* qu'il ordonna de célébrer, dans la nuit de Noël, la messe, qu'on ne devait pas commencer les autres jours avant l'heure de tierce (ou neuf heures du matin); 3® qu*il fit chanter, avant le sacrifice, l'hymne angélique Gloria in excelsis. D'après le même Livre Pontifical, saint Télesphore menait la vie anachorétique avant d'être pape, ex anachorète.

Son successeur, saint Hygin, avait commencé par la philosophie, ex philosopho. Ce fut durant son pontificat que Phlégon termina ses seize livres des Olympiades, dont il ne reste guère que des fragments. Eusèbe nous a conservé celui où il rendait témoignage aux ténèbres et au tremblement de terre arrivés à la mort de Jésus-Christ. Saint Hygin ne gouverna l'Église que quatre ans, et mérita le titre de martyr que lui donne le Martyrologe romain, soit par le genre de sa mort, soit seulement parce qu'il souffrit pour la foi. Clerum compomii, dit \q Liber Pontificalis^ et distribuit gradus; ce qui ne peut s'entendre de la hiérarchie ecclésiastique, évidemment d'institution apostolique et divine, mais d'une organisation locale du clergé romain. Ciaconius* et d'autres auteurs rapportent à cette ordonnance l'origine des cardinaux, quant aux fonctions du moins, sinon quant au nom. Et même ce nom étant alors en usage dans l'ordre civil, et donné par distinction aux présidents (ou gouverneurs) de l'Asie, rien n'empêche

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