‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 84 sur 329 · Buièbe, Ub. Y, cap. s · texte numérisé non relu

Buièbe, Ub. Y, cap. s

f . Sar Clément d'Alexandrie et ses écrits ^ Toir Tillemont, t. III, p. 181. — D. Lnmper, t. IV et V, etc. (IX, 0* "" ^**" ^** mêmes sar saint Pantène. — U BieiUeare édition est celle d'Oxford, % toI. in-foL, par J. Potter, reproduite à Tenise (17&8).

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donna un nouvel éclat aux catéchèses déjà célèbres, et eu pour disciple Origène , qui devait les porter à Tapogée de leur gloire. En butte plus qu'aucun autre Chrétien à la persécution de Pempereur Sévère, Clément se retira en Asie. Une lettre de saint Alexandre, évêque de Jérusalem, nous le montre en Cappadoce vers Tan 210; et il est probable que ce grand homme alla terminer ses jours près de cet illustre ami, qui avait été son disciple. Quoique Ton ne sache pas l'époque précise de sa mort, elle arriva probablement peu après cette année 210, et certainement avant l'an 217 ^

La plupart des auteurs modernes, trompés pî^r le martyrologe d'Usuard, ont donné à Clément d'Alexandrie le titre de saint. D'après la b.uUe de Benoît XIV, du 1'' juin 1748, dans laquelle ce pape examine la cause de Clément et défend d'insérer son nom dans le Martyrologe romain, nous ne croyons pas qu'il soit permis désormais de lui donner ce titre; nous entendons dans le sens de la canonisation qui emporte le droit au culte rendu aux saints. Par l'époque de sa mort, Clément peut être revendiqué par le troisième siècle; mais il est bien certain qu'il appartient au deuxième par sa doctrine et ses écrits, qu'il composa dans les dernières années du deuxième siècle.

2. Génie orné, fécond et infatigable. Clément écrivit un grand nombre d'ouvrages et de dissertations sur les questions agitées de son temps, sur les livres saints, sur la vie chrétienne et la philosophie. Ainsi il composa de petits Traités sur la Pâque contre la coutume des Asiatiques, sur le jeûne, la continence et le mariage, dans lesquels il combattait sans doute les Encratites et les Montanistes; eur la médisance et la patience ; huit livres des Hypoty poses ou Instructions^ grand commentaire sur toute rÉcriture sainte, fort loué par Eusèbe et saint Jérôme, et coniamné^ comme re^fermaqt des impiétés, par PbptiuS; ^^

1. T07. TiHemont, t. III, p. 185, et D. Lumper, t. IV, p. 73.

CLËMÈN* D'AtiÉXANDÉIB. SES ÉCRITS. 171

n'a vu probablement qu'un autre ouvrage ayant le même titre, ou qu'un exemplaire gravement altéré^; enfin une petite dissertation sur cette question : Quel riche sera sauvé? — Outre ceë ouvrages dont il tie nous reste que quelques rares fràgmeiitÉi, eitceptê lé dernier opuscule qui liôus est parvenu, Clément composa les trois écrits dont nous allons parler et que la Providence tious à conservés. Ils forment entre eux un enseignement gradué qui nous révèle dans Fesprit de leur auteur un plan profond et régulier.

1® Exhortations aux Gentils : Cohoriatiù ad Gentiles ou Admonitio ad Grcecos. Clémetit y attaqué sans ménagement les fables du Paganisme et le culte des idoles. Il en découvre le ridicule, TabsUMité et l'infamie ; il met au grand jour les mystères païens et letit*â orgies; enfin il révèle sans pitié tout ce qui se passait de plus honteux dans là religion des Grecs et des Romains. La peinture qu'il en fait, intraduisible dans nos idiomes modernes, ne choquait ni les Païens qu'elle couvrait de confusioti, ni ses càtéchuiîlènes qui ne faisaient, la plupart, qUë de sortit* de la gentilité, dont ils avaient pratiqué le culte et contracté les habitudes. C'était une guerre à mort dans laquelle le Christianisme ne combattait plus qu'en foulant aux pieds, avec dégoût, les grossières erreurs qu'il était venu renverser.

2** Les trois livres du Pédagogue : Pœdagogus, Ils renferment dans le plus grand détail les règles de la vie commune, telle qu'elle devait être chez les Chrétiens. C'est un second pas que Clément fait faire à ses catéchumènes. Après leur avoir montré la fausseté des maximes et le dérèglement des habitudes qu'ils avaient reçues du Paganisme, il les rappelle, dans le Pédagogue^ â l'enfance spirituelle, comme s'ils recommençaient la vie, pour les introduire dans l'école de Jésus-Christ. Il leur montre d'abord l'excellence de ce Pédagogue divin qui est le Verbe de Dieu et la Sagesse incréée, et en même temps la simplicité et la

t. D. Cetlier, troisième siècle. — D. Lumper, t. IV, p. 12d.

candeur avec lesquelles ils doivent recevoir ses instructions salutaires. Ces considérations générales remplissent le premier livre. Clément consacre le livre suivant aux règles de détail sur le régime intérieur, sur la nourriture et le repos, sur Thabillement, sur le mariage et sur quelques autres points de la vie domestique. Il s'occupe davantage des rapports extérieurs et de la vie sociale dans le livre troisième et dernier. Et afin que ses catéchumènes ne soient pas tentés de regarder comme tristes et abjectes les habitudes simples et les mœurs austères qu'ils devaient substituer désormais au luxe et à la mollesse de leur vie passée, Clément insiste, dès le commencement de ce dernier livre, sur les idées que tous les Chrétiens devaient se former de la vraie beauté, des véritables richesses, enfin de tout ce que Ton doit appeler bien, félicité et grandeur. II posait ainsi les fondements de la morale chrétienne dans l'esprit de ses disciples. — Cet écrit est terminé par une hymne ou cantique d'actions de grâces, que BuUus croit être l'une des hymnes que chantaient déjà les premiers Chrétiens, ou du moins une hymne composée à leur imitation*. Cette dernière idée nous paraît la plus juste : en effet, la pièce qui suit le Pédagogue est entièrement adaptée à l'idée principale de cet ouvrage, et il est à croire qu'avant Clément, et ailleurs que dans Alexandrie, les catéchismes ou instructions faites aux catéchumènes se terminaient de même par un chant d'actions de grâces, dont celui du Pédagogue peut nous donner une idée.

3* Les Stromates. — Les livres du Pédagogue n'étaient que des éléments de morale, mais des éléments adressés à des hommes dont plusieurs avaient l'esprit cultivé par l'étude. Ils préparaient ces adultes au Baptême et à l'intelligence du symbole qui leur était communiqué alors. Mais, pour la morale comme pour les dogmes, la haute pensée

1. Bulltts, Defentio fidei Nicense^ sect. m, cap. ii, p. 189. — D. lamper, t. IV, p. 87.

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