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FAMILLE DES CIGALES. — CIGALE

La femelle ainsi fécondée ne tarde pas à pondre ses œufs. Pour cela elle choisit un arbre de l’espèce de ceux dont les sucs lui servent de nourriture, et où ses petits puissent en naissant la trouver sans être obligés de courir. Ainsi la cigale de Provence pond les siens sur le frêne, dans des branches mortes et sèches qu’elle perce avec sa scie jusqu’à la moelle, où elle dépose à la file huit à dix œufs, c’est-à-dire autant que le permet la longueur du trou que sa scie a pu percer. Cela fait, elle perce un nouveau trou plus haut ou plus bas, toujours dans des branches sèches et exposées au soleil, dont la chaleur doit les faire éclore, et continue ainsi jusqu’à ce qu’elle ait pondu environ cinq à six cents œufs.

Le trou par où la femelle a fait passer ses œufs est remarquable par une petite élévation, et c’est par là que doivent sortir les petits l’un après l’autre à la file dans un ordre inverse, c’est-à-dire que le dernier pondu sort le premier. La chaleur agissant plus immédiatement sur lui, il est aussi le premier développé.

Ces petits n’éclosent communément qu’à la fin de Pautomne ; ils sont blancs, à six pattes, et descendent aussitôt aux racines de l'arbre, dont ils sucent la séve jusqu’au moment de leur métamorphose en nymphe.

Dans cet état de nymphes, elles ont les pattes antérieures plus grosses que les autres, avec leurs deux tarses aplatis, dentelés et propres à creuser la terre; en effet, elles s’y enfoncent à deux ou trois pieds de profondeur, sans manger ni pomper aucuns SUCs.

Au retour du printemps, vers le mois d'avril, ces nymphes sortent de terre, remontent sur les branches des arbres et subissent peu après leur dernière mue pour devenir insectes ailés, cigales enfin, qui bientôt après s'occupent du soin de leur propagation.

Les paysans aiment à voir la cigale, et surtout à l’entendre

chanter, parce qu’alors ils sont assurés qu’il n’y a plus de froids à craindre.

Les médecins ont remarqué que les années où les cigales chantent peu sont sujettes à des maladies épidémiques. En effet, les temps pluvieux et chauds sanssoleil contribuent également et à putréfier les humeurs et à empêcher de chanter les cigales, qui ne sont jamais plus gaies que quand elles voient le soleil.

Dans la Grèce et les autres pays orientaux, les enfants percent d’un hamecon le corps d’une cigale qu’ils laissent voler attachée au bout d’un fil, pour prendre par ce moyen, comme ils font avec le hanneton, les oiseaux tels que le guêpier et le martinet, qui aiment beaucoup ces insectes.

Aristote nous apprend que chez ces peuples les nymphes de cigales passaient pour un mets exquis qui se servait sur les meilleures tables, et qu’on les mangeait même après leur métamorphose en cigales, en donnant la préférence aux mâles avant leur accouplement, et aux femelles après Paccouplement, à cause des œufs qu’elles contenaient.

La cigale en poudre est un remède apéritif qui pousse particulièrement les urines, vertu qui paraît dominante dans tous les insectes.

C’est une espèce de ce genre dont la nymphe produit du milieu de son corselet une espèce de champignon, clavaria, en Amérique, où elle est commune, surtout à la Martinique et à la Guadeloupe.

Nous avons autour de Paris environ soixante espèces d’insectes, qui ont été improprement nommés cigales par les auteurs. Elles doivent former six genres de l’ordre des procigales de M. de Réaumur, qui n’ont que deux petits veux lisses, et dont les ailes supérieures sont opaques comme des étuis.

C’est depuis le mois de juillet jusqu’à celui d'octobre que

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