Parlez-nous des destinées de l'âme après la mort
Dans une vaste salle décorée de colonnes, on voit, assis sur son trône d'écaillé, Osiris, le souverain juge des actions humaines et le dieu qui règne aux enfers. Dans ce rôle, Osiris garde la figure humaine et porte pour attribut le fouet et le bâton recourbe ou pedum. Aux pieds de son trône est une table chargée d'offrandes. Devant la table, et l'œil fixé sur Osiris, dont elle attend l'arrêt, se tient la dévorante de l'enfer, sorte de diable égyptien formé avec des parties du crocodile, de l'hippopotame et du lion; inerte si le défunt doit prendre place parmi les élus, elle est prête à se jeter sur lui, si la condamnation est prononcée. A l'autre extrémité de la salle, le défunt est introduit par la
déesse Tmeï, la Thcmis des Grecs, personnification de la justice. Coiff"é du cône funéraire, le sein nu, les jambes recouvertes d'une tunique rattachée à l'épaule par une bandoulière, le mort lève les bras pour implorer la miséricorde du grand justicier, qui le fixe d'un œil scrutateur et impassible. La déesse qui l'accompagne porte en guise de tête une plume d'autruche, symbole de justice chez les Egyptiens. (Fig. lo.)
Au milieu de la salle, entre le juge suprême et le mort qui attend son arrêt, on voit la balance infernale (flont les plateaux pendent au bout de deux cordes ; sur l'un d'eux est le cœur du défunt, renfermé dans une urne et sur l'autre on retrouve la déesse Tmeï, la justice personnifiée. Au sommet de la balance est le cynocéphale assis, symbole d'équilibre et d'équité des jugements. Le mort voudrait bien faire pencher le plateau en sa faveur; mais Horus, le dieu à tête d'épervier. et Anubis, à tête de chacal, se tiennent debout sur la balance et vérifient, l'un le poids régulateur, l'autre la corde qui soutient le plateau du cœur. Quant ils ont pesé le cœur du mort, les deux divinités communiquent le résultat à Thoth, le dieu à tête d'ibis, scribe d'Osiris et secrétaire de la justice divine. Celui-ci inscrit le résultat sur une tablette qu'il va présenter au juge suprême pour prononcer en dernier ressort.
L'cquito du jugement ne peut être révoquée en doute par le mort, qui, avant le pèsement de son cœur, a dû faire sa confession et répondre aux questions que lui ont adressées les quarante-deux juges
LE JUGEMENT DE ô AME, EN PRESENCE D OSIRIS. (Fig 10)
que nous voyons placés en haut de la composition. Les méchants étaient condamnés à l'anéantissement; mais ils n'y arrivaientqu'après avoir subi divers châtiments, par exemple celui de voir leur âme passer dans le corps d'un animal immonde, comme le porc.
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Le juste, au contraire, arrivait aux régions célestes et était assimilé à Osiris, dont il portait les emblèmes.
Promenade du dimanche.
Les élèves désireux de connaître les monuments qui se rattachent à la religion et aux usages funèbres des Égyptiens iront dimanche au musée du Louvre. Les monuments sur lesquels on appelle leur attention sont :
Dans la galerie du rez-de-chaussée, ils trouveront la représentation des principales divinités égyptiennes soit en statues, soit sur les bas-reliefs qui décorent les sarcophages, et la très curieuse collection contenue dans la salle d'Apis où l'on voit, outre les images de cette divinité, un grand nombre d'objets se rattachant à son culte. Néanmoins, c'est surtout sur les salles du haut qu'ils devront porter leur attention. Les armoires vitrées renferment un très grand nombre de statuettes concernant Ammon, Osiris, Isis, Horus, Thoth, etc., groupées de façon qu'on voit ensemble tout ce qui se rapporte à la même divinité. Enfin, dans la salle funéraire on trouvera un grand nombre de boîtes à momies avec leurs décorations diverses, des scarabées et autres emblèmes funèbres extrêmement nombreux, des fragments de rituel où est représentée la scène du jugement de l'âme, etc., etc.
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llî. — ORGANISATION POLITIQUE ET USAGES CIVILS
I. Quelle était la forme du gouvernement dans l'ancienne Egypte?
— 2. Que faut-il entendre parla division du peuple en classes ?
— 3. Comment les impôts étaient-ils perçus eu Egypte ? — 4. Quelles étaient les fonctions des prêtres dans l'ancienne Egypte ? — 5. Quelles étaient les cérémonies religieuses des Egyptiens? — 6. Quelle était l'écriture employée par les anciens Egyptiens? — 7. Quelle était l'organisation militaire de l'ancienne Egy-pte ? — 8. Quelles sont les mœurs et coutumes des anciens Egyptiens ?
I. — Quelle était la forme du gouvernement dans l'ancienne Egypte ?
La fonne du gouvernement égj'ptien a toujours été une monarchie absolue, et ne semble pas avoir subi d'importantes modifications pendant les trois périodes qu'on est convenu d'appeler l'ancien Empire, le moyen Empire et le nouvel Empire. Placé au sommet de la hicrarchie sociale, le Pharaon, homme et dieu tout à la fois, exerce un pouvoir sans contrôle dont rien ne balance l'autorité souveraine. Des révolutions intérieures ou des guerres extérieures ont plusieurs fois changé la personne du monarque
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et substitué une dynastie à une autre, mais ces compétitions diverses ne paraissent pas avoir modifié la manière dont s'exerçait l'autorité souveraine. Chef du sacerdoce, en même temps que chef de l'armée et chef du peuple, le Pharaon offre aux dieux nationaux des sacrifices pour la prospérité de l'Egypte, et comme il est lui-même un de ces dieux, il en offre quelquefois à sa propre image et à son propre nom. Une hiérarchie savamment constituée, ayant pour auxiliaire une bureaucratie nombreuse, venait en aide au monarque pour les actes administratifs. Un gouverneur, auquel se rattachait toute une administration, s'occupait de la direction de chaque province et avait sous ses ordres des sous-gouverneurs dont chacun résidait dans un district particulier.
2. — Que faut-il entendre par la division du peuple en classes ?
La division du peuple en classes paraît avoir existé de tout temps en Egypte, mais les historiens grecs ont beaucoup exagéré l'importance et surtout les délimitations de ces classes, qui ne peuvent en aucune façon être assimilées aux castes de l'Inde. Non seulement un Égyptien pouvait passer d'une classe dans une autre, mais encore on voit des personnages appartenir à la fois au sacerdoce et à la classe des guerriers. Le plus souvent les fils héri-
talent du la fonction de leur père ou exerçaient la même profession; mais cet usage n'était aucunement ime règle absolue, et on voit fréquemment les personnages d'une même famille appartenir à une classe différente.
La classe sacerdotale jouissait de très grands privilèges ; non seulement les prêtres remplissaient les plus hautes fonctions, mais encore les meilleures terres appartenaient aux temples et elles étaient exemptes d'impôts. La classe des guerriers était aussi très richement dotée et le service militaire était considéré comme une distinction et un privilège. Ce fut quand les auxiliaires étrangers remplacèrent la milice nationale que la décadence arriva. En dehors de ces deux classes privilégiées, la population comprenait diverses corporations, comme les pasteurs, les marins du Nil, ou les gens de métier. Mais les auteurs grecs ne sont pas d'accord sur le nombre de classes dont elle était composée et on manque de renseignements sur leur organisation particulière.