‹ Cours d'histoire moderneChapitre 11 sur 74 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

lo

Contre les Aquitains.

11 va jusqu'à laDordogne.

Contre les Saxons.

— entre le Bas -Weser etleBas-Elbe.

— les Saxons.

— jusqu'au delà du Weser.

Id.

— les Arabes.

— les Saxons.

— par son fils Louis.

— au delà de l'Elbe.

— les Lombards.

— jusqu'à Pavie et Vérone.

— les Lombards de Bénévent.

— par son fils Pépin, jusqu'à Cliieti.

Id.

Il prend Pavie et va à Rome.

Id.

— les Arabes d'Espagne.

— par son fils Louis, jusqu'à Barce-

Td.

— les Saxons.

lone.

Id.

— les Saxons.

— par ses fils, au delà

— les Lombards.

— jusqu'à Trévise.

de l'Elbe.

Id.

— les Saxons.

^jusqu'aux sources de la Lippe.

Id.

— entre l'Elbe et l'Oder; il fait trans-

— les Arabes d'Espagne.

— jusqu'àSaragosse.

planter en Gaule et en Italie des

— les Saxons.

tribus de Saxons.

Id.

— jusquedanslepays d'Osnabriick.

— les Slaves de Bohème.

— par son fils aîné Charles.

— jusqu'à l'Elbe.

Id.

— par son filsCharles.

Id.

— jusqu'au confluent du Weser et de l'Aller.

Id.

Id.

— les Sarrasins de

Corse.

— les Arabes d'Espa-

— par son fils Pépin.

— par son fils Louis.

Id.

— jusqu'à l'Elbe.

gne.

Id.

— jusqu'à la Sale et l'Elbe.

— les Sarrasins de Corse.

— par des généraux.

Id.

— jusqu'à l'Elbe.

Id.

— les Arabes d'Espa-

Id.

Id.

— les Thuringiens.

Il n'y va pas en personne.

gne.

— les Danois ou Nor-

— les Bretons.

mands.

— les Lombards de Bénévent.

Il va jusqu'à Capoue.

— les Grecs.

— en Dalmalie par son fils Pépin.

Id.

— les Bavarois.

— jusqu'à Augsbourg.

— les Arabes d'Espagne.

— les Huns ou Avares.

— jusqu'à Ratisbonne.

Id.

— les Grecs.

— les Sarrasins en

Id.

— lesSiaves-Wiltzes.

— entre l'Elbe et l'Oder inférieurs.

Corse et en Sardaigne.

— les Huns ou Avares.

— jusqu'au confluent du Danube et du Raab.

hi.

— les Danois.

Il alla en personne jusqu'au confluent du Weser

— les Saxons.

et de l'Aller.

Id.

Id.

Id.

— les Avares.

— les Huns ou Ava-

— sous les ordres de

Id.

— les Bretons.

res.

sou fils Louis, roi d'Italie.

— lesSIaves-Wiltzes.

— entre l'Elbe et l'Oder.

Id.

— les Arabes.

— sous les ordres de son fils Pépin, roi

Id.

— les Sarrasins en Corse.

d'Aquitaine.

Id.

(^'est-à-dire, en tout 55 expéditions, savoir :

1 contre les Aquitains.

18 — les Saxons.

5 — les Lombards.

7 — les Arabes d'Espagne.

1 — les Thuringiens.

4 — Les Avares.

2 — les Bretons.

1 — les Bavarois.

4 — les Slaves au delà de l'Elbe.

5 — les Sarrasins en Italie.

3 — les Danois.

2 — les Grecs.

Sans compter une foule d'autres petites expéditions dont il n'est resté aucun monument distinct et positif.

De ce tableau seul il résulte clairement que ces guerres ne ressemblent point à celles delà première race : ce ne sont point des dissensions de tribu à Iribu , de chef à chef, des expéditions entreprises dans un but d'établissement ou de pillage ; ce sont des guerres systématiques, politiques, inspirées par une intention de gouvernement, commandées par une certaine nécessité.

Quel est ce système? quel est le sens de ces expéditions?

Vous avez vu divers peuples germaniques, Goths, Bourguignons, Francs, Lombards, etc., s'établir sur le territoire de l'empire Romain. De toutes ces tribus ou confédérations , les Francs étaient la plus forte, et celle qui, dans le nouvel établissement, occupait la position centrale. Elles n'étaient unies entre elles par aucun lien politique ; elles se faisaient sans cesse la guerre. Cependant , à certains égards, et qu'elles le connussent ou non, leur situation était semblable et leur intérêt commun.

Vous avez vu que , dès le commencement du vin" siècle, ces nouveaux maîtres de l'Europe occidentale , les Germains-Romains, étaient pressés, au nord -est, le long du Rhin et du Danube, par de nouvelles peuplades germaniques, slaves, etc., qui se portaient sur le même territoire ; au midi , par les Arabes répandus sur toutes les côtes de la Méditerranée ; et qu'un double mouvement d'invasion menaçait ainsi d'une chute prochaine les Etats naissant à peine sur les ruines de l'empire Romain.

