FAMILLE DES TORTUES. — GÉNÉR., KAOUANNE
Tous ces animaux ont le squelette osseux creusé de manière qu’il forme une espèce de test enveloppant entièrement tous les viscères, et qui les renferme comme dans une boîte. Dans quelques-uns, cette boîte est recouverte d’une peau lisse, et dans d’autres, d’écailles assez minces, de substance de corne, distribuées par compartiments réguliers.
Leurs mâchoires sont formées chacune d’un seul os sans dents, quoique quelquefois sinueux. De tous les animaux la tortue est celui qui a le plus de force aux mäâchoires, au point qu’elles coupent tout ce qu’elles pincent.
La vie de ces animaux doit être de très-longue durée, car leur accroissement est très-lent, et on a élevé des tortues de terre pendant plus de quatre-vingts ans.
La dureté de la vie de ces animaux passe toute croyance. Redi ayant fait une grande ouverture au crâne d’une tortue de terre, lui enleva tout le cerveau, et la laissa vivre ainsi sans le couvrir; elle ne parut pas souffrir beaucoup; elle marchait, mais à tâtons, car dès le moment que le cerveau fut enlevé, elle ferma les yeux et ne les rouvrit jamais ; elle vécut ainsi six mois marchant et conservant tous ses mouvements; et la partie de l’os du crâne qui avait été enlevée fut remplacée en trois jours par une membrane charnue. Les tortues d’eau douce, soumises à cette même épreuve, y résistent bien moins de temps.
Les tortues auxquelles on à coupé la tête vivent encore vingi-trois jours après cette mutilation ; une demi-heure après avoir été coupées les mâchoires claquent encore avec un bruit pareil à celui des castagnettes.
On dit que les habitants des îles Maldives dépouillent les iortues de mer écailleuses comme le caret en les mettant sur le feu, et qu'après cette opération ils les rejettent à la mer, et qu’elles vivent très-bien ainsi dépouillées de leurs écailles.
La marche de la tortue est si lente qu’elle a passé en pro-