PREMIÈRES ÉCOLES CHRÉTIENNES
oublier un point capital, celui de renseignement. Ils ne manquèrent donc pas de pourvoir atout ce qui était nécessaire pour former des sujets capables de s'acquitter de cette fonction, et en même temps de gouverner les églises. Saint Paul, qui avait si bien préparé Timothée, lui recommande de choisir à son tour des hommes capables et de les former eux-mêmes à renseignement : Quœ audisti à me per multos testes, hœc commenda fidelibus hominibus qui idonei erunt et altos (focere^.Mosheim, qui a très-bien commenté ce texte, y voit avec raison l'origine apostolique des écoles épiscopales ^. Ce que faisait saint Paul, les autres apôtres le firent sans doute. Ils étaient naturellement entourés de disciples qu'ils instruisaient et préparaient au ministère de la parole et à Fadministration. Ces réunions étaient d'autant plus considérables, que l'Apôtre s'arrêtait davantage en un même lieu. C'est ainsi que la tradition nous parle des nombreux disciples de saint Jean à Éphèse, où il passa les dernières années de sa vie. Les évêques, successeurs des apôtres, et fixes dans chaque siège, ne manquèrent pas de donner à ces réunions des formes plus stables et d'en faire des écoles régulières. Saint Polycarpe forma un grand nombre d'hommes apostoliques et probablement dans sa maison épiscopale, ainsi que saint Irénée nous l'apprend de lui-même.
6. L'objet principal de ces écoles était, comme nous l'avons vu, de former des hommes à la prédication évangélique, des maîtres pour instruire les fidèles louchant le dogme et la règle des mœurs, et, en général , sur tout ce qui regarde la vie chrétienne. On y enseignait donc la doctrine d'une manière plus savante, plus forte, plus complète; on y expliquait les saintes Lettres et les règles du saint ministère; en un mot, on y enseignait la théologie, dont on faisait alors les premiers essais : ces écoles étaient des séminaires. On pense bien que cet enseignement n'était pas déterminé
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s. ConrnMia/nim de Bebua Christ. Primo sxculo, § 40» p. 130.
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rigourousement comme il le fut dan» la suito, et que ces écoles-séminaires pouvaient être également ouvertes h tous les fidèles désireux de s'instruire plus à fond de la religion. Eusèbe appelle l'école chrétienne d'Alexandrie fidelium schola^ Twv îrtoTûy âwTpi^ii; et il ajoute qu'une école des saintes Lettres, tô>v itpfnfj avait été établie dans Alexandrie dès les premiers temp§: Quippejam inde a priscis temporibust sacrarum Litterqrum scfiQla in c^ ç^vifate fuerut imti' tuta^. Eusèbe parle des dernières années du second 3iècle. Si cette école était déjà ancienne alors, elle repipntait infailliblement au premier; et «aint Jérôme l'attribue formellement à saint Marc.
Il y ^vait d'autre3 écoles pour les adultes qu'on préparait au baptême, et qu'on appelait catéchumènes. A ceux-ci on donnait les premiers éléments de la vie chrétienne, ot on les faisait passer par un enseignement progressif, jusqu'aux vérités fondamentales du symbole qui terminait, avec le Baptême, ce çpurs élémentaire. Le catéchuménat, qui existait évidemment au deuxième siècle, et qui remonte au premier, n'était qu'une école préparatoire, dite des Catéchèses^ ou élémentaires : Catechismwn suscipiunt^ 9^ sunt ex gentibus idiotcPf quiverbuvfi accipiunttn super fick\ confiée à l'un des prêtres formés dans l'école épiscopale*
Le but primitif de toutes ces écoles était uniquement religieux : elles n'avaient été établies que dans Tintérêt à^ rÈglise, pour lui former des ministres et lui préparer des enfants. Prise sous ce point de vue, l'instruction qu'on y donnait était purement théologique. Cependant il était nesoin de quelque chose de plus que la connaissance de la religion : il fallait apprendre k la défendre. Il feilait lui former des controversistes et des apologistes qui connussent les systèmes des hérétiques et des philosophes, et les fables du Paganisme. Le cercle des études dans les écoles n& tard^