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FAMILLE DES GRENOUILLES. — PIPA

Le rrPa forme un genre différent de celui de la grenouille, en ce qu’au lieu de six doigts, ses pieds postérieurs n’en ont que cinq, réunis de même par une membrane.

On ne connaît encore qu’une seule espèce de ce genre.

Le pipa, ainsi nommé à Surinam, porte un nom différent au Brésil : le mâle s’appelle cucuru ou curucu, et la femelle aquaqua. Celle-ci se distingue du mâle, qui est jaune cendré à peau lisse, en ce qu’elle est cendrée sur le dos, et à tête bordée d’une membrane dentelée, et à doigts des mains étoilés, c’est-à-dire terminés chacun par quatre petites dents.

Cet animal est commun à Surinam et au Brésil, dans les marais.

Ce qu’il a de singulier, c’est la manière dont il porte ses œufs sur son dos et dont ils y sont placés et fécondés.

Quelques écrivains ont dit que c'était le mâle qui les portait. D’autres ont supposé qu'ils étaient procréés dans la propre peau du dos de la femelle; et d’après cette supposition ils ont jugé qu’il était impossible d'expliquer comment la liqueur prolifique du mâle pouvait percer le dos osseux de la femelle pour la féconder.

M. Fermin, qui a vu et suivi de près ces animaux à Surinam dans le dessein d’y découvrir ce mystère, dit avoir observé la femelle pondre au bord de l’eau sur le sable un tas d’œufs que le mâle, en s’approchant avec vivacité, saisit de ses pattes postérieures, transporte sur le dos de la femelle, et, après s’être renversé sur elle dos contre dos, il se rejette dans le bassin à la nage. La femelle restant à sa place, il revient et monte sur son dos une seconde fois, mais dans une attitude différente, en soutenant son corps en l’air sur ses quatre pattes, et l’agitant vivement pour y répandre la liqueur séminale, puis il s’en sépare, et ils se jettent tous deux à l’eau avëc une agilité surprenante.

Ces œufs ayant été examinés quelque temps après, avaient pris racine et s'étaient incorporés avec la peau en grandissant.

Trois mois après cette première ponte, la femelle en fit une deuxième, tout à fait semblable, de soixante-douze petits dans l’espace de cinq jours; mais cette deuxième ponte fut perdue comme toutes les suivantes.

Cet animal est constitué, selon M. Fermin, de maniere que lorsque les cellules de son dos ont une fois produit, elles se durcissent au point qu’elles ne sont plus capables de faire éclore les petits; ainsi la femelle ne fait éclore qu’une fois en sa vie, quoiqu’elle soit capable de pondre plusieurs fois.

L'ordre établi par la nature pour la propagation du pipa, s’il a été bien observé par M. Fermin, doit paraître bien étrange, étant totalement opposé à celui qui est ordinaire à la procréation de tous les êtres connus.

2e Famizze. LES TORTUES, TESTUDINES.

Les animaux de cette famille se distinguent de ceux de la famille des grenouilles par leur corps qui est court, mais avec une queue, et recouvert d’un test semblable à un coffre. On peut les partager en cinq genres, savoir :

io Le kaouanne du Sénégal et de ( sans écailles sur le test, Narbonne: ! doigts serrés sans ongles.

sans écailles sur le test,

2° Le ley ou tortue d’eau one. membraneux, trois ongles à chaque pied.

avec écailles sur le test,

3° Le caret : doigts membraneux,

trois ongles à chaque pied.

{ avec écailles sur le test, 4 La tortue : doigts serrés, | cinq ongles à tous les pieds.

avec écailles sur le test,

5° Le bonatt du Sénégal : doigts serrés, LA) quatre ongles aux pieds antérieurs, cinq ongles aux pieds postérieurs.

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