IMd., cap. u
à raulorité universelle dont il est Texpression, un témoignage vraiment providentiel. Le pape saint Zéphyrin ayant ordonné, par un décret, qu'on accordât la réconciliation aux adultères pénitents, Tertullien le combattit dans un accès de fanatisme. Tout d'abord et dans son premier feu, il cite Fordonnance et qualifie son auteur de (c grand Pontife, c'est-à-dire, d'évcque des évêques : Pon- « tifex scilicct maxtmus, quodest episcopus episcoporum '.» Or, pour appeler ainsi le pape, il fallait que Tévêque de Rome exerçât effectivement une vraie primauté sur tous les évoques et sur toute l'Église, et que cette primauté fût reconnue, sous les titres de souverain Pontife, d'évéque des évêques, ou autres équivalents. C'est dans cette seule supposition que l'on comprend les expressions de Tertullien : elles sont dans sa bouche une manière ironique de relever avec affectation les titres du pape, pour rendre plus saillant l'abus de son autorité qu'il prétendait signaler, et y répandre en même temps, s'il était possible, un vernis de ridicule. « Cette raillerie, dit Fleury, eût été « sans fondement si ce pape n'eût été en effet regardé par « tous les catholiques comme le chef de la religion et le « pasteur des évêques mêmes ^ »
Mais le même écrit de Tertullien est lui-même tout entier un argument invincible en faveur de la primauté romaine au deuxième siècle. Constamment il combat l'auteur du décret en question comme le chef des Catholiques et le représentant de l'Église des Psychiques, de cette Église dont il oppose le grand nombre de fidèles au petit nombre des Montanistes :. Quasi non facilitis sit errare cum pluribus^ quando veritas cum paucis ametur^. Vers la fin de sa diatribe, il apostrophe son adversaire en le traitant A' apostolique , apostolice ; il lui reproche, entre autres