‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 119 sur 201 · FAMILLE. LES CIGALES, CICADÆ · texte numérisé non relu

FAMILLE. LES CIGALES, CICADÆ

Je rassemble sous ce nom tous les insectes à bouche en aiguillon à quatre ailes membraneuses, ou en demi-étuis, et à tête ornée de deux ou trois petits yeux lisses.

Parmi les vingt genres de cette famille, on remarque particulièrement la cigale proprement dite et le porte-lanterne.

La CIGALE, cicada, Plin., comprend environ six ou sept espèces, qui forment un genre d’insecte facile à reconnaître : 1° par ses quatre ailes nerveuses très-transparentes, en toit ; 2° par ses antennes sétacées; 5° par ses trois petits yeux lisses ; 4° par les deux lames en timbale que le mâle porte sous son ventre; 5° par la tarière à trois lames que la femelle a couchée dans une fente sous son ventre.

Les plus grandes espèces de cigales se trouvent au Sénégal et aux Indes; elles sont noirâtres et ont deux pouces et demi de longueur ; on n’en à point encore vu autour de Paris, mais celle de Ptalie, de la Provence et du Languedoc se voit quelquefois dans les provinces méridionales de cette ville, jusque dans le Gatinais, où les paysans la nomment birnella ; elle est vert jaunâtre et a tout au plus un pouce et demi de largeur.

On la trouve communément appliquée sur lécorce du frêne, surtout du frêne nain à feuilles rondes, qui donne la manne, et dont elle pompe la séve en pénétrant l'écorce de ses jeunes branches avec sa trompe.

Le peuple croit communément, en Languedoc et en Provence, que c’est la femelle qui chante, mais c’est le mâle ; lui seul a les organes propres à exciter le son. Ce sont deux plaques sèches, arrondies, mobiles, placées au-dessous des pattes postérieures et sous lesquelles répondent deux cavités creusées dans le ventre, contenant chacune une membrane transparente irisée, sous laquelle est un gros musele dont le tiraillement contractant et relächant alternativement avec force, y produit des vibrations qui, agitant l'air sur les deux lames ou timbales, occasionnent ce bruit harmonieux mais perçant de la cigale. Quoique la cigale soit morte, on peut exciter encore ce bruit en remuant légèrement, avec une épingle, le muscle qui en est le premier agent; les deux timbales agissent en cette occasion précisément comme un timbre qui, sans être touché, renvoie par vibrations Pair dont on Pa frappé; le plus léger frottement sur ces timbales occasionne des vibrations pareilles ; il paraît que le battement des cuisses sur ces timbales se joint aussi à cette action pour en augmenter la force.

C’est surtout le matin, et pendant la chaleur des jours les plus sereins, que le mâle fait entendre son timbre aigu, comme le dit agréablement le poëte des champs :

Sole sub ardenti resonant arbusta cicadis. VirG., Ecl. IT.

Il'est probable que cette espèce de chant, qui n’a cependant rien d’agréable, a été accordé aux mâles pour appeler leurs femelles; celles-ci les approchent et s’accouplent en montantsur eux, à la manière propre aux sauterelles, si Pon en croitencore Roësel; cet accouplementsefait au printemps.

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