‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 90 sur 329 · RESUME DU DEUXIEME SIECLE · texte numérisé non relu

RESUME DU DEUXIEME SIECLE

règnes furent heureux pour Fempire, sans commotion politique, ni guerre civile, ni aucun de ces événements qui ébranlent la paix intérieure ou troublent la sécurité publique. La gloire militaire, portée à son comble par les exploits de Trajan, fut soutenue par ceux de Marc-Aurèle; les vertus d'Antonin rendirent Tempire romain vénérable même aux nations étrangères, tandis que les lettres et la philosophie se virent cultivées par les empereurs euxmêmes. La religion à laquelle Rome croyait devoir tant de prospérité et de grandeur se vit, elle aussi, soutenue par le zèle et Texemple des princes; tellement que rien ne manquait humainement de tout ce qui pouvait assurer à TÉtat et au paganisme la gloire, la force et la stabilité^ Ainsi Dieu voulait prouver avec évidence que le Christianisme ne serait redevable de sa victoire ni à l'épée des Barbares ni à la décadence de l'empire; car ce fut dans ce même siècle que l'Église commença à développer ses forces, et se montra avec une consistance qui est demeurée inébranlable. Toujours persécutée, mais ouvertement par Trajan; et plus tard sous Marc-Aurèle, l'Église se vit attaquée à Tintérieur par le double Gnosticisme de Syrie et d'Alexandrie, par Saturnin et Basilide, et par Valentm, qui marque l'apogée de celte hérésie plus païenne jusqu'alors que chrétienne. Elle continua depuis, c'est-à-dire durant la seconde moitié du siècle, à perdre ses éléments grossiers avec ses éons, par Marcion, Tatien, Bardesanes, enfin par Montan et

<>nIonné d'accorder la pénitence aux adultères. Ce décret alluma la bUe de Tertullien, alors fougueux Montaniste, et il la vomit tout entière contre le pape et ^ Catholiques. Il nie que l'Église ait le pouvoir de remettre les péchés, puis il le ■appose en accusant le chef des Catholiques d'en abuser. Il termine enfin ^ar avouer haotement ce pouvoir ; mais il était passé de l'Église de Pierre, l'Église arriérée do pape et des étèques, dans l'Église des Spirituels ou des Montanistes. C'est le génie en déUre.

Tel est le catalogue complet des écrits de TertulUen. Nous y trouvons le résumé de toute la théologie du deuxième siècle et le point de départ de la théologie du âèele suivant, auquel TertuUien sert de transition.

i> Yoy. Esiai sur l'époque de l'histoire romaine la plue heureuse pour le genre humain, par Hegerwiscb, U'aduit de l'aUemand par Solvet.

BLAKC. I. il

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Praxéas, qui les firent disparaître : le Gnosticisme acheva, sous leurs mains et probablement à leur insu, de se transformer en hérésie chrétienne sous le double point de vue dogmatique et moral. Devenu subtil et dangereux pour les fidèles, à mesure qu'il dépouillait ses vieilles formes, le Gnosticisme força les Pères à le combattre plus sérieusement. Saint Irénée poussa cette polémique, exposa nettement la règle de foi dans les Écritures et la tradition, et donna, avec les notes de la véritable Église, le moyen de distinguer l'Église apostolique de tant de sectes qui osaient s'attribuer cette prérogative. — Ceux du dehors, les païens, qtii ne connaissaient point cette distinction, mettaient sur le compte des Catholiques les infamies qui souillaient la plupart des réunions gnostiques; et ce fut surtout pour réfuter ces calomnies et toutes celles que la haine put inventer, que les Pères prirent encore la plume. Saint Justin, Athénagore et beaucoup d'autres défendirent leurs frères î^vec autant de générosité que d'éloquence; ils défendirent aussi le Gbristianisme en lui-même, et se plurent ^ relever l'éclat de sa sévérité et de sa sainteté par le contraste des erreurs grossières et des turpitudes du Paganisme. Leurs apologies, jointes au Traité de saint Irénée contre les hérésies, furent le premier essai de théologie cjogmatique.— Clément d'Alexandrie y ajouta la morale en traçant les règles chrétiennes de la vie commune. Il donna encore les principes de la vie spirituelle et mystique, et les premières formules de la philosophie chrétienne. Tertullien résuma, dans ses trente et un Traités ou opuscules, tous ces travaux du deuxième siècle, les Stromates exceptés; prépara une nouvelle période à la théologie, sanctionna de son témoi- ' gnage irrécusable toutes les demi-révélations faites jusque-là sur l'enseignement catholique, et y ajouta beaucoup de demi-révélations nouvelles , principalement sur l'intérieur de la société chrétienne. Cependant V^lglise marchait silencieuse, concentrant en elle-même tout ce qui concernait son gouvernement, ses délibérations, ses actes, en un mot,

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