‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 100 sur 201 · GÉNÉRALITÉS SUR LES INSECTES.— FÉCONDITÉ · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LES INSECTES.— FÉCONDITÉ

Nombre d’insectes qui passent leur premier état de larves dans l’eau , comme sont les cousins, les tipules, les demoiselles, lorsqu'ils sont devenus habitants de Pair, vont retrouver la surface de l’eau ou ses bords pour y déposer leurs œufs.

Les œufs des insectes varient beaucoup pour la figure : il y en a de sphériques , d’oblongs et de toutes sortes de formes ; quelques-uns sont aigrettés ou ornés d’une espèce de couronne de poils. Ils varient aussi pour les couleurs; leur enveloppe est d’abord molle dans le ventre de la mère, mais, un peu avant qu’elle les mette bas, elle devient une croûte solide, assez dure pour résister aux poids et aux injures de l’air, qui roule dessus comme sur une voûte, sans offenser le petit qui y est contenu.

La fécondité de ces animaux est si grande qu’on en voit souvent des nuages, par exemple de sauterelles, au Sénégal, et de cousins, au point qu'ils infecteraient l'air des pays où ils passent ainsi par nuages, s’ils ne devenaient la proie des oiseaux, des reptiles et autres animaux qui en font leur principale nourriture.

Chaque mouche ordinairement produit environ deux mille œufs à chaque ponte. Une mère abeille donne dans un été naissance à deux, trois ou quatre essaims, chacun de quinze à seize mille, qui font au moins cinquante ou soixante mille abeilles par an.

Si les insectes se multipliaient sans obstacle pendant quatre ou cinq ans, la surface de la terre en serait couverte; mais ceux qui multiplient beaucoup vivent peu et ont beaucoup d’ennemis. Dans cette classe d'êtres comme dans tous les autres, dès que l’équilibre peut manquer d’un côté, il y a de l’autre de quoi le rétablir, et c’est ainsi que l’harmonie s’entretient dans l’univers.

La durée de la vie des insectes est en général mesurée par le temps qu’ils passent dans leurs deux premiers états de larve et de nymphe.

Il y en a qui, comime ie hanneton, vivent trois ou quatre ans à l’état de larve, et un été sous celui de nymphe et de volatile ; mais le plus grand nombre est de ceux qui naissent, croissent et meurent dans la même année. Il paraît qu’il y en à peu, si l’on en excepte les scarabées, qui vivent plus d’un an dans l’état de volatile. H y a même des mouches à deux et à quatre ailes qui, comme l’éphémère, ne vivent qu’un jour, comme l’exprime son nom. La nature semble ne les avoir destinées qu’à la propagation de leur espèce, au point que les mâles périssent peu après l’accouplement; ils tombent dès lors languissants et comme épuisés ; les femelles vivent un peu plus, mais seulement assez pour faire leur ponte ou leur accouchement, suivant que linsecte est ovipare ou vivipare, et dès que cette opération est achevée, elles ne tardent pas à mourir.

Si les insectes n’ont pas le sens de l’ouïe, comme il y a beaucoup d’apparence, puisqu’on ne leur en découvre pas les organes, ii est probable que les sons que queïques-uns rendent n’ont pas pour objet principal de se faire entendre de leurs semblables.

Quoi qu’il en soit, quelques-uns se font entendre même d’assez loin.

Les uns par un bourdonnement ou un sifflement causé par le mouvement vif de leurs ailes en volant, comme les abeilles, les bourdons, les cousins, les grosses mouches bleues de la viande.

D’autres par le frottement de leurs ailes ou de leurs étuis, comme les sauterelles, les grillons, qui ont pour cet effet les ailes ou leurs étuis plus larges, plus croisés, plus ridés que les femelles.

D’autres par lefrottement de leur corselet sur la tête ousur Pécusson du ventre, comme le {arus(crioceris,Geoffr.), du lis.

D’autres par un battement, comme la cigale mâle, le pulsan et le ressort, elater.

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