hist. mob., 1829. aa
Aucune nation ne traite avec plus de générosité ses convives et ses hôtes. Repousser de son toit un homme quelconque est regardé comme un crime (Ib.c. 91.).
Ils aurait les présens, mais ils n'obligent point à tenir compte cfe
ce qu'il? dorment et ue se croient point liés par ce qu'ils reçoivent (lb.
c. ai.).
Passer le jour ella nuit à boire n'est honteux pour personne. (Ibid, c. aa).
Ils n'ont qu'un seul genre de spectacle; les jeunes gens dansent nus au milieu des épées et des framées dirigées contre eux. (Ibid) c. a4).
Ils se livrent au jeu avec une telle ardeur que, lorsqu'ils n'ont plus rien , ils mettent leur liberté et leur corps au ha-
mais ne sentent et n'exigent nulle reconnaissance : a Si vous m'a- » vez donné ceci, disent lesGali- » bis, c'est que vous n'en aviez » pas besoin. » ( Aublet, Hist é des plantes de la Guyanne française ; t. a, p. 1 10).
Le goût de tous les peuples sauvages pour le vin et les liqueurs fortes est connu de tout le monde : les Iudiens de la Guyanne font de longs voyages pour s'en procurer; l'un d'eux, de la peuplade de Simapo, répondit à M. de M , qui lui
demandait où ils allaient : en boisson; comme les paysans et les marchands vont en vendange, en foire» (Journal manuscrit d'un séjour â la Guyanne; par M. de
L'amour n'entre pour rien dans les danses des suuvages du nord de l'Amérique; ce sont uniquement des danses guerrières, (ttobertson, Hist. d'Amér., t. a, pag. 459-461).
Les Américains jouent leurs fourrures, leurs ustensiles domestiques, leurs vêtemens, leurs armes ; et lorsque tout est perdu, on les voit souvent risquer d'un
Ce n'est poiot pour, aimer ou pour plaire qu'ils se parent, mais pour se donner un air gigantesque et terrible, comme on peut se parer pour aller au-devant de ses ennemis. (Ibid, c.38).
Dès qu'ils sont arrivés à la jeunesse, ils laissent croître leurs cheveux et leur barbe, et ne quittentcette manière d'être qu'après avoir tué un ennemi. (Ibid, c. 3i).
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tard d'un dernier coup î seul coup leur liberté personne dei. (Ibid, c. 24). nelle. (Roberts., Hist. d'Amér. %
« Si les Iroquois affectent do se peindre le visage , c'est pour se donner un air redoutable avec lequel ils espèrent intimider leurs ennemis ; c'est encore pour cetu raison qu'ils se peignent de noir lorsqu'ils vont à la guerre. » [Variété* littéraires, t. 1, p. 47 a )»
Dès que les Indiens ont vingt ans, ils laissent croître leurs cheveux. (Lett. édif. t. 8, p. 263).
L'usage de scalper ou d'enlever la chevelure de leurs ennemis, si familier aux Américains, était pratiqué aussi che '. les Germains : c'est le decalvare mentionné dans les lois des Visigoths; le capillos et cutem detrahere, encore en usage chez les Francs vers l'an 879, d'après les annales de Fulde ; le hettinan des Anglo-saxons, etc. (Adelung, Histoire ancienne des Allemands, p 3o3).
Voilà bien des citations , Messieurs ; je pourrais les étendre bien davantage , et placer presque toujours , à côté de la moindre assertion de Tacite sur les Germains, une assertion analogue de quelque voyageur ou historien moderne sm?
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quelqu'une des peuplades barbares aujourd'hui dispersées sur la face du globe.
Vous voyez quel est l'ëtat social qui correspond à celui de l'ancienne Germanie : que faut-il * donc penser des descriptions magnifiques qui en ont été si souvent tracées ? ce qu'il faut penser des romans de M. Cooper, comme tableau de la condition et des mœurs des sauvages de l'Amérique septentrionale. Il y a, sans contredit, dans ces romans et dans quelques-uns des ouvrages où les Allemands ont essayé de peindre leurs farouches ancêtres, un sentiment assez vif, assez vrai, de certaines parties, de certains momens de la société et de la vie barbare ; de son indépendance, par exemple, de l'activité et de la paresse qui s'y mêlent ; de l'habile énergie qne l'homme y déploie contre les obstacles et les périls dont l'assiège la nature matérielle; de la violence monotone de ses passions, etc. Mais la peinture est très-incomplète, si incomplète que la vérité même de ce qu'elle reproduit en est souvent fort altérée. Que M . Cooper , pour les Mohicans ou les Delawares, que les écrivains allemands, pour les anciens Germains, se laissent aller à présenter toutes choses sous leur aspect poétique ; que , dans leurs descriptions, les sentimens et les faits de la vie barbare s'élèvent à leur forme idéale , rien de plus naturel, je dirais volontiers rien de plus légitime; l'idéal est l'essence de la poésie; l'histoire même en veut , et peut-être est-ce la seule
