TertuU., Àdv, ProiS., Mp* u 3. Ibidem
Mais, pour bien comprendre ce mouvement qui renferme les origines du Mysticisme et de la philosophie chrétienne, nous devons le reprendre à son point de départ.
La doctrine de Jésus-Christ prêchée par les apôtres renfermait la solution de toutes les grandes questions que Tesprit humain avait en vain agitées jusque-là: elle faisait connaître aux hommes Dieu, la véritable origine du monde, et celle du mal, la rédemption et les règles de la vie. Cette doctrine était donc éminemment philosophique en ellemême; elle était la base même de la vraie philosophie. Elle n'était cependant pas une philosophie proprement dite, une philosophie scientifique et de raisonnement, mais un dogme enseigné avec autorité et imposé par la foi; ses preuves essentielles appartenaient à Tordre surnaturel; elles s'appuyaient sur des miracles et des prophéties. La raison, trop affaiblie, ne pouvait être relevée autrement; Dieu la remit aux éléments du catéchisme et la traita en père et en maître. Mais, nous le répétons, ces éléments renfermaient, avec les solutions premières et fondamentales, toute la philosophie. Une fois replacée sur des bases solides, la raison put méditer sur ces vérités-principes, et faire sortir de leur développement cette philosophie spéculative, morale et sociale, qui deviendra tout à la fois la science et la civilisation. Nous en voyons les premiers essais dans les explications que les apôtres et leurs disciples ajoutèrent à la parole divine en la prêchant au peuple. C'était un premier développement qui ressortait également de la nature de l'enseignement et de celle de la raison. Arrivés aux dernières années du second siècle, l'histoire nous révèle les institutions que l'Église a formées pour assurer et régulariser ce développement rationnel de la doctrine.