‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 82 sur 329 · Ettseb., libé V^ cap. x, p · texte numérisé non relu

Ettseb., libé V^ cap. x, p

t« Glem. Alex. Sifom., lib. VI, § 1^, p. 799*

ÉCOLES D'AIiEXANDRIB. 167 1

pas, en effet, de s'agrandir, et nous voyons saint Irénée, instruit à l'école épiscopale de Smyrne, y devenir trèshabile dans la connaissance des systèmes gnostiques et de théologie païenne. Il y eut même des écoles plus spécialement consacrées à la controverse : du moins celle de saint Justin à Rome eut éminemment ce caractère. Or cette étude, qui préparait à la polémique, pour être religieuse «t chrétienne elle-môme dans soii but, ne lai^isait pas d'éire profane dans son ol^et. Elle conduisait h une érudition païenne en quelque 3orte, et k toutes les connaissances qui constituaient alors la philosophie proprement dite. Par ce côté, les études chrétiennes touchaient h celles des Gentils, et les docteurs de l'Église se trouvèrent eu contact avec les philosophes du dehors. Placés ainsi sur la même ligne, ils sentirent bien vite la faiblesse des raisonneurs et leur propra supériorité ; ils comprirent dès lors tous les avantages que le Christianisme retirerait de la science prisa dans tout son développement, tel qu'il existait eu leur tempsi (3t ils furent conduits tout naturellement à l'idée de former euxrmêmes des écoles publiques de philosophie.

Ces écoles scientifiques ne ressortant pas immédiatement de la constitution de l'Église, il fallait des circonstances particulières qui en provoquassent l'établissement. Ces circonstances étaient surtout l'existence d'écoles savantes et le mouvement intellectuel qu'elles ne manquent jamais de produire. L'école chrétienne s élevait naturellement en face, pour répondre à ce mouvement at même pour s'en emparer. Cela dut arriver en Syrie, dans la grande Antioche, qui avait accueilli tout d'apord la nouvelle philosophie grécoorientale après les conquêtes d'Alexandrie; ainsi que dan» la Grèce, dans Athènes surtout, au milieu des restes vivant» des anciennes écoles.

7. Mais nulle part le3 circonstances ne se rencontraient favorables comme dans Alexandrie. Nous l'avons dit (lU, 5)« cette ville immense voyait fleurir dans son sein toutes les écoles grecques et orientales, discuter tous les systèmes*

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cultiver toutes les sciences connues alors. Les idées, le^ opinions, les philosophies, y étaient toutes représentées, e un mouvement général d'études et de disputes emportai tous les esprits : Alexandrie était devenue comme le granc gymnase de l'esprit humain.

L'Église ne recula point devant ce mouvement; elle fil de cette seconde ville de Tempire l'un de ses principaux sièges épiscopaux, et l'école des catéchèses ou des catéchumènes ne tarda pas à y prendre des développement^ considérables. Dans cette cité peuplée de philosophes, dé maîtres et de disciples, les Chrétiens se présentèrent har^ diment, comme possédant, eux aussi, une doctrine philoJ sophique; et, vu la grande réserve que la loi du secret imposait à cet enseignement destiné aux non-initiés, comme on disait alors, il fut permis de convertir les catéchèses en école publique, où les Gentils pussent entendre développer, avec les preuves de la religion, les dogmes et la morale du Christianisme. Au milieu de la confusion des opinions et des systèmes, cette école ne pouvait manquer de faire une impression profonde, tant par sa nouveauté que par la supériorité de son enseignement si positif et si sage. Forte par elle-même et par la vérité dont elle était seule en possession, l'école chrétienne se fortifia encore par ses conquêtes. Elle attira les hommes les plus sérieux, les esprits les plus solides, et ceux-ci la servirent ensuite d'autant plus habilement, qu'ils étaient plus versés dans la connaissance de tous les systèmes de rancieone philosophie et de toutes les idées qui s'agitaient alors.

8. L'histoire contemporaine garde un trop grand silence sur ces origines de l'école chrétienne d'Alexandrie. Toutefois ce qu'elle en rapporte vers la fin du deuxième siècle et au commencement du troisième autorise toutes nos conjectures. Elle nous montre l'illustre samt Pantène à la tête de cette école, vers l'an 180. Il paraît avoir été engagé par sa naissance dans les erreurs du PaganismeS et Eusèbe

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