SUITE DE LA RELIGION
et notamment chez les Cinéens, descendants, de Jéthro, beau-père de Moïse. Cette famille, adoptée par les Israélites, y conserva les habitudes sévères des premiers âges, en habitant sous des tentes, hors des villes, et souvent dans les déserts et les rochers. L'un de ses chefs, nommé Jonadab, fils de Réchab, qui vivait sous Jéhu, roi d'Israël, près de neuf siècles avant Jésus-Christ, ajouta au régime primitif l'abstinence du vin, et fit de ses enfants et de ses disciples comme un ordre religieux voué aux principales observances du nazaréàt. Ils furent toujours vénérés des Juifs sous le nom de Réchabites. Ils furent même très-probablement admis par privilège au service du temple, et durèrent ainsi jusqu'à la captivité. Rentrés dans Jérusalem avec les autres captifs, ils paraissent n'avoir plus formé dès lors un ordre à part, ou du moins il n'en est plus fait mention. Soumis dès cette époque à la domination des Perses, puis à celle des Grecs, les Juifs se partagèrent comme en deux classes: les uns se relâchant sous l'influence des Gentils et dans le commerce continuel qu'ils avaient* avec les étrangers ; les autres, en plus petit nombre, s' animant d'un nouveau zèle pour la loi. Ces vrais et pieux observateurs de la loi, prise dan^ son esprit comme dans sa lettre, reçurent le nom d^Assidéens (les justes), et se joignirent naturellement au père des Machabées et à ses enfents pour soutenir le culte du vrai Dieu contre les rites des Gentils^.
6. Telle fut la tradition et comme la continuation des pratiques les plus parfaites renfermées dans l'esprit autant que dans la lettre de la loi. Mais au-dessus de tous il faut mettre les prophètes, qui se montrèrent, dans leur vie comme dans leurs discours, les hommes les plus austères et les plus séparés du monde qu'il y ait eu dans le peuple de Dieu. Ils furent, par leur pauvreté, leur solitude, leur
^ . Voy. Bible d'Ayignoo, Ditsert, sur les RéchabiteSf t. X, p. 46. — Bergier» T. Réchabites et Àsiidéenw.
6 LEÇON II. VÈQLIÉB AVANT 3ÉSUS-CHRIST.
régime sévère et leur contemplation, les anachorètes de r Ancien Testament; il en furent aussi les cénobites^ et cette idée noQS amène à parler des écoles^.
LEÇON n-
1 . Avant Mûifse, renseignement de la doctrine et de la loi de Pieu n'était que la tradition orale, dont chaque famille formait une ligne, un canal, sous l'autorité paternelle. SouQ la loi écrite, les prêtres étaient chargés d'instruire le peuplé, soit dans le tabernacle ou le temple et les grandes assemblées, soit dans leurs maisons. Toutes leurs instructions consistaient à lire et expliquer les livres de la loi, et h résoudre les difficultés, qui devaient toutes leur être soui mises, I^es pères instruisaient à la maison leurs femmes et leurs enfants. Enfin les chefs du peuple, depuis Moïse jusqu'h Samuel, étaient à la tête de ce grai^d enseignement*. On voit par intervalles, parmi c^s ynaitres, des hommes suscités et inspirés de fiieu. Les rois leur succèdent dans ie gouvernement civil, et les prophètes, renfermés dans 00 que leur mission avait eu de plus sacré» se tinrent plus h Técart et fondèrent les premières écoles. Ces écoles n'étaient que des communautés composées du prophète lui-même et de se3 disciples qu'il préparait h la grâce de la prophétie et au ministère dont elle investissait ceux qui en étaient doués. Nous les appellerions des séminaires où les enfants^ et les jeunes gens bien disposés se préparaient par l'étude de la religion, par la prière et la solitude, au ministère pro^ phétique. On voit ces communautés exister sous Samuel, et depuis jusqu'à Malachie, quoique l'Écriture n'en parle pas tojijours.