GÉNÉRALITÉS SUR LES INSECTES.—MOUVEMENTS
apportent dans leur magasin souterrain. Le gyrin, gyrinus, trace sur l’eau des cercles, et même tourne sur lui-même avec une vivacité que l’œil ne peut suivre et qui ressemble à celle d’un tourniquet qui, abandonné, tourne sans fin, d’où est venu son nom de fourniquet ; lhémerobe marche comme en trépignant, et la tipule en se balancant sur Peau sans se mouiller les pattes.
D’autres sautent, mais chacun a sa manière différente. La pucesaute en traçantune parabole; lasauterelle a une marche saillanteen forme de croix. La force des muscles de ses pattes postérieures esttelle qu’elle peut sauter en l'air à une distance deux cents fois plus grande que la grandeur de son corps.
Leressort, ou le maréchal, ou le taupin, elater,saute quand il veut, soit sur le ventre, soit qu’il se trouve renversé sur le dos, au moyen de la détente d’une pointe de son corselet, qui avance dans une rainure pratiquée sur le ventre. Plusieurs insectes ont les pieds de derrière plus longs et plus forts que les autres pour faire un saut qui facilite le premier essor de ieur vol.
D’autres nagent dans les eaux comme les hydrocanthares, les dytiques.
Les autres volent dans les airs, soit en vacillant ou se culbutant comme les papillons, soit en fendant l'air horizontalement comme le bourdon, soit en montant ou descendant ou se balancant comme les tipules et les cousins, soit en planant et se soutenant longtemps à ia même piace comme les phalènes, appelées sphinx, et les éperiers, qui sucent ainsi le miel des fleurs avec leur trompe qui est plus longue que leur corps.
Dans le grand nombre des insectes qui peuplent la terre, l'air et l’eau, il y en a quelques-uns qui nous sont utiles.
La cantharide fournit à la médecine un caustique pour les vésicatoires, le kermès un bon pectoral.
28h SEIZIÈME SÉANCE.
Les arts tirent de la cochenille une des plus belles teintures rouges pour la soie, que nous fournit encore un autre insecte, la chenille du phalène, appelée improprement ver à soie, bombyx ; les fourmis ailées du royaume de Pégu nous préparent la laque.
La soie que fournit la chenille du bombyx, appelée ver à soie, est d’un produit si fécond qu’elle procure des vêtements à la moitié des peuples de lPunivers. Il y à à la Chine et aux iles Moluques deux autres sortes de chenilles de phalènes dont la coque grise approche beaucoup de celle du ver à soie et pourrait servir à son défaut. Nous avons en France deux sortes de coques qui èn approchent aussi un peu, savoir : celle de la chenille, appelée la livrée, qui est blanche, et celle de la chenille à aigrettes, quiest jaune. On a essayé de carder la soie des nids, c’est-à-dire des toiles que forme la chenille commune des arbres, et en a réussi à en faire du papier très-beau , à la blancheur près que quelques préparations de plus pourraient sans doute lui procurer.
La maturité des premiers fruits est l’ouvrage des chenilles et des phalènes, et des vers des mouches que l’on trouve dans les premiers abricotset les premières poires. Il y a même des espèces de figues domestiques qui ne peuvent mürir que par leur secours. Les habitants de Archipel suivent à cet égard une pratique qui était en usage dans Pantiquité la plus reculée, selon Thécphraste et Pline; cette pratique consiste à étendre au-dessus d’un figuier domestique une longue liasse en guirlande de figues sauvages, qui sont remplies par une espèce de psen (Arist.) de la famille des mouches à scie, dont les femelles entrent dans ces figues pour déposer dans l'ovaire de chacune de leurs fleurs un œuf qui doit, en se nourrissant, y occasionner un développement et une maturité qu’elles n’auraient pas eus sans cela.