LEÇON XXI. BAIKT VICTOR. AN
tîonalis et hnmana esset. Cette ordonnance était provoquée surtout par les abstinences outrées et superstitieuses desEncratites et des Montanistes. Ce saint pape eut pour succès* seur un Africain, saint Victor, qui l»e rendit célèbre dans l'affaire des Asiatiques.
5. La question de la Pâque^ dont nous avons àttivi le mouvement (XVII, 1 ), ne cessait de marcher, et la coutume des églises d'Asie devenait de plus en plus abusive. A mesure qu'en vieillissant elle semblait acquérir l'autorité de la prescription et s'éloigner davantage du reste de l'Église pour le culte, les fêtes, les jeûnes, toutes choses réglées principalement sur le jour de la Pâque, celte coutume prenait une couleur de judaïsme et de schisme^ dont s'emparèrent alors les esprits rebelles. Notls avons vu le prêtre Blaste à Rome] il ne fut pas sans doute le premier, puisque lés deux prédécesseurs de Victor s'étaient crus obligés de retirer aux Asiatiques qui y résidaient la per* mission de suivre l'usage de leurs églises. Mais le parti montaniste, qui se formait alors au milieu de ces mêmes églises d'Asie, donna aux circonstances une nouvelle et plus haute gravité. Les Phrygiens ne manquèrent pas d'adopter la coutume asiatique sur la Pâque; il durent s'en prévaloir à la manière des sectaires et s'en faire une arme contre l'Église, romaine qui les avait condamnés. Ajoutons que les Asiatiques prétendaient alors ne suivre que l'Évangile et la règle de la foi, ce qui faisait ou paraissait faire, d'un point de discipline générale, une question de doctrine *•
Ce fut dans ces conjonctures que saint Victor prit les rênes du gouvernement de l'Église. Il comprit tout d'abord
i I. Sur cette question de la Pâque, voir Eusèbe, lib. V, cap. xxiii sq. — tabbe, ,1. I, p. 596, et Mans!, Concilior., t. !. —Le P. Thotaassîn, de Festis, et Diasert. in concilia diss. I. — Le p. Ne€i Aleundfé, bsc. So, dias. V, pi 847, éd. Venet., etc.
2, Voyez, pour ce dernier point de vue, M« Rorhbaoher, J^tst* tmiber^. d^ ri^fftMe, t. V, p. loi.