‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 69 sur 329 · SAINT IRÉNÉE. SES ÉCRITS · texte numérisé non relu

SAINT IRÉNÉE. SES ÉCRITS

lustre maître, les détails qu'il en raconte, montrent avec quel soin il Tétudiait, et avec quel respect il avait recueilli et conservé dans sa mémoire les paroles, le maintien, enfin jusqu'aux moindres circonstances de la vie du saint vieillard, et à plus forte raison ses enseignements. Polycarpe les avait lui-même recueillis, et avec plus de respect encore de | la bouche même de saint Jean. Le jeune Irénée se rendit j habile aussi dans la connaissance des poètes et des philo- ^ sophes profanes, et, par eux, dans celle de la théologie païenne : Omnium doctrinarum curiosissimus explorafor^: Il 1 fallait bien connaître alors les sources de toutes les erreurs que ridolâtrie, la philosophie et Fhérésîe opposaient à la doctrine apostolique. Lorsqu'il se trouva en état de travailler utilement pour TÉglise, il fut envoyé à Lyon pour y fortifier la colonie asiatique qui déjà s'était rendue, sous la conduite de saint Pothin, dans cette métropole de la Gaule celtique pour la convertir. Nous avons vu la ferveur et les illustres combats de cette chrétienté sous Maro-Aurèle. Après la mort glorieuse de saint Pothin, qui en fut le premier évêque, tous les suffrages se portèrent sur le prêtre Irénée, que sa science et ses vertus distinguaient audessus de tous ses frères. Il acheva en peu de temps, dit saint Grégoire de Tours, la conversion des habitants de Lyon, et forma des hommes apostoliques qu'il envoya fonder de nouvelles églises. Ce fut ainsi que les saints Ferréol, prêtre, et Fergeux, diacre, reçurent leur mission pour Besançon, métropole de la Séquanie, qui les honore comme ses apôtres, et que saint Félix, prêtre, se rendit à Valence (en Dauphiné) avec deux diacres, les saints Fortunat et Achillée. Il est très-probable que saint Ferréol et saint Félix, les chefs de ces deux missions, reçurent alors le caractère épiscopal. C'était l'usage des apôtres; et d'ailleurs les diacres, dans ces premiers siècles, accompagnaient non de simples prêtres, mais les évêques.

i« Tertull., Adv, Valent *f cap. t.

150 LÎBÇON XXi. SAINT ÉliEUtHÈRB. AK 174-186.

2. Le zèle de saint Irénée ne se renferma point exclusivement dans les travaux apostoliques. Il prit la plume contre toutes les erreurs de son temps, et attaqua Thérésie dans sa base ttiême et datts son principe. Il le fit surtout dans son immortel ouvr&ge contre les hét'ésieâ, Adverm Bœreses, dont il paraît que lé titre primitif était celui-ci : Detectio et eversio falào cognofninata agnitioriù; titi'e qui montre qtie saint Irénée ne voyait dans les mille sectes gnostiques qu'une immense et unique secte, dont toutes les autres n'étaient qtie des ramifications. Il composa cet écrit, pressé par un ami considérable à qui il le dédia, et plus encore par Sort zèle pour TÉglise et pour son troupeau que les Marcosiens menaçaient alors. Il l'écrivit en grec, sa langue maternelle; mais tiouâ n'avons plus de ce texte original que quelques fragments conservés par Eusèbe. L'ouvrage qui nous est parvenu n'est doiic qu'une traduction latine trop imparfaite pour être de saint Irénée lui-même ^ mais faite probablement de son vivant, h l'usage de son peuple et des églises des Gaules. La question la plus importante concerné son authenticité; et assurément il fallait qu'elle fût appuyée sur une grande surabondance de preuves et de témoignages pour imposer silence aux Protestants, malgré le besoin immense qu'ils avaient de la contestera L'évêque catholique y expose en effet la règle de la foi, et y traite la matière de TÉglise de manière à ruiner sans ressource les principes de la réforme du seizième siècle et de toutes les hérésies possibles. Pour bien apprécier cette importante argumentation de saint Irénée, il faut embrasser d'un coup d'œil les cinq livres dans lesquels il a divisé son traité, et en saisir l'ensemble et l'esprit. Le premier livre est consacré à l'exposition des hérésies gnostiques, toutes récapi-

il ' problAhb.

Vowrage de saini Irénée ùontîre les héréeièe eeUU mihvnitu^ f Pour la négative : Semler, dont les doutes ont été réfutés par Walchius. Pour Yaffirmaim : D. Lumper, t. III, p. 218. Walchius et çénéralemeat ioui les critiques.

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