Yoy. ce long fragment dans Eusèbe, lib. Y, cap. xxyin
16S LEÇON XXII. SAîtiT VICTOR. AN 186-l«7.
qu'irrécusable en faveur de Tinspiration des saintes Écritures et de là règle de la tradition. — Secte de circonstance, les Théodoliens s'éteignirent promptement, ils ne se rattachent qu'indirectement au Gnosticisme; mais il n'en est pas ainsi de Praxéas.
â. Ce nouveau sectaire parut sous les papes Victor et Zéphyrin, et il fut d'abord quelque temps en prison pour la foi, ce qui le faisait regarder comme martyr et l'enfla d'orgueil. D'après saint Pacien, il se serait uni aux Mon* tanistes, puis il les aurait quittés et même combattus. Car Tertullien lui reproche d'être venu d'Asie à Rome, et d'avoir engagé le pape Victor à révoquer les lettres de communion qu'il avait expédiées aux Cataphryges, en l'éclairant sur la nouvelle prophétie. Après ce service rendu à l'Église, Praxéas osa lui-même professer Une erreur qui renversait entièrement le dogme de la Trinité. Il enseignait en effet que le Père était lé même que«Jésus-Christ, que par conséquent le Père s'était incarné dans le sein de la Vierge, qu*il avait souffert sur la croix, et était assis luimême à sa propre droite. De là les Praxéiens furent appelés Patripassiens ; et comme ils n'admettaient qu'une seule personne, celle du Père, à laquelle ils attribuaient tout ce qui est dit des deux autres, on les nomma aussi Monarchiques^ et depuis UNitÀltiÉS.
3. Le Montanîsme nous a présenté la transition de la gnose païennne à la forme purement chrétienne, pour la partie morale; Praxéas nous offre cette même transition sous le point de vue dogmatique. Il prit la gnose valenlinienne dans son aspect le plus philosophique, celui qui présente les êons comme de simples idées représentant les attributs de Dieu et comme les noms divers du même Être divin, ainsi que l'entendaient les Colorbasiens, pour la première tétrade*. Il transporta ce Gnosticisme allégorique dans la doctrine chrétienne, et, l'appliquant aux per-
1. On peut consulter la première édit., leç. XVII, 4, et XXI, t.
PRAXÉAS. LÈS UNITAIRES. 163
sonnes divines de la Trinité, il ne considéra plus ceS personnes que comme Texpression symbolique des attributs et des actes divins, que comme des noms différents donnés au Père considéré sous des points de vue divers. Mais d*où vint à Praxéas Tidéê gnostique? Peut-être du Montanisme, comme on en pourrait donner quelques raisons. Ce fut peut-être aussi tout simplement eii respirant Fair si contagieux alors du Gnôsticisine, et eii lui empruntant Terreur qui aura plu à son esprit. Cet emprunt fut d'autant plus facile, que les Vâleiitiniens eux-mêmes en étaient venus à attribuer lés souffrances à toute la Trinité, d'après saint Athanase^.
L'erreur de Praxéas ne blessait pas la foi dès fidèles dans l'endroit le plus sensible alors; circonstance qui explique ce que dit TertuIIîen, qu'elle fit, à son début, tnoins de sensation. Il fut facile à un homme qiii avait la réputation d'un confesseur de la foi, à un homme déclaré contre les Montanistes qu'il avait dénoncés, d'en imposer d'abord à force d* adresse et d'hypocrisie : Aliguandiu per hypocrisim subdoîa vivacitate latitavit^. L*erreur cependant fut découverte, puis condamnée par le successeui* du pape Victor, saint Zéphylrin. t^raxéas se rétracta par un écrit qui demeura dans les archives de l'Èèlise ; Manei chirographum apudPsychtcos{Catholicos) *, et on laissa en repos un homme de ce mérite, exinde silentium. Durant ce calme, Terreur s'insinua dans plusieurs esprits; elle reparut, et ce fut pour en arrêter les nouveaux progrès que TertuUien fit son grand ouvrage contre Praxéas, le premier traité théologique sur la Trinité.
4, La gnose païenne disparaissait comme philosophie, et le Christianisme, qui Tavait vaincue, s'avançait comme le restaurateur de la raison humaine et de la science; il montrait la véritable gnose dans son propre enseignement.
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