GÉNÉRALITÉS SUR LES INSECTES. — INDUSTRIE
La terre et Peau sont également peunlées d'insectes : on en voit dans la mer, dans les rivières, dans les fontaines et même dans les eaux minérales chaudes.
Parmi ces animaux il y en à qui fuient les mauvaises odeurs et qui aiment les bonnes, comme les vers à soie.
Ils craignent en général le grand froid; néanmoins on en voit qui vivent dans la neige sans en être incommodés.
Pendant l'hiver, les uns, comme les buprestes se cachent sous les pierres; d’autres dans des crevasses comme les cantharides ; d’autres dans les enfourchures des branches de la vigne et de l’oranger comme les gallinsectes.
Les uns vivent en troupe et en société comme les abeilles, les fourmis; les autres, et c’est le plus grand nombre, vivent solitairement.
On en trouve dans la terre, sur les animaux, sur la laine, sur les habits, les plumes, la cire, sur Pherbe, sur les feuilles, dans les plantes, dans les fruits, le papier, les livres.
En général, les insectes se nourrissent des corps sur lesquels ils naissent, comme nous l’avons dit à Particle de la ponte.
La plupart des insectes vivent de végétaux.
Les autres vivent d’animaux ou sont zoophages ; ils se mangent même mutuellement.
L’estomac de la plupart des insectes est simple; la sauterelle, le grillon, la coutillière, et autres semblables, font exception à cette règle; leur estomac est triple et semblable à celui des quadrupèdes ruminants, et Swammerdam ne doute point que ces insectes ne ruminent, il croit même s’en être apereu, ce qui est confirmé par nos observations.
Les insectes ont beaucoup d'industrie et d’adresse pour se conserver, pour se défendre, et pour se battre; ceux qui perdent leurs ailes ou leurs aiguillons dans leurs batailles, meurent bientôt, parce que ces membres ne
reviennent plus, et que l’insecte s’affaiblit peu à peu.
Pour se soustraire à la poursuite de quelques ennemis que ce soit, les chenilles ont un moyen merveilleux. Elles ont toujours l'attention de se tenir un peu élevées au-dessus de terre, et, à l'approche du danger, elles se laissent aller le long d’un fil qu’elles attachent en un clin d’œil à Pendroit d’où elles vont se précipiter. Elles se suspendent à ce fil, et l’aliongent jusqu'où elles veulent s'arrêter, car elles ne se laissent guère tomber à terre; puis, quand le danger est passé, elles remontent le long de la soie qu’elles se sont filée en tombant.
Le meloe, appelé autrement le scarabée des maréchaux, dégorge de toutes ses articulations une liqueur jauneonctueuse dont l’odeur chasse tous les insectes qui approchent de lui.
Le fourmi-lion, formicaleo, se creuse dans le sable une petite fosse ronde en cône renversé, au centre duquelil se tient caché entièrement. Les fourmis et autres insectes qui passent sur les bordsglissentau fond deson trou et deviennentsa proie.
Les travaux de quelques-uns ne sont pas moins admirables ; il yen a qui bâtissent en bois et qui ont deux mâchoires en serpes pour faire leurs abatis comme certains bourdons; d’autres bâtissent en terre comme les abeilles maçonnes; d’autres en cire comme les mouches à miel; elles ont pour cela des pattes qui sont faites en ratissoires, en cuillers et en truelles; d’autres ont des scies pour creuser la cellule qui doit recevoir leurs œufs, comme la mouche à scie.
Les mouvements des insectes sont aussi variés que leurs formes et leurs caractères. Chaque famille, chaque genre, chaque espèce a les siens, et tous plus lestes, plus singuliers les uns que les autres.
Les uns rampent comme les staphylins; les fourmis se promènent par files ou en procession à la queue lesunes des autres pour chercher des vivres et des matériaux qu’elles