‹ Cours d'histoire moderne (volume 2)Chapitre 32 sur 40 · HIST. MOD · texte numérisé non relu

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morales qu'on lui attribue : un homme accuse était un homme attaqué ; ses proches le suivaient et l'entouraient devant le tribunal comme au combat. C'est entre les familles que l'état de guerre subsiste au sein de la barbarie ; quoi d'étonnant qu'elles se groupent et se mettent en mouvement quand, sous telle ou telle forme , la guerre vient les menacer?

La véri table originedes conjuratores 3 Messieurs, c'est que tout autre moyen de constater les faits était à^euprès impraticable. Pensez à cequ'exige une telle recherche, à ce qu'il faut de développement intellectuel et de puissance publique pour le rapprochement et la confrontation des divers genres de preuves , pour recueillir et débattre des témoignages, pour amener seulement les témoins devant les juges et en obtenir la vérité, en présence des accusateurs et des accusés. Rien de tout cela n'était possible dans la société que régissait la loi salique ; et ce n'est point par choix ni par aucune combinaison morale, c'est parce qu'on ne savait et ne pouvait mieux faire, qu'on avait recours alors au jugement de Dieu et au serment des parens.

Tels sont, Messieurs, les principaux points de cette loi salique qui m'ont paru mériter votre attention. Je ne vous dis rien des fragmens de

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droit politique, de droit civil, de procédure civile, qui s'y trouvent épars , ni même de cet article fameux qui ordonne que : « la terre sa- » lique ne sera point recueillie par les femmes, » et que l'hérédité toute entière sera dévolue aux » mâles. » Personne n'ignore maintenant quel en est le véritable sens. Quelques dispositions, relatives aux formalités par lesquelles un homme peut se séparer de sa famille s'affranchir de toute obligation de parenté , et rentrer dans une complète indépendance , sont fort curieuses, et jettent un grand jour sur l'état social ; mais elles tiennent peu de place dans la loi , et n'en déterminent point le but. Elle est essentiellement, je le répète, un code pénal, et vous la connaissez maintenant sous ce rapport. A la considérer dan» son ensemble , il est impossible de n'y pas reconnaître une législation complexe, incertaine, transitoire. On y sent à chaque instant le passage d'un pays à un autre pays, d'un état social à un autre état social, d'une religion à une autre religion , d'une langue à une autre langue; presque toutes les métamorphoses qui peuvent avoir lieu dans la vie d'un peuple, y sont empreintes. Aussi son existence a-t-elle été précaire et courte : dès le X e

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siècle peut - être , elle était remplacée par une multitude de coutumes locales, auxquelles elle avait , à coup sûr , beaucoup fourni , mais cjui avaient également puisé à d'autres sources , dans le droit romain , le droit canon , dans les nécessités de circonstance; et quand, au XIV e siècle, on invoqua la loi salique pour régler la succession à la couronne, depuis long- temps, à coup sûr , on n'en parlait plus que par souvenir et dans quelque grande occasion.

Trois autres lois barbares , celles des Ripuaires, des Bourguignons et des Visigotbs , ont régné sur les peuples établis dans la Gaule; elles seront l'objet de notre prochaine réunion.

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