Voici quelle fut, dans celle situation, l'œuvre de Charlemagne : il rallia contre cette double invasion , contre les nouveaux assaillants qui se pressaient sur les diverses frontières de l'empire , tous les habitants de son territoire, anciens ou nouveaux.

Romains ou Germains récemment établis. Suivez la marche de ses guerres. Il commence par soumettre définitivement, d'une part, les populations romaines qui essayaient encore de s'affranchir du joug des Barbares , comme les Aquitains dans le midi de la Gaule ; d'autre part, les populations germaniques arrivées les dernières , et dont l'établissement n'était pas encore bien consommé, comme les Lombards en Italie. 11 les arrache, pour ainsi dire , aux impulsions diverses qui les animaient encore, les réunit toutes sous la domination des Francs , et les tourne contre la double invasion qui , au nord-est et au midi , les menaçait toutes également. Cherchez un fait dominant qui soit commun à presque toutes les guerres de Charlemagne ; réduisez -les toutes à leur plus simple expression : vous verrez que c'est là leur sens véritable , qu'elles sont la lutte des habitants de l'ancien empire , conquérants ou conquis , Romains ou Germains, contrôles nouveaux envahisseurs.

Ce sont donc des guerres essentiellement défensives , amenées par un triple intérêt de territoire, de race et de religion. C'est l'intérêt de territoire qui éclate surtout dans les expéditions contre les peuples de la rive droite du Rhin ; car les Saxons et les Danois étaient des Germains, comme les Francs et les Lombards 5 il y avait même parmi eux des tribus franqucs , et quelques savants pensent que beaucoup de prétendus Saxons pourraient bien n'avoir été que des Francs encore établis en Germanie. Il n'y avait donc là aucune diversité de race; c'était uniquement pour défendre le territoire que la guerre avait lieu. Contre les peuples errants au delà de l'Elbe ou sur le Danube , contre les Slaves et les Avares , l'intérêt de territoire et l'intérêt de race sont réunis. Contre les Arabes qui inondent le midi de la Gaule , il y a intérêt de territoire, de race et de religion, tout ensemble. Ainsi se combinent diversement les diverses causes de guerre ; mais quelles que soient les combinaisons , ce sont toujours les Germains chrétiens et romains qui défendent leur nationalité, leur territoire et leur religion contre des peuples d'autre origine ou d'autre croyance , qui cherchent un sol à conquérir. Leurs guerres ont toutes ce caractère, dérivent toutes de cette triple nécessité.

Charlemagne n'avait point réduit cette nécessité en idée générale , en théorie ; mais il la comprenait et y faisait face : les grands hommes ne procèdent guère autrement.

Il y fit face par la conquête ; la guerre défensive prit la forme offensive; il transporta la lutte sur le territoire des peuples qui voulaient envahir le sien; il travailla à asservir les races étrangères , à extirper les croyances ennemies. De là son mode de

VINGTIÈME LEÇON

gouvernement et la fondation de son empire : la guerre offensive et la conquête voulaient cette vaste et redoutable unité.

A la mort de Charlemagne, la conquête cesse, l'uTiité s'évanouit ; l'empire se démembre et tombe en tous sens ; mais est-il vrai que rien n'en reste , que toute l'œuvre guerrière de Charlemagne disparaisse, qu'il n'ait rien fait, rien fondé?

Il n'y a qu'un moyen de répondre à cette question : il faut se demander si , après Charlemagne , les peuples qu'il avait gouvernés se sont retrouvés dans le même état; si cette double invasion qui, au nord et au midi, menaçait leur territoire, leur religion et leur race, a repris son cours; si les Saxons , les Slaves, les Avares , les Arabes ont continué de tenir dans un état d'ébranlement et d'angoisse les possesseurs du sol romain. Evidemment, il n'en est rien. Sans doute l'empire de Charlemagne se dissout; mais il se dissout en Etats particuliers qui s'élèvent comme autant de barrières sur tous les points où subsiste encore le danger. Avant Charlemagne, les frontières de Germanie, d'Italie, d'Espagne, étaient dans une fluctuation continuelle : aucune force politique, constituée, n'y était en permanence; aussi était-il contraint de se transporter sans cesse d'une frontière à l'autre, pour opposer aux envahisseurs la force mobile et passagère de ses armées. Après lui , de vraies barrières politiques, des Etats plus ou moins bien organisés , mais réels et durables , s'élèvent : les royaumes de Lorraine, d'Allemagne, d'Italie, des deux Bourgognes, de Navarre, datent de cette époque ; et malgré les vicissitudes de leur destinée , ils subsistent et suffisent pour opposer au mouvement d'invasion une résistance efficace. Aussi ce mouvement cesse , ou ne se reproduit plus que par la voie des expéditions maritimes , désolantes pour les points qu'elles atteignent, mais qui ne peuvent se faire avec de grandes masses d'hommes , ni amener de grands résultats.

