‹ Cours d'histoire moderneChapitre 8 sur 74 · C. XIX · texte numérisé non relu

C. XIX

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QUINZIÈME LEÇON

mites, les anachorètes, les reclus attiraient, plus que les cénobites, l'admiration et la faveur populaire : les moines les plus ardents étaient toujours disposés à quitter l'intérieur du monastère pour se livrer à ces glorieuses austérités. Assez longtemps aucune autorité n'intervint pour l'empêcher, pas même celle de l'abbé ; vous voyez ici consacré le pouvoir répressif, non-seulement de l'abbé, mais de l'évêque; lui aussi se charge de contenir les moines dans l'intérieur de la maison , et de réprimer les effets extérieurs de l'exaltation.

En o33, un nouveau concile d'Orléans décrète :

Que les abbés qui méprisent les ordres des évêques ne soient point admis à la communion, à moins qu'ils ne renoncent humblement à cette révolte ■.

Et un an après :

Que le monastère et la discipline des moines soient sous l'autorité de Tévêque dans le territoire duquel ils sont situés.

Qu'il ne soit point permis aux abbés d'errer loin de leur monastère sans la permission de l'évêque. Que, s'ils l'ont fait, ils soient corrigés régulièrement par leur évéque, selon les anciens canons.

Que les évêques prennent soin des monastères de filles établis dans leur cité; et qu'il ne soit permis à aucune abbesse de rien faire contre la règle de son monastère ^.

Quand toutes ces règles eurent été proclamées , quoiqu'elles ne continssent rien de bien précis, quoique la juridiction des évoques n'y fût point, comme vous le voyez, exactement déterminée, cependant elle se trouva établie ; elle intervint dans les points principaux de l'existence des moines , dans la fondation des monastères, dans l'observation de leur discipline, dans les devoirs des abbés ; et reconnue en principe, quoique souvent repousséc en fait, elle s'affermit en s'excrçant.

Les moines eux-mêmes concoururent à ses progrès. Quand ils eurent acquis beaucoup d'importance, ils prétendirent à une existence séparée; il leur déplut d'être assimilés aux simples laïques et confondus dans la masse des fidèles; ils voulurent être érigés en corporation distincte, en institution positive. L'indépendance et l'influence ne leur suffirent plus, il leur fallut le privilège. Or, de qui pouvaient-ils l'obtenir, sinon du clergé? L'autorisation des évêques pouvait seule les constituer à part de la société religieuse en général, et les privilégier dans son sein. Ils demandèrent ces privilèges et les obtinrent, mais en les payant. 11 y en avait, par exemple, un bien sim[)le, celui de ne pas aller à l'église de la paroisse , d'en construire

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