Lib. I, cap, xxiii, n
pour la défense de la vérité. Nos lecteurs nous préviennent; cette réfutation première et finale est la tradition. Voilà, en effet, ce qui domine éminemment la pensée et toute la polémique du saint évêque de Lyon, la tradition, l'enseignement des églises ou plutôt de l'Église. C'est à cet enseignement contemporain, vivant, uniforme, qu'il en appelle constamment contre les Gnostiques; c'est dans cet enseignement, et dans lui seul, qu'il leur montre la doctrine apostolique transmise pas la succession des évoques dans chaque église. Mais nous devons un peu plus loin revenir sur la doctrine de saint Irénée; passons donc à ses autres écrits, dont il ne nous reste que quelques fragments :
3. !• Un discours contre les Grecs, ayant ce titre : de Sctentia, et qu'Eusèbe dit très-important, imprimis necessarium. C'était sans doute une attaque contre la religion et la philosophie des Gentils;
T Une lettre à Florin, prêtre de Rome, intitulée : de Monarchio, sive quod Deus non sit conditor malorvm. Elle était contre le système gnostique des deux principes, système adopté par ce Florin, que saint Irénée avait vu dans sa première jeunesse auprès de saint Polycarpe;
3<* Une démonstration de la prédication apostolique, ou plutôt des enseignements des apôtres et de leurs disciples. Ce titre ne permet pas de douter que le saint docteur n'ait recueilli dans ce traité les traditions et les enseignements des églises apostoliques, pour les opposer aux enseignements nouveaux et discordants des hérétiques. C'était son raisonnement dominant, et, en faisant de ce raisonnement la matière d'un traité spécial, il dut aborder plus explicitement l'argument de prescription auquel il conduisait. Il prépara l'immortel traité deTertullien, comme les premiers écrits des Pères contre les hérétiques avaient préparé le traité de la Tradition et de l'Église, de saint Irénée, contre ces mômes hérétiques. C'est un beau spectacle que la marche de cette polémique, que Dieu seul pouvait conduire ainsi;