manière de faire comprendre les temps qui ne sont plus. Mais l'idéal aussi a besoin d'être vrai, complet, harmonique; il ne consiste point dans la suppression arbitraire, fantasque, d'une grande partie de la réalité à laquelle il correspond. C'est un tableau idéal, à coup sûr, que celui de Ja société grecque dans les chants qui portent le nom d'Homère f et pourtant cette société y est toute entière reproduite, avec la rusticité, la férocité de ses mœurs, la naïveté grossière de ses sentimens, ses bonnes et ses mauvaises passions, sans dessein de faire particulièrement ressortir j de célébrer tel ou tel de ses mérites , de ses avantages , ou de laisser dans l ! ombre ses vices et ses maux. Ce mélange du bien et du mal , du fort et du faible , cette simultanéité d'idées et de sentimens en apparence contraires, cette variété, cette incohérence, ce développement inégal de la nature et de la destinée humaine, c'est précisément là ce qu'il y a de plus poétique, car c'est le fond même des choses, c'est la vérité sur l'homme et le monde; et dans les peiutures idéales qu'en veulent faire la poésie, le roman et même l'histoire, cet ensemble si divers et pourtant si harmonieux doit se retrouver; sans quoi l'idéal véritable y manque aussi bien que la réalité. Or, c'est dans ce défaut que sont presque toujours tombés les écrivains dont je parle; leurs tableaux de l'homme et delà vie sauvage sont essentiellement incomplets, arrange* , facti ces, dépourvus de sinv
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plicité et d'harmonie. Je crois voir des barbares * des sauvages de mélodrame qui viennent étaler leur indépendance , leur énergie , leur adresse , telle ou telle portion de leur caractère et de leur destinée , sous les yeux de spectateurs à la fois avides et blasés, qui se plaisent à contempler des qualités et des aventures étrangères à la vie qu'ils mènent , à la société dans laquelle ils sont enfermés. Je ne sais, Messieurs, si vous êtes frappés comme moi des défauts de l'imagination de notre temps; elle manque en général, ce me semble, de naturel, de facilité, d'étendue; elle ne voit pas les choses d'une vue large et simple, dans leurs élémens primitifs et réels; elle les arrange et les mutile , sous prétexte de les idéaliser. Je retrouve bien, dans les descriptions modernes des anciennes mœurs germaniques, quelques traits épars de la barbarie; mais ce qu'elle était dans son ensemble, Li vraie société barbare, je ne l'y reconnais point.
Si j 'étais maintenant obligé, Messieurs, de résumer ce que je viens de dire sur l'état des Germains avant l'invasion, j'y serais, je l'avoue, assez embarrassé. 11 n'y a là point de traits bien achevés, bien précis, qui se puissent détacher et mettre clairement en lumière; aucun fait, aucune idée , aucun sentiment n'a encore atteint son développement, ne se présente sous une forme déterminée; c'est l'enfance de toutes choses, de l'état social , de l'état moral , des institutions, des relations, de l'homme lui-même;
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lout est grossier, confus. Voici cependant deux points sur lesquels je crois devoir insister.
i° Au début de la civilisation moderne, les Germains y ont influé beaucoup moins par les institutions qu'ils ont apportées de Germanie, que par leur situation même au milieu du monde romain. Us lavaient conquis : ils étaient, sur les points du moins où ils s'établissaient, maîtres de la population et des terres. La société qui s'est formée après cette conquête a eu son origine , bien plutôt dans cette situation, dans la vie nouvelle des conquérans, dans leurs rapports avec les vaincus, que dans les anciennes coutumes germaniques.
2 0 Ce que les Germains ont surtout apporté dans le monde romain , c'est l'esprit de liberté individuelle, le besoin, la passion de l'indépendance, de l'individualité. Aucune puissance publique, aucune puissance religieuse n'existait, à vrai dire, dans l'ancienne Germanie : la seule puissance réelle de cette société , ce qui y était fort et actif, c'était la volonté de l'homme; chacun faisait ce qu'il voulait , à ses risques et périls. Le régime de la force , c'est-à-dire de la liberté personnelle, ^c'était là le fond de l'état social des Germains; c'est par là qu'ils ont puissamment agi sur le monde moderne. Les expressions trèsgénérales sont toujours si près de l'inexactitude que je n'aime guère à les hasarder. Cependant, s'il fallait absolument exprimer en quelques mots les caractères dominans des élémens divers de
notre civilisation , je dirais que l'esprit de légalité, d'association régulière, nous est venu du monde^ romain , des municipalités et des lois romaines. C'est au christianisme, à la société religieuse , que nous devons l'esprit de moralité, le sentiment et l'empire d'une règle, d'une loi morale, des devoirs mutuels des hommes. Les Germains nous ont donné l'esprit de liberté , de la liberté telle que nous la concevons et la connaissons aujourd'hui , comme le droit et le bien de chaque individu , maître de lui-même et de ses actions , et de son sort , tant qu'il ne nuit à aucun autre. Fait immense, Messieurs , car il était étranger à toutes les civilisations antérieures : dans les républiques anciennes, la puissance publique disposait de tout ; l'individu était sacrifié au citoyen. Dans les sociétés où dominait le principe religieux , le croyant appartenait à son Dieu, non à lui-même. Ainsi l'homme avait toujours été absorbé dans l'Eglise ou dans l'Etat. Dans notre Europe seule, il a vécu, il s'est développé pour son compte , à sa guise , chargé sans doute, disons mieux, de plus en plus chargé de travaux et de devoirs, mais trouvant en lui-même son but et son droit. C'est aux mœurs germaines que remonte ce caractère distinctif de notre civilisation. L'idée fondamentale de la liberté, dans l'Europe moderne , lui vient de ses conquérans.