LE COMPTE DES BESTIAU
(Fig. II.)
étaient tributaires des puissants rois d'Egypte. Les uns achetaient la protection du Pharaon auquel ils rendaient hommage en lui offrant des présents. Mais, beaucoup plus souvent, nous voyons sur les monuments la représentation des tributs imposés par la
force et nous pouvons nous faire par là une idée de ce qui dans ces temps éloignés constituait la richesse. C'est dans les peintures et les bas-reliefs des hypogées, qu'on peut voir le plus nettement la manière dont les impôts étaient perçus.
4. — Quelles étaient les fonctions des prêtres dans l'ancienne Egypte ?
Le sacerdoce égyptien représente avant tout la classe des lettrés, et les connaissances assez étendues qui étaient exigées des grands fonctionnaires montrent assez que l'hérédité n'a jamais pu avoir, dans cette classe, le caractère absolu qu'on lui a prêté. Le sacerdoce embrassait tous les rouages administratifs. Les titres que portent les fonctionnaires de l'État sont extrêmement variés. Aussi nous trouvons dans les inscriptions un Chef des pays méridionaux, un Gardien des canaux d'Aminon^ un Intendant des troupeaux, un Prêtre du taureau blanc, etc. Le service religieux proprement dit comprenait les prophètes, les purilicateurs, les simples prêtres, les desservants, etc.
Les prophètes égyptiens n'étaient pas, comme les prophètes juifs, des orateurs inspirés, mais des prêtres élevés en dignité et en savoir, qui étaient chargés de diriger les cérémonies et de régler les rites sacrés. Le titre de premier prophète répondait
à la plus haute dignité sacerdotale. Il y avait un prophète pour chaque divinité. Les prophètes d'Ammon, qui occupaient le premier rang dans l'ordre judiciaire, finirent, vers la lin de la XX'' dynastie, par s'emparer du pouvoir royal.
On désigne sous le nom de pastophores une autre catégorie de prêtres qui occupaient un rang élevé dans la hiérarchie sacerdotale. Préposés à la garde des temples, ils avaient, en outre, pour mission de porter dans les grandes cérémonies le iijos. petit édiculc portatif contenant l'image de la divinité.
« Les prêtres, dit Hérodote, se rasent le corps entier pendant trois jours, afin que ni pou ni autre vermine ne les souillent pendant qu'ils servent les dieux. Ils portent des vêtements de lin et des chaussures d'écorce de papyrus. Ils se lavent à l'eau fraîche deux fois par jour et deux fois par nuit. Ils accomplissent encore d'autres rites presque innombrables. » Ils obéissaient à des prescriptions rigoureuses pour la nourriture et pour tous les actes de la vie. Un membre du sacerdoce était censé n'avoir aucun des vices du vulgaire et il devait en outre n'avoir aucune infirmité corporelle.
Une peau de panthère, jetée sur la tunique, caractérise sur les monuments les prêtres d'un rang élevé. D'autres portent sur la poitrine un scarabée sacré, la barque symbolique ou des emblèmes de vie. Les
riches colliers à plusieurs rangs, les bagues qui ornent les doigts, les chaussures de papyrus, attachées sur le cou-de-pied, et se terminant par de longues pointes recourbées, font également partie du costume sacerdotal.
Les prêtresses apparaissent également dans les monuments figurés, mais le rôle qu'elles remplissaient n'a pas encore été bien nettement défini. Elles semblent n'avoir occupé, en général, qu'une position assez subordonnée; les prêtresses d'Isis sont caractérisées par le sistre qu'elles tiennent en main dans les cérémonies en l'honneur de la déesse.
5. — Quelles étaient les céré}iio)iies religieuses des Égyptiens ?
Les cérémonies religieuses des Égyptiens avaient une très grande solennité d'allure. Le Pharaon occupait la place d'honneur en avant de la barque sacrée que les prêtres portaient sur leurs épaules, escortés de la procession et du peuple immense qui l'accompagnait. Dans ces occasions le Pharaon était coiffé du casque et tenait à la main le sceptre ou la cuillère aux parfums. Les prêtres qui soutiennent la barque sont les plus élevés en dignité. Le petit autel, place' sur le milieu de la nacelle, est quelquefois recouvert d'un voile qui en masque la décoration, mais sur beaucoup de monuments cette décoration est appa-
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rente. Les objets sacre's qu'on portait dans les processions ont toujours un caractère symbolique, dans leur forme générale aussi bien que dans leur décoration. (Fig. 12.)
Sur de nombreux monuments, on voit le Pharaon jetant les grains d'encens devant la divinité, ou portant en main le vase à libations devant une table à offrandes. Il n'est jamais prosterné, mais toujours debout, comme il convient à un personnage qui est lui-même considéré comme une divinité.
Les objets que l'on voit sur les tables d'off'randes consistent en métaux précieux, vases, fruits divers, conserves alimentaires, victuailles de toute sorte. Certains rites accompagnaient toujours le sacrifice d'un animal. Hérodote les décrit ainsi : « Lorsqu'on a amené la bête marquée, dit-il, devant l'autel où l'on veut sacrifier, on allume le feu ; ensuite, on fait auprès d'elle des libations et on invoque le dieu, puis on égorge la victime et, quand elle est égorgée, on lui tranche la tête. On écorche le corps et, après avoir chargé la tête d'une longue imprécation, on la porte au marché s'il y en a un, et s'il s'y trouve quelque marchand étranger trafiquant dans le pavs, on la lui vend ; s'il n'y a pas là de marchand étranger, on la jette dans le fleuve. L'imprécation qu'on prononce sur cette tête est ainsi conçue : « S'il doit advenir fi quelque malheur à ceux qui offrent ce sacrifice, ou
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« à l'Egypte entière, que le mal soit détourné et « tombe sur cette bSte. »
L'extraction des entrailles et la manière de brûler les victimes variaient selon les sacrifices, mais en général on liait toujours ensemble les pattes de l'animal avant de l'égorger.
6. — Quelle était l'écriture cuiployée par les anciens Kg)'ptiens ?
Les anciens historiens ont donné le nom d'hiéroglyphes aux caractères de l'écriture monumentale égyptienne, qu'ils croyaient réservés uniquement à des sujets sacrés. L'écriture hiéroglyp'nique est formée de signes imitant divers objets, et exprimant, les uns des idées, les autres des sons.
Il y a différentes espèces de signes : les signes figuratifs sont de simples images. Ainsi, pour écrire un lion ou une étoile, on donne au signe la forme de lion ou d'étoile. Mais, pour les idées d'un ordre plus abstrait, il a fallu adopter des signes conventionnels qu'on désigne sous le nom de symboliques. Pour dire la guerre, par exemple, on représentait deux bras dont l'un tenait un bouclier, l'autre une pique. Enfin certains signes, appelés phonétiques, représentaient un son ou une articulation.
Ce système d'écriture n'étant pas assez rapide pour les choses courantes, on en fit promptement
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une abréviation où le tracé primitif devint presque conventionnel ; c'est ce que Champollion a appelé l'écriture hiératique. Une abréviation encore plus sommaire a formé l'écriture démotique, qui est employée surtout pour les contrats de vente, tandis que les signes hiéroglyphiques ont toujours été employés pour les inscriptions gravées sur les monuments.
7. — Quelle était l'organisation militaire de l'ancienne Egypte ?
L'armée égyptienne comprenait la grosse infanterie, l'infanterie légère et les combattants en char. (Fig. i3.) La grosse infanterie était composée de soldats dont la tête et le corps, jusqu'à la ceinture, sont protégés par un grand bouclier. Le fantassin porte comme arme offensive une lance dans la main droite et comme costume une tunique courte. Cette infanterie marchait en colonnes serrées et paraît avoir formé le corps principal de l'armée égyptienne.
Les troupes légères, représentées sur les monuments, sont de deux sortes : d'une part, on voit des soldats armés d'un sabre recourbé et portant de la main gauche un petit bouclier ; leur tête est coiffée d'un casque, généralement orné à son sommet. Les autres sont des archers, vêtus de longues tuniques et portant un arc et un carquois sur l'épaule. Les archers contribuaient grandement au succès des armées
égyptiennes. Ils avaient pour mission de courir sur tous les points menacés et de protéger la grosse
ARMES ET ENSEIGNES DES SOLDATS EGYPTIF^S. (Fig. I3.)
infanterie qui, dans les bntr.iîlcs, occupait toujours le centre. (Fig. 14.)
On a beaucoup discuté la question de savoir si la cavalerie était employée dans l'armée égyptienne. On n'en voit jamais dans les représentations de