FAM. DES SAUTER. — SAUTERELLE, MANTE
dans la saison où elles abondent, c’est-à-dire pendant les sécheresses, depuis janvier jusqu’en mai.
Ils les mangent soit rôties, soit frites, soit cuites avec le lait, soit marinées avec le sel, le poivre et le vinaigre, et ils eu conservent pour le besoin.
Néanmoins, ilne faut pas croire que tous les peuples qui ont passé jusqu'ici pour acridophages mangeassent des sautrios ; il paraît, par exemple, que tous les habitants des côtes maritimes mangent , sous le nom de sauterelles, ces espèces de langoustes et de crustacés que l’on nomme aussi du nom de sauterelle , locusta , d’où est dérivé le nom de langouste.
Les cochons aiment beaucoup les œufs du sautrio ; le serpent géant du Sénégal en engloutit beaucoup, et il serait utile au genre humain qu’on cherchât les moyens d’en exterminer la race. Les laboureurs chinois, lorsqu'ils aperçoivent un nuage de sautrios, se contentent d'étendre des draps sur leurs champs. En Chypre, il existait autrefois une loi qui obligeait de faire chaque année trois fois la guerre aux sautrios, la première en écrasant leurs œufs, la deuxième en tuant leurs petits ou leurs larves ; la troisième en détruisant les insectes lorsqu'ils sont ailés; mais il reste encore à trouver un moyen infaillible d’en purger la terre : qui ferait une pareille découverte se couvrirait de gloire, et d’une gloire immortelle : on oublierait le nom des conquérants, et le sien vivrait autant que lunivers.
Les sautrios communs des champs, à ailes vertes et rouges, sont de ce genre, et se métamorphosent de même dans les prés.
La SAUTERELLE , locusta, Plin., quoique conformée à l’extérieur d’une autre manière que le sautrio, en diffère cependant assez peu par les mœurs, quoiqu’elle ne se rassemble
Jamais comme lui pour s'élever dans les airs ni pour former des nuages.
J’en connais plus de vingt espèces.
La sauterelle verte, locusta, Plin., a vingt-neuf ou trente lignes de longueur ; la femelle porte au derrière une queue composée de deux lames en couteau, au moyen duquel elle pond en août environ cent œufs, à un pouce de profondeur, dans la terre des champs ou autour des buissons, ou dans les jardins, qu’elle habite communément.
On ne la trouve jamais en grande quantité; elle se tient communément sur les blés.ou sur les feuilles des arbres, à hauteur d'appui.
Dès que la femelle à pondu ses œufs, elle meurt, ainsi que le mâle, qui lui survit peu.
Les larves dont les œufs échappent à humidité des hivers qui en fait périr beaucoup, éclosent vers la fin d'avril, et se métamorphosent comme celles du sautrio.
La sauterelle brune des prés ne diffère de la verte qu’en ce que : 1° eile est plus petite, longue seulement de vingttrois à vingt-quatre lignes; 2° elle a au moins les pattes et le couteau bruns ; 5° elle ne se trouve que dans les prés où elle pond ses œufs.
La mare, mantis, Diosc., se distingue du genre de la sauterelle en ce qu’elle a le corps beaucoup plus effilé, cinq tarses à toutes les pattes, et les jambes antérieures pliées sur les cuisses, non marchantes et appliquées sur le corselet qui se relève en angle droit sur le corps, de manière qu’il se repose dans cette attitude sur les quatre pattes postérieures, d’où lui est venu son nom de pregadiou que lui donnent les Provençaux. Les habitants du Languedoc prétendent qu’il montre les chemins qu’on lui demande, parce qu'il étend ces mêmes pattes antérieures, tantôt à droite, tantôt à gauche. Le nom de devin, manlis lui à été donné par les
FAMILLE DES SAUTERELLES. —— BLATTE, 325 Anciens, parce qu’ils ont imaginé qu’il indiquait avec ses pattes antérieures les choses qu’on lui demandait.
De plus de vingt espèces que je connais, il n’y en a qu’une qui se trouve aux environs de Paris, encore y a-t-elle été trouvée très-rarement. Elle est plus commune dans lOrléanais, l'Allemagne et la Provence.
Elle est vert brun, et pond ses œufs en un paquet hémisphérique, plat d’un côté, où ils sontdisposés sur deux rangs et recouverts d’un rang d’écailles posées en toit les unes audessus des autres, et membraneuses comme un parchemin.
La BLATTE, blatta, Mouffet, silpha, Théoph., est un geure de sauterelle à cinq tarses à toutes les pattes comme la mante, mais à corps elliptique très-déprimé ou très-aplati de dessus en dessous.
Jen connais plus de quinze espèces.
Le mbolt ou grand kakerla gris du Sénégal et des Canaries, est vivipare.
Le RAvET ou Æakerla rougeätre, à corselet bordé de noir du Sénégal, est ovipare; son ovaire est cylindrique, tranchant d’un côté, qui a seize à dix-huit dents en scie, et il contient deux rangs, chacun de huit à neuf cellules. Cet insecte vit de racines des plantes et surtout de grains, de farine, de fruits, de viandes et s'accorde généralement de tout.
I fuit la lumière et se tient caché pendant le jour dans des trous, des fentes des maisons dont il ne sort que la nuit.
Il a pour ennemis l’araignée, la fourmi et la guêpe; celleci Pattaque en marchant d’abordà lui; puis s’arrêtant comme pour le considérer, elle s’élance sur lui, Jui saisit la tête, qu’elle perce avec ses mâchoires, se replie sous son ventre pour la percer de même, et la laisse ainsi; au bout de quelque temps, elle revient, certaine de la trouver sans force,
elle la pince par la tête, et la traine à MER jusqu’au nid où elle a pondu ses œufs.
La blaite de France et d'Europe ne diffère presque du ravet du Sénégal qu’en ce qu’elle est deux fois plus petite, toute brune et à étuis un peu plus courts que le ventre.
Elle est commune dans les cuisines autour des cheminées et dans les fours des boulangers.
Elle mange la farine, la pâte, le pain, et toutes les autres provisions de bouche.
VW, NI AEXS Xe, XISOXIS XUIIS XIE, XVESXVE, XVIE, XVIII, XIX° FAMILLES DES INSECTES.
CIGALES, PUNAISES, DEMOISELLES, VAGVAGS, FOURMI- LIONS, PAPILLONS, AMBULONS, PHALÈNES, COSSUS, TÉIGNES, DEMI-TEIGNES, LÈVE-QUEUES, DEMI-ARPEN- TEUSES ET ARPENTEUSES.