‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 58 sur 329 · MARC-AURÈLB. IV* PERSÉCUTION · texte numérisé non relu

MARC-AURÈLB. IV* PERSÉCUTION

prince. En mourant (161), il laissa l'empire à Marc-Aurèle, son gendre et son fils adoptif. Lucius Vérus, autre fils adoptif d'Antonin, ne fit que relever, par le contraste de ses vices, les grandes qualités de Marc-Aurèle, qui se Tétait associé; il mourut après dix ans perdus dans la mollesse et les plaisirs. La haine des populations avait été comprimée; le nouveau règne les ranima. Les prêtres surtout et les philosophes osèrent tout espérer d'un empereur qui, dès l'enfance, s'était montré fervent pour toutes les pratiques de la superstition païenne, et qui vouait à la philosophie et aux philosophes une sorte de culte peu compatible quelquefois avec la dignité du sceptre impérial. Sous un tel prince, les ennemis de l'Église n'eurent pas besoin d'un édit particulier pour se jeter sur ses enfants. Le rescrit d'Antonin fut oublié, et l'on fit revivre les anciennes ordonnances qui proscrivaient les religions nouvelles, les associations et les assemblées. On ressuscita les vieilles calomnies sLbien réfutées; plus d'une fois même on essaya de les appuyer sur des aveux arrachés par la torture à la faiblesse des enfants ou des femmes au service des Chrétiens. Cette réaction sanglante couronna un grand nombre de victimes, dont plusieurs sont, attribuées au règne d'Antonin. Sans entrer dans ces questions de critique, nous signalerons seulement quelques noms : sainte Glicérie, qui souffrit à Héraclée, dans la Thrace, et sainte Félicité, avec ses sept fils, à Rome^ — Il est vraisemblable que le pape saint Anicet, porté comme martyr dans le Liber Pontificalù et le martyrologe romam, souffrit dès la première année de Marc-Aurèle et de la persécution (461). Nous lisons dans ce même Livre Pontifical qu' Anicet défendit aux clercs de laisser croître leurs cheveux, selon le précepte de saint Paul; ce qui s'entendrait, d'après une décrétale apocryphe,

t. Sur cette persécation, Yoir Tillemont, t. II, p. 330-361. — D. Ruinart, pour les actes authentiques de cette époque ; D. Lumper, t. U, sur les martyrs du deuxième siècle et leurs actes.

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