FAM. DES PUNAISES. — SCORPION AQUATIQUE
a répandu une obscurité étonnante sur ces sortes d’insectes, ont confondu, sous le genre de la punaise des lits, une centaine d’espèces, qui forment environ vingt genres d’insectes, dont la moitié, qui ont des yeux lisses, appartiennent à la famille des cigales, où nous les avons placés, pendant que l’autre moitié appartient à celle des vraies punaises, dont il est ici question.
C’est dans cette famille que se rangent naturellement le scorpion aquatique, lispe, Arist., la punaise à avirons, n0tonecla, le puceron, aphis, la cochenille, le kermès, la punaise des lits et la puce.
LG SCORPION AQUATIQUE, lispe, Arist., kepa, Geolfr., 480, est un genre d’insecte dont le corps est cylindrique allongé, avec deux filets à la queue.
On n’en connait encore qu’une espece.
Elle est commune en Europe, dans les bassins et mares d’eau bourbeuse, tranquille, herbeuse, pleine d'insectes, surtout de larves, d’éphémères, de demoiselles et semblables qui lui servent de nourriture.
C’est en août que cet insecte prend des ailes; alors il sort des eaux le soir, au soleil couchant, et voltige pendant la nuit pour s’accoupler.
Après l’accouplement la femelle retourne dans sa mare, ou si elle commence à se sécher elle en cherche dautres pour y pondre ses œufs, qui sont ovoïdes, terminés par deux petites soies roides. Elle en pond ainsi six à huit, qu’elle insère avec sa queue dans des tiges flottantes de scirpus ou souchet, de manière que les deux soies sortent en dehors.
Les petits qui sortent de ces œufs ne sont en nymphe qu’au bout de trois mois, et ils ne prennent des ailes qu’au quatrième.
Un fait qui paraîtra singulier aux anatomistes, c’est que Swammerdam ait reconnu que cet insecte, ainsi que le ca-
pucin, nasicornis, monoceros, a, dans la structure de ses vaisseaux déférents, de ceux des testicules et de ses vésicules séminales beaucoup de rapport avec ceux de l’homme.
Le NÉpaLis, Arist., ou grand scorpion aquatique, a le corps plus large que le lispe et vit de même, seulement les œufs couronnés par sept soies.
La PUNAISE A AVIRONS, nolonecta, Linn., a le corps demicylindrique, les pattes postérieures très-longues et nage sur le dos. La femelle pond des œufs ovoïdes, sans filets.
Le riëana ou la punaise-tigre des jardins, qui suce et dévaste les feuilles des poiriers en espaliers, en juillet et août, forme un genre particulier.
C’est à ce genre qu’appartient l’espèce dont la larve cause, en suçant, une galle dans la fleur de la germandrée, Chamedrys, ce qui la fait croître beaucoup sans pouvoir s’ouvrir, de sorte que l’insecte s’y trouve enfermé et y subit toutes ses métamorphoses.
Le PUCERON, aphis. Nous divisons ce genre d’insecte en trois, en distinguant ceux qui ont deux ou trois cornes sur le derrière et ceux qui ont le corps velu ou hérissé de longs poils. On le reconnaît à ce que son corps est ovoïde, sans écusson, en ce que ses pattes n’ont que deux tarses; la femelle mue sans changer sa forme de larve.
Elle a deux autres singularités : la première, c’est qu’elle est hermaphrodite en été, ou, pour parler plus exactement, elle est féconde alors sans l’approche d’aucun mâle; la seconde, c’est qu’elle est vivipare pendant tout l’été et ovipare en automne, où elle est fécondée par le mâle.
Comme ces insectes périssent pendant l'hiver, il était nécessaire qu’il restât des œufs fécondés pour perpétuer leur espèce; aussi les femelles pondent-elles en automne sur les branches des arbres, après avoir été fécondées par le mâle, qui à des ailes et qui monte sur elles.