‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 66 sur 329 · MONTANISTES · texte numérisé non relu

MONTANISTES

virginité au détriment du mariage, pur le mépris au moins apparent du martyre et de la mort, par le refus de la pénitence au repentir, par Torgueil insolent avec lequel ils sq regardaient comme une race privilégiée, les seuls spirituels et parfaits, enfin par leurs visions et leurs extases qui rappelaient quelque chose des* opérations théurgiques des Gnostiques; si^ disons-nous, ils se rattachaient à la gnose par tant de fils, c'était moins de leur part une adhésion formelle qu'un effet des circonstances. Loin d'adopter positivement le Gnosticisme, les Montanistes l'ont combattu plus d'une fois avec un zèle tout catholique; mais, au deuxième siècle, les erreurs gnostiques dominaient partout et remplissaient en quelque sorte l'atmosphère intellectuelle dans laquelle vivent les esprits. Quiconque s'éloignait de l'air vital qui ne circule que dans le sein de l'Église respirait inévitablement cet air empoisonné; bon gré, mal gré, et tout en repoussant les erreurs gnostiques for^ mulées, il s'imprégnait de son esprit et le reproduisait sous la forme d'un semi-Gnosticisme. Ainsi nous verrons plus tard les semi-Ariens, les semi-Pélagiens, les; serai-Calvinistes. Ainsi furent, £^u deuxième siècle, les Montaniste^,— » Ces sectaires, subissant la loi générale, ne tardèrent pas h se diviser en plusieurs sectes qui ont laissé peu (}e traces.

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!. Ces troubles intérieurs n'empochaient pokit la persécution de continuer au dehors avec tous les incidents variés d'une persécution locale. Le pape saint Soter mpurut dans l'intervalle, vers l'an 114, et quoique les anciens ne parlent pas du genre de sa mort, le Martyrologe romain le porte comme martyr. D'après le Liber Pontificalis, il défendit aux religieuses, monacha, de toucher les pâlies sacrées et de brûler de l'encens dans l'église. Il s'illustra par sa cha-

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rite h secourir les églises pauvres et les Chrétiens souffrants, ainsi que nous l'avons dit d'après le beau témoignage que lui rend saint Denys de Corinthe, à qui il avait écrit une lettre qui est perdue. — Saint Éleuthère lui succéda.

Cependant un événement força Marc-Aurèle et les peuples à se montrer moins hostiles envers les Chrétiens. Ce prince, surpris au pays des Quades, et fermé dans les montagnes par les Barbares (174), allait périr avec ses légions sans une pluie bienfaisante qui vint tout à coup désaltérer les Romains mourant de soif et de chaleur. Profitant du désordre, les ennemis fondirent sur eux; mais à la pluie vinrent se mêler des foudres et des feux qui, tombant sur les Barbares, les repoussèrent et les forcèrent à réclamer la clémence de l'empereur. Le fait de cette protection visible et surnaturelle à laquelle les Romains durent leur salut et leur victoire est incontestable : les Païens et les Chrétiens lui rendirent également témoignage. Mais ils se partagèrent sur la cause même de l'événement. Les Païens, qui ne pouvaient, à aucun prix, consentir à en faire hommage au Dieu des Chrétiens, osèrent l'attribuer, les uns à quelque magicien, d'autres, les courtisans sans doute; à Marc-Aurèle lui-môme; le plus grand nombre à Jupiter Pluvieux, qu'ils représentèrent versant une pluie bienfaisante sur les Romains et foudroyant les Barbares. Pour les Chrétiens, il furent unanimes à y reconnaître la main de Dieu et l'effet des prières des soldats chrétiens. Tertullien, trente ans seulement après l'événement, ne craignit pas d'attester dans son Apologie, c'est-à-dire en face des païens intéressés à le démentir, que Marc-Aurèle, écrivant au sénat, n'avait pu se défendre de rendre luimême hommage à la vérité, en attribuant le prodige, au moins d'une manière douteuse, aux prières des Chrétiens : Christtanorum forte milittan precationibus impetrato tmbre^. Une autre preuve, c'est que le même Marc-Aurèle

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