QUESTION DE LA PAQUE. LES ASIATIQUES
qu'il était temps de mettre fin à cet état de choses. Cependant, pour ne rien précipiter, il fit assembler des conciles, dans toutes les provinces ecclésiastiques, en Occident, et notamment dans les Gaules; en Orient, dans cette province d'Asie qui était le siège même de l'usage abusif; en Syrie, en Palestine, etc. Ces conciles se réunirent en effet; et, au temps d'Eusèbe, on voyait encore plusieurs lettres synodales écrites par ceux qui y présidèrent. Dans toutes ces lettres envoyées âu Pontife romain, les évéques s'accordaient à condamner la coutume incriminée : les Asiatiques seuls résistèrent. Polycarpe, évéque d'Éphèse, qui était à leur tète, répondit sur uti ton qui éloignait tout espoir de gagner des esprits retranchés fièrement dans les traditions apostoliques de leurs églises.
Victor avait réuni lui-même son concile. Il est probable qu'après avoir reçu les réponses des évêques, il le consulta de nouveau pour prendre une dernière détermination. Quoi qu'il en soit, il crtit que le temps des ménagements était passé, et prépara une sentence d'excommunication contre les Asiatiques : il les déclara, dans ses lettres, étrangers désormais à Tunité de l'Église : Ab unitate Ècclesicè prorsus alienos esse pronuntiat*. C*était le premier exemple d'une excommunication lancée sur des églises entières; et elle frappait entre autres Éphèse et Smyrne , sièges illustrés par les apôtres ou leurs disciples. Aussi les évêques en furent effrayés la plupart, et ils en écrivirent au pape, les uns avec force et véhémence, d'autres avec modération. Saint Irénée, à la tète des églises des Gaules, quibus prœerat*, fut du nombre de ces derniers. Il était d'accord avec le pape Victor au fond de la question, comme les autres évêques ; mais il s'intéressait, vivement aux Asiatiques, qu'il ne put voir, sans une profonde douleur, frappés d'un coup qui allait les séparer de l'Église. Il adressa