‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 7 sur 329 · TAT DES JUIFS. .ÉCOLES. SECTES JUIVES · texte numérisé non relu

TAT DES JUIFS. .ÉCOLES. SECTES JUIVES

L'enseignement, restreint chez les Hébreux à la connaissance de la loi , embrassait néanmoins tout ce qu'il importe le plus à un peuple de savoir, c'est-à-dire le» dogmes, la morale, ce qui concernait le culte de Dieu, les lois civiles et l'Histoire de ses ancêtres. Le livre de la Loi renfermait en effet la théologie des Hébreux, leur rituel, leur droit public et civil et leur histoire. Cet enseignement se donnait par voie d'autorité, régulièrement par les prêtres qui en étaient chargés d'office, et par les prophètes, dont la mission extraordinaire s'appuyait principalement sur leurs miracles. Leur autorité dominait tout et tenait tout en respect. — Il n'en fut plus ainsi après la captivité. Quoiqu'il y eût encore quelques hommes inspirés, le ministère prophétique avait cessé pour le peuple. Les docteurs particuliers s'élevèrent alors avec plus de liberté ; les disputes commencèrent, et avec elles les divisions. Comme la loi, objet de toutes les études, en était l'unique sujet, on se partagea sur la manière d'interpréter les Écritures. De là s'ensuivirent de graves divergences dans les enseignements particuliers et dans les pratiques de la religion ; et de ces divergences naquirent les écoles, les sectes, en un mot les hérésies*.

2. La principale des sectes juives nées à cette époque fut celle des Pharisiens. Ils se montraient attachés à la loi écrite, mais ils étaient surtout grands zélateurs d'une loi orale qu'ils faisaient également remonter à Moïse. Ils tiraient de celle-ci l'interprétation des Écritures, c'est-à-dire leur vrai sens caché sous Fécorce de la lettre, et de plus une foule de rites et de pratiques qu'ils y ajoutaient. Ils conservaient la vraie religion et la défiguraient en même temps par ces pratiques superstitieuses. L'orthodoxie dont ils faisaient parade, et qu'ils avaient soin de relever encore par une grande austérité de mœurs, les faisait régner sur

1 . Sur le« études et les écoles des Juifs, voir Biblp d'AT|gnon, Diasert, sur les Écoles des Hébreux, t. VIII, p. 18.

8 LEÇON II. L*I§GLISE AVA^îT JÉSUS-CHRIST,*

lamultitude; leur parti formait le gros de la nation. Il est vraisemblable que les premiers Pharisiens furent animés d'une -vraie piété, qu'ils méritèrent d'abord le nom d'Assidéens, et se laissèrent aller avec le temps à cet orgueil qui en fit les plus vains et les plus hypocrites des hommes.. — Les Saducéens ne tardèrent pas à s'élever contre la morgue et les prétentions des Pharisiens. Ils affectèrent de s'en tenir à la lettre de la loi, pour se soustraire à toute autorité qui prétendrait l'expliquer. Ils niaient la spiritualité et l'immortalité de l'âme, accordaient tout à la puissance de la raison et du libre arbitre. Épicuriens en pratique, les Saducéens étaient les esprits forts, les rationalistes de leur temps, et se soutenaient par la faveur des grands et des riches, dont ils flattaient les passions. — Une secte plus austère encore que les Pharisiens était celle des JSsséniens, dont l'origine et les commencements sont obscurs. Ils vivaient en communauté, menant une vie simple et frugale, loin des villes et dans une grande application à la méditation de la loi et à la prière. Ils méprisaient les plaisirs et les richesses et mettaient leurs biens en commun. Ils gardaient la continence, n'ayant point de femmes avec eux, et ne se soutenaient qu'en élevant des enfants qu'ils se procuraient du dehors; ils recevaient aussi des prosélytes qu'ils éprouvaient durant trois ans avant de les recevoir parmi eux. Il y en avait toutefois qui usaient du mariage et formaient une société particulière. Après avoir fait subir à leurs femmes une sorte de noviciat également de trois ans, ils vivaient avec elles avec beaucoup de réserve et de modération. Les Esséniens se livraient surtout à l'agriculture, se rendaient les uns aux autres les services ordinaires, et n'avaient parmi eux ni esclaves ni même de domestiques. Ils exerçaient l'hospitalité, ^i évitaient toutefois de se mêler avec les autres hommes, de crainte dé se souiller dans leur commerce. C'était pour cette raison qu'ils se dispensaient même d'aller au temple de Jérusalem, se contentant d'y envoyer leurs offrandes. Ils gardaient toutefois le sabbat et les autres observances

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