FAM. DES SAUTERELLES, — LE PERCE-OREILLE
ils comprennent treize genres, parmi lesquels les plus remarquables sont le perce-oreille, la courtillière, le grillon, le sautrio, la sauterelle, la mante et le kakerlak.
Le PERCE-OREILLE , forficula, Mouffet, oreillère, auricularia, a été ainsi nommé parce qu’il porte au derrière une espèce de pince dont les branches réunies ressemblent assez aux anneaux qu’on porte aux oreilles nouvellement percées.
La larve de cet insecte et sa nymphe ne diffèrent de l’insecte parfait que par le défaut d'ailes.
On trouve les uns et les autres sous les pierres, dans les écorces des arbres, dans leurs fentes, sous leurs feuilles et dans leurs fruits, leurs fleurs et les jeunes plantes qu’ils mangent dans leur primeur.
Lorsqu'on touche cet insecte, il relève sa queue et cherche à pincer avec ses tenailles; mais il ne faut pas s’imaginer qu'il s’introduise dans les oreilles, qu’il pénètre dans le cerveau, qu’il cause des vertiges, des saignements au nez, et qu'il multiplie entre le crâne et le cerveau , enfin qu’il cause la mort. Toutes les choses extraordinaires que nombre de modernes ont fait imprimer pour persuader le publie sont autant de fables. Les anatomistes savent l’impossibilité de l'introduction de ces animaux dans l’intérieur du crâne, faute d'ouverture qui y communique.
Pour les détruire, les jardiniers ont imaginé de ficher au pied des fleurs des baguettes au haut desqueiles ils mettent des ongles de pied de mouton. Les perce-oreilles s’y retirent la nuit et pendant la pluie; on les visite tous les matins; on les écrase ou bien on les noie dans Peau.
La CouRTILLIÈRE, la courtille, le grillon-taupe, le taupegrillon, la taupette en Normandie, gryllotalpa, est aussi singulière par sa structure intérieure qui fait voir plusieurs
estomacs, comme dans les animaux ruminants, que par la IL. 27
al4 SEIZIÈME SÉANCE.
conformation de ses pieds antérieurs qui ont Pair de mains, avec lesquels elle creuse des galeries souterraines marquées au dehors par une légère trace comme celles de la taupe ; c’est de là et de sa ressemblance avec le grillon que lui vient son nom de grillon-taupe.
Cet insecte se trouve dans toute l’Europe, et diffère de celui que j'ai observé au Sénégal. Il passe la plus grande partie de sa vie sous terre, principalement dans les couches et dans les terres douces et humides, comme le terreau des jardins. Ces galeries horizontales, qui sont très-multipliées et qui ont souvent douze à quinze toises et plus de longueur, se terminent toutes à un canal cylindrique vertical qui va se rendre dans une terre dure, à deux ou trois pieds au-dessous des couches, à un nid ovoïde de deux pouces environ de longueur; il s’y retire le jour et n’en sort que le soir vers le coucher du soleil, et ce n’est que pendant la nuit qu’il fait ses galeries.
Quelques écrivains disent que la courtillière amasse pendant l’été dans son trou des provisions de froment, d’orge et d'avoine pour s’en nourrir en hiver; mais c’est une erreur. Elle est engourdie pendant cette saison. Elle ne sort de sa retraite que vers la fin d'avril et en mai. Alors elle se nourrit simplement de racines de melon, de laitue et de toutes sortes de plantes potagères, parmi lesquelles elle fait de grands ravages.
C’est dans le mois de mai que la femelle pond au fond de son trou onviron cinquante ou soixante œufs, qui éclosent au bout d’une vingtaine de jours.
Les petits en naissant ressemblent à des fourmis, et savent déjà former des galeries sous lesquelles ils se mettent à couvert pour ronger les racines le matin, surtout depuis le lever du soleil jusqu’à neuf ou dix heures.
Dés la fin de septembre, les petits ont déjà un pouce et