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FAMILLE DES SCARABÉES, — VER LUISANT

Quelques personnes donnent le nom de bombardier à l’espèce bleue à tête, corselet et pattes rougeûtres.

Elle sort de ses galeries souterraines dès le commencement d'avril où on la trouve cachée sous les pierres.

Cet insecte à pour ennemi le grand bupreste, qui lui donne quelquefois la chasse. Celui-ci, fatigué par ses poursuites, se couche devant son ennemi qui a la bouche et les pinces ouvertes pour le dévorer, et lui lance jusqu’à vingt coups de suite de ces vapeurs caustiques qui sont contenues dans une petite vessie qu’il a vers l’anus. Lorsqu'il à épuisé cet air sa vessie s’affaisse et il lui faut quelques heures pour réparer ses pertes. Alors s’il ne peut trouver un trou pour échapper à son ennemi, le bupreste le prend par la tête, le décolle et le dévore.

Le VER LUISANT, {ampyris. Accoutumé à voir le ver luisant femelle sans ailes, en France, je fus fort étonné en arrivant au Sénégal de n’y trouver que des vers luisants ailés dans les temps où ces animaux sont parvenus à leur état d’insecte parfait. Dans tous les autres pays chauds que j'ai parcourus, comme les Canaries, les Acores, j’ai observé constamment la même chose, et de plus de dix espèces que j'ai découvertes dans ces pays, il nes’en est pas trouvé une dont la femelle restât sans ailes. En Italie même dont le climat n’est pas à beaucoup près si chaud que celui des pays dont je viens de parler ici, on en trouve une espèce de ce genre, etil paraît que c’est le pygolampis d’Aristote et des anciens, qui par ce caractère mérite bien d’être distingué du ver luisant ordinaire de l'Europe.

Ce ver luisant, lampyris, dont la femelle ne pren jamais d’ailes mais seulement des moignons, peut être appelé assez exactement le ver luisant de l'Europe, parce qu’il y est l'espèce dominante étant généralement répandu depuis la Suède jusqu’à la Provence. Je lai même recu par mon

frère de Seyde, d'Alep et de Tripoli de Syrie où il parait assez commun.

il y en a trois espèces aux environs de Paris.

Dans tous ces pays, ces insectes se trouvent plus communément dans les terres humides et crevassées, pendant les mois de juin et juillet. Ils vivent d'herbes et de feuilles de plantes; ils ne sortent que la nuit, et restent le jour cachés sous les feuilles et les mottes de terre. Ils s’accouplent vers la fin de juin.

Le mâle de la grande espèce est un petit scarabée ailé, à ailes couvertes d’étuis bruns, plats et mous, relevés de deux nervures longitudinales; le corselet aplati à bords aigus, et la tête cachée en dessous. Il a six lignes au plus de longueur; il n’a que quatre points de lumière, deux sous chacun des demi-anneaux de son ventre, qui sont moins lumineux que ceux de la femelle.

Celle-ci a sept à huit lignes de longueur. Elle ressemble à une larve sans ailes; elle à le corps brun noir, elliptique, très-plat, composé de quatorze anneaux, y compris la tête. Ces anneaux portent chacun une petite tache blanche triangulaire sur les côtés. Ils ont, outre cela, un sillon qui les coupe longitudinalement en deux, et on voit neuf stigimates de chaque côté de l’insecte. Les trois derniers anneaux sont jaunâtres en dessous seulement et sur les côtés, et répandent par ce seul endroit une lumière morte ou terne, pour ainsi dire comparable à celle du phosphore ou à celle d’un charbon presque éteint, ou à cette lumière bleue verdâtre du soufre au moment où il est le plus échauffé, avant que de s’enflammer. Cependant trois où quatre de ces vers, mis dans une fiole de verre blanc et très-mince, donnent assez de lumière pour pouvoir lire pendant la nuit.

Il n’est pas vrai, comme lont dit quelques auteurs, que le mâle ne donne de la lumière qu'après laccouplement.

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