‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 106 sur 201 · FAMILLE DES SCARABÉES. — HANNETON · texte numérisé non relu

FAMILLE DES SCARABÉES. — HANNETON

pied des arbres pourris. Mouffet et quelques autres auteurs prétendent que la larve de cet insecte est le cossus dont parle Pline, qui dit que les anciens habitants du Pont et de la Phrygie faisaient servir sur leurs tables comme un mets délicieux. On en élevait, on les engraissait, et vraisemblablement avant que de les manger on les privait de nourriture jusqu’à ce qu’ils eussent rendu tous leurs excréments. Celui qui tenta le premier d’avaler une huitre aurait bien pu se hasarder à manger un cossus qui certainement n’est guère plus dégoûtant. Au reste on sait que les poules et autres oiseaux de basse-cour sont fort friands de ces larves.

On prétend queles Égyptiensadoraient autrefois cesinsectes.

LeuaANNETON, melolontha, Joel., forme un genre de scarabée dont on connait quatre espèces qui se reconnaissent à ce que, 1° leurs étuis ne recouvrent pas entièrement leur dos; 2 Jeurs antennes ont les sept derniers articles en feuillets, qui sont deux ou trois fois plus longs dans les mâles que dans les femelles.

Le hanneton ordinaire ne diffère du capucin qu’en ce que sa larve ne vit que quatre ans sous terre. Elle éclot d’abord en juillet aux racines des arbres, surtout de Pérable et du marronnier, changeant une fois de peau tous les ans. On Pappelle alors ver blanc ou mans. En septembre de la quatrième année elle se maçonne une coque de terre d’un pouce environ de longueur dans laquelle elle se métamorphose en nymphe. En mars et avril de la cinquième année ces nymphes deviennent hannetons, d'abord mous et blanes, qui ne deviennent solides et colorés que dix ou douze jours après, et qui ne sortent qu’alors de la terre vers la fin d'avril ou au commencement de mai en laissant après leur sortie des ouvertures qu’on trouve fréquemment autour des arbres.

Ces insectes s’accouplent dès qu’ils ont vu le jour et ne vivent qu'un à deux mois, desorte qu’on n’en voit plus passé

le mois de juin. Mais avant que de périr, la femelle entre en terre, y pond çà et là une vingtaine d’œufs sur les racines des érables et des marronniers, et après la ponte elle reparait pour vivre encore quelque temps.

C’est pendant ces deux mois de vie sous l’état d’insecte ailé que le hanneton fait ses ravages les plus apparents, en dépouillant entièrement de leurs feuilles et quelquefois de leurs bourgeons les érables et les marronniers, puis les autres arbres qui leur sont plus analogues, comme le charme, le hêtre , le chêne, etc., etc.; il vole rarement le jour, on le voit alors assoupi sous les feuilles des arbres jusqu’au coucher du soleil. C’est dans ce temps d’obscurité qu’il prend son essor, qu’il vole par compagnies en bourdonnant, et se heurtant contre tout ce qu’il rencontre, d’où vient le proverbe : Ætourdi comme un hanneton.

C’est parce que cet insecte est étourdi et qu’il est bon et se laisse prendre, qu’on lui a donné le nom de hanneton, comme qui dirait petit âne ou béte comme un ânon. Quelques auteurs prétendent qu’il se nomme ainsi par corruption, au lieu d’alleton, du mot latin alitonus, parce qu’il fait du bruit en volant. On l’appelle aussi scarabée bourdonnant, scarabæus stridulus.

Goedart, peintre aussi céièbre qu’infatigable observateur des métamorphoses des insectes, nous apprend qu’en Allemagne, on appelle les hannetons meuniers, parce qu’ils savent moudre et réduire en farine les bourgeons des arbres; et que les enfants les nomment ainsi, ou fariniers, parce qu’ils sont couverts comme d’une folle farine blanchâtre, pour les distinguer de ceux de l’autre espèce qu’ils nomment moutardiers, parce qu’ils sont plus rougeûtre ou couleur de moutarde, et qu’ils ont le corselet et la tête rougetres comme les étuis, et non pas noirs comme dans l’autre espèce.

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