Quoique la vaste domination de Charlemagne ait disparu avec lui, il n'est donc pas vrai de dire qu'il n'ait rien fondé ; il a fonde tous les Etats qui sont nés du démembrement de son Empire. Ses conquêtes sont entrées dans des combinaisons nouvelles, mais ses guerres ont atteint leur but. La forme a changé, mais, au fond, l'œuvre est restée. Ainsi s'exerce en général l'action des grands hommes. Charlemagne administrateur et législateur nous apparaîtra sous le même aspect.

Son gouvernement est plus diflicile à résumer que ses guerres. On parle beaucoup de l'ordre qu'il avait ramené dans ses Etats, du grand système d'administration qu'il avait essayé de fonder. Je crois en effet qu'il l'avait essayé, mais qu'il y avait

très - peu réussi ; malgré l'unité , malgré l'activité de sa pensée et de son pouvoir, le désordre était autour de lui immense, invincible ; il le réprimait un moment, sur un point; mais le mal régnait partout où ne parvenait pas sa terrible volonté ; et là où elle avait passé , il recommençait dès qu'elle s'était éloignée. Il ne faut pas se laisser tromper par les mots : ouvrez aujourd'hui l'almanach royal ; vous pouvez y lire le systèmje de l'administration de la France ; tous les poij^oirs , tous les fonctionnaires , depuis le dernier échelon jusqu'au plus élevé , y sont indiqués et classés selon leurs rapports. Et il n'y a point là d'illusion ; les choses se passent en effet comme elles sont écrites : le livre est une fidèle image de la réalité. Il serait facile de construire, pour l'empire de Charlemagne, une carte administrative semblable, d'y placer des ducs, des comtes , des vicaires , des centeniers , des échevins (scabini), et de les distribuer sur le territoire, hiérarchiquement organisés. Mais ce ne serait qu'un vaste mensonge : le plus souvent, dans la plupart des lieux , ces magistratures étaient impuissantes , ou désordonnées elles-mêmes. L'effort de Charlemagne pour les instituer et les faire agir était continuel, mais échouait sans cesse. Maintenant, messieurs, que vous voilà avertis et en garde contre les apparences systématiques de ce gouvernement, je puis en esquisser les traits ; vous n'en conclurez rien de trop.

Il faut distinguer le gouvernement local et le gouvernement central.

Dans les provinces , le pouvoir de l'empereur s'exerçait par deux classes d'agents , les uns locaux et permanents , les autres envoyés de loin et passagers.

Dans la première classe étaient compris : 1° les ducs, comtes, vicaires des comtes, centeniers, scabini, tous magistrats résidents, nommés par l'empereur lui-même ou par ses délégués , et chargés d'agir en son nom pour lever des forces, rendre la justice, maintenir l'ordre, percevoir les tributs; 2" les bénéficiers ou vassaux de l'empereur, qui tenaient de lui, quelquefois héréditairement, plus souvent à vie , plus souvent encore sans aucune stipulation ni règle , des terres , des domaines , dans l'étendue desquels ils exerçaient , un peu en leur propre nom, un peu au nom de Fcmpereur, une certaine juridiction et presque tous les droits de la souveraineté. Rien n'était bien déterminé ni bien clair dans la situation des bénéficiers et la nature de leur pouvoir : ils étaient en même temps délégués et indépendants, propriétaires cl usufruitiers; et l'un ou l'autre de ces caraclèros prévalait en eux tour à tour. Mais, quoi qu'il en soit, ils étaient sans nul doute en relation habituelle avec

Charlemagne, qui se servait d'eux pour faire partout parvenir et exécuter sa volonté.

Au-dessus dos agents locaux et résidents, magistrats ou bénéficiers , étaient les missi dominici, envoyés temporaires, chargés d'inspecter, au nom de l'empereur, l'état des provinces, autorisés à pénétrer dans l'intérieur des domaines concédés comme dans les terres libres, investis du droit de réformer certains abus, cl appelés à rendre compte de tout à leur maître. Les missi dominici furent pour Charlemagne, du moins dans les provinces,

le principal moyen d'ordre et d'administration. Quant au gouvernement central, en mettant pour un moment de côté l'action de Charlemagne luimême et de ses conseillers personnels, c'est-à-dire le vrai gouvernement, les assemblées nationales, à en juger par les apparences et à en croire presque tous les historiens modernes, y occupaient une grande place. Elles furent en effet, sous son règne, fréquentes et actives. Voici le tableau de celles que mentionnent expressément les chroniqueurs du temps.

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