‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 55 sur 329 · I . Voy. Ciaconius, m Vita Hygini · texte numérisé non relu

I . Voy. Ciaconius, m Vita Hygini

que déjà on en ail décoré ceux d'entre les clercs que l'ordonnance du pape Hygin élevait au-dessus des autres. Du reste, ce terme deviendra fréquent dans l'histoire ecclésiastique pour désigner en général les titulaires d'une église.

Saint Pie fut appelé au gouvernement de l'Église après saint Hygin (142).

1. Taudis que l'Église étendait de plus en plus ses conquêtes, durant le règne pacifique d'Antonin; le Gnostir cisme marchar lui -même d'un pas plus rapide dans la voie d'erreur où il s'était engagé. Il atteignit son apogée dans les systèmes de Valentin et de Marcion, principalement sous les pontificats de saint Pie et de saint Anicet^.

Valentin, que l'on croit Égyptien, étudia à Alexandrie et s'adonna à la philosophie de Platon. Il avait convoité l'épiscopat, qu'il croyait dû à ses hautes qualités, relevées par son éloquence; et son ambition trompée le jeta dans les fables gnostiques. 11 dogmatisa en Egypte, puis à l^ome, où il fut retranché de la communion des fidèles comme opiniâtre, et enfin dans l'île de Chypre, où il acheva de se corrompre. Il mourut sous le pape saint Anicet, ainsi que nous l'apprenons de saint Irénée. Pour bâtir son système, Valentin remonta aux sources de la gnose, emprunta surtout à la théogonie d'Hésiode l'idée de la génération des dieux, et à Platon la manière philosophique de construire sa propre. théogonie. Il s'efforça en même temps de l'accommoder aux dogmes chrétiens, et aux paroles des saintes Écritures, qu'il citait fréquemmeut. Ce fut avec ce plan de travail qu'il reprit en sous-

!• Sur Valentin et Marcion, voir lea auteora indiqués plus haut (III, 5), saint JttUn, gaiat Iréitée, Tertullien, et les autres Pères contemporains.

lùù LEÇON XVI. SAINT PIE I. AN 138-150.

ouvre toute la théçrie gnostique, h laquelle il dopna son dernier développement.

Trente éons, selon Valentin, forment la plénitude de la Divinité, ou le Pférome. lia se divisent en trois séries, de huit, de dix et de douze. L'éon suprême, Bytho^ ou l'Abîme, est demeuré des siècles infinis avec le Silence, Sigè, ou la Pensée. Ils ont produit Hntelligence, ffom» la Fils unique, Monogenès, et la Vérité, Alèthéia; de ceux-ci sont nés la Parole, Logos, et la Vie, Zoè, qui ont enfanté l'Homme, Anthropos, et l'Église, JSkklésia. Telle est la première série, ou l'Ogdoade, composée de deux tétrades qui sont une imitation du quaterne sacré de Pythagore. La deuxième série, de dix éons, ou la Décade, émane de la Parole et de la Vie, et la troisième, celle de douze éons, la Dodécade, naît de Y Homme et de V Église, On trouve, dans cette troisième série, le Paradet, la Foi, X Espérance, la Charité ou l'Amour, et la Sagesse. Nous ne donnerons pas la nomenclature complète des deux dernières séries : il nous suffira de faire remarquer que les trente éons nous présentent quinze couples, et procèdent par syzygies, ou deux à deux. Valentin prétendait que le Sauveur n'avait vécu que trente ans, à cause des trente éons, et il en retrouvait le nombre mystérieux dans la parabole des ouvriers envoyés à la vigne du père de famille à différentes heures, dont la somme donne trente. Il les voyait encore dans ces paroles de rÉpitre aux Éphésieus : In omnes generationes sœculi sœculorum^.

2. C'était là le monde supérieur et divin de Valentin. Son imagination est plus féconde encore et plus étrange dans sa manière d'expliquer l'origine du monde inférieur, de la matière et du mal. Voici comment il l'entendait ; La Sagesse, Sopkia, le dernier des éons, et partant le plus imparfait, désirant voir Téon suprême, d'autant plus vivement qu'elle en était plus éloignée, fit un effort qui l'eût

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