IL. b
verbe. Elle s'exécute s1 singulièrement qu’elle doit user tous ses ongles également, car elle les porte tous contre terre séparément et l’un après l’autre, en appuyant d’abord sur l’ongle extérieur, ensuite sur celui qui l’avoisine et finissant par l’ongle le plus intérieur.
La vessie urinaire est si grande dans ces animaux qu’elle recouvreles intestins et tous lesautres viscères du bas-ventre.
La verge d’une tortue moyenne , c’est-à-dire de trois pieds de test, a neuf pouces de longueur.
Ces animaux sont muets, néanmoins on les entend quelquefois rendre un petit sifflement entrecoupé; leurs poumons sont si vésiculeux qu’ils peuvent leur tenir lieu de la vessie d’air des poissons.
Le genre de tortue appelé KAouannE au Sénégal ou Caouanne, se reconnaît aisément à son test qui est couvert d’une peau nue sans écailles , et dont les pieds ont chacun cinq doigts sans ongles, et réunis ensemble par une membrane fort serrée. J’en connais deux espèces : 1° celle du Sénégal appelée Æaouanne ; 2° celle de la Méditerranée, {estudo.
La Xaouanne, ainsi nommée au Sénégal , est vraisemblablement l’asapapa de Cayenne, a le test ovoïde long de huit pieds, large de quatre pieds et demi, profond ou épais de deux pieds, formé en entier d’un cartilage souple, huileux, recouvert d’une peau ou plutôt d’une seule pièce de corne faisant corps avec lui, etqui, exposé au soleil, rend environ quatre pintes d'huile. Ce test est plat en dessous, et relevé en dessus de cinq côtes aigues qui forment entre elles quatre cannelures longitudinales assez profondes. Sa tête est plus grosse que celle d’un homme, et pèse plus de trente livres.
Cette tortue pèse environ mille à douze cents livres.
Son foie seul suflirait pour rassasier cent personnes.
Elle est commune à l'entrée de la rivière de Joal, dont les eaux sont toujours salées.
FAM. DES TORTUES. — T. D'EAU DOUCE, LEi. 27
Sa chair est noire, filamenteuse, et de mauvais goût, sentant beaucoup le muse et l'huile.
On tire seulement de cet animal une huile qui n’est bonne qu’à brûler, sa graisse à la consistance du beurre.
On dit que les nègres se servent de leur test comme de canot pour naviguer sur les rivières, et que les habitants de l’île Kaprehane en font couvrir le toit de leurs maisons.
La kaouanne de la Méditerranée n’est pas aussi grande ni aussi épaisse que celle du Sénégal : elle en diffère en ce qu’elle a sept côtes élevées d’un pouce, comme dentées.
Sa mâchoire inférieure forme un bec crochu, dont la pointe remonte dans une échancrure pareille de la mâchoire supérieure.
Celle qui fut prise à Narbonne, et montrée à Paris, au boulevard, en 1766, avait cinq pieds de longueur et moitié de largeur au test qui était pointu par-derrière et trèsarrondi par-devant.
Le LEï, ou la tortue d’eau douce, forme un genre différent de celui de la kaouanne, en ce que les trois doigts de ses pieds ont des ongles. On en connaît deux espèces : 4° le Leï du Sénégal; 2 le latama du Sénégal; 5° la tortue d’eau douce de France.
Le leï du Sénégal a le test vert noirâtre, long de trois pieds, de moitié moins large, haut de huit pouces, elliptique assez régulièrement, et mou, comme cartilagineux dans son contour. Sa tête a sept pouces de longueur. Elle pèse cent livres. Son nez est allongé en cylindre.
Cette tortue est commune dans les eaux douces du Niger, où elle vit d'herbes et de coquillages.
Elle se mange et est beaucoup plus délicate que la tortue de terre appelée bonatt au Sénégal.
Le latama de la Caroline a le nez allongé en cylindre,
le cou très-long, comme le leï du Sénégal, mais son test est sillonné en forme de selle. Elle pèse soixante livres.
La tortue des eaux douces et marécageuses de France, surtout du Languedoc, pousse un sifflement entrecoupé et très-petit.
On l'élève facilement dans les jardins qui ont un bassin. Elle est plus souvent dans l’eau que sur terre. Elle vit d’insectes et d’herbages. En hiver elle se cache sous terre. Elle ne multiplie pas dans les pays plus froids. Dans les maisons on la nourrit avec du son et des limaçons.
Le carer forme un genre de tortue qui ne diffère de celui du leï qu’en ce que son test est couvert d’écailles.
On en connaît six espèces, savoir : 1° le caret à écailles verdâtres d'Amérique; 2° le caret à écailles blondes des Indes; 5° le caret à écailies rougeûtres des Canaries ; 4° la tortue de mer.
Le caret à le test figuré comme un cœur, c’est-à-dire presque arrondi , de manière que sa partie postérieure est pointue.
Les plus grands n’ont que quatre pieds de longueur.
On le trouve dans la mer des climats chauds, surtout autour des îles Canaries. Sa chair est peu délicate.
Son écaille est très-recherchée pour faire des boîtes, des peignes, des étuis, des manches de couteaux, et beaucoup d’autres ouvrages. La dépouille d’un caret consiste en quinze feuilles, tant grandes que petites, dont dix sont plates et cinq un peu courbes. Celle des tortues ordinaires pèse trois ou quatre livres. Mais les grandes ont ces feuilles si épaisses et si grandes qu’elles pèsent tout ensemble environ six ou sept livres. On sait que ces feuilles s’amollissent dans l’eau chaude et se façonnient comme l’on veut, en les mettant, ainsi amollies, dans un moule dont on leur fait prendre la figure à l’aide d’une bonne presse de fer